VOIE A SUIVRE PAR LE CLERGÉ
dont elles ne tarderaient pas à sentir le prix. Une messe semblable dans chaque église serait suffisante pour les besoins des femmes-adultes appartenant aux classes laborieuses, même dans les quartiers industriels. A mesure que cette coutume s'introduirait dans une église, il serait convenable,, que M. le curé en avertît ses paroissiens au prône, en les priant d'y donner toute la publicité possible, et que l'autorité municipale fit circuler de son côté, le même avis dans tous les établissemens affectés à l'instruction primaire des classes pauvres.
Il en est des religions positives comme de toutes les institutions morales qui agissent sur l'âme humaine : elles s'altèrent et languissent au bout de certains intervalles, et de même que cette altération s'opère par une progression lente, et successive, de même, le retour aux idées religieuses exige un laps de temps qui ne peut se mesurer que sur l'état de décadence des mœurs. Il faut pour assurer ce retour , que le vieil homme fasse place à l'homme nouveau ; il faut une transformation dans sa nature morale, propre à y ramener le calme, l'équilibre et la santé; or, un tel phénomène ne saurait être le résultat que d'un système d'habitudes plus régulières, et ce système, que le temps seul peut fonder et perfectionner, doit avoir son
POUR ATTIRER A LUI LES CLASSES LABORIEUSES. /f27
point d'appui dans les classes éclairées, pour pouvoir s'accréditer aisément parmi les masses et influer sur leurs mœurs. Chez tous les peuples et dans tous les siècles, les influencés morales, bonnes ou mauvaises, sont descendues des régions élevées de la société, et plus l'instruction rapproche les hommes, plus cette expansion des sommités aux derniers degrés de la hiérarchie sociale est prompte, active et irrésistible. Quelque habiles , quelque persévérans que puissent être les efforts de l'autorité publique et du clergé pour ranimer le sentiment religieux dans le cœur des masses, si les premières étincelles de piété ne brillent dans les rangs supérieurs et intermédiaires, ces efforts demeureront stériles, l'avortement de l'entreprise révélera toute la profondeur du mal, et en décourageant le zèle des hommes généreux qui eussent été prêts à se vouer à la restauration des bonnes mœurs, il ne fera qu'accroître ce marasme moral, que tout le monde sent, dont tout le monde se plaint, et que peu de personnes, parmi celles qui le déplorent le plus, ont la force de combattre par le seul moyen capable de le dissiper, je veux dire par l'exemple d'une piété douce, mais solide et hautement avouée. Il serait digne de la philosophie, c/e hâter le moment de ce renouvellement désiré , en se rapprochant d'une religion , dont le merveilleux,