‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes (volume 2)Chapitre 110 sur 337 · VOIE A SUIVRE PAR LE CLERGÉ · texte numérisé non relu

VOIE A SUIVRE PAR LE CLERGÉ

mère de famille, qui dirige avec sagesse l'éducation de ses enfans, acquiert aussi par le seul accomplissement de cette tâche difficile, des titres certains à la protection divine. Le prince des apôtres n'hésite même pas à penser que la mère de famille, fidèle à ses devoirs maternels, n'aurait pas besoin d'autres vertus pour assurer son salut. Quels textes que le travail et l'éducation des enfans pour l'instruction morale du peuple ! En traitant de pareils sujets , le ministre de l'évangile devrait choisir les traits de mœurs les plus saillanset les plus généraux, qui se rencontrent dans la vie des classes ouvrières , pour leur faire sentir par leur propre expérience les avantages de l'esprit d'ordre , et de la modération , la douceur et. l'estime attachées à l'excercice des devoirs de la paternité , en même temps que les inconvéniens et les dangers de l'oisiveté , de la dissipation et du désordre des passions. Il serait impossible de trouver une occasion plus favorable, pour prévenir les orgies du cabaret, en faisant ressortir l'état de dégradation de celui qui n'a pas honte de s'y livrer; nulle circonstance ne serait plus propice, pour plaider avec succès la sainte cause des enfans abandonnés; le contraste des tableaux et la vivacité des allusions conduiraient naturellement l'orateur, à exciter dans lame de ses auditeurs, émus par la réalité des pein-

tures et par la force poignante des souvenirs \ des sentimens pleins d'amertume et des leçons d'une haute moralité.

L'éloquence de la chaire pourrait s'exercer avec non moins d'utilité et d'éclat sur la dignité du mariage opposée à la bassesse et à l'incertitude du commerce libre ; sur le respect et les soins dus à la vieillesse abandonnée comme l'enfance à la charité publique ; sur le bon exemple; sur la crainte et la défiance de soi-même, sur les charmes de la vie de famille, en un mot sur tout ce qui est propre à rendre l'homme meilleur. Ces conférences, morales par le fond, emprunteraient un intérêt tout particulier d'une sage distribution dans le discours des faits et des figures, soit de la bible, soit de l'évangile, qui pourraient y trouver place naturellement par leurs rapports avec le sujet. Il serait à propos de diversifier les matières, afin de faire succéder l'instruction religieuse aux exhortations purement morales, et de corriger de la sorte ce que celles-ci pourraient offrir de trop monotone, si elles se suivaient d'une manière continue.

Nous n'avons parlé jusqu'ici que des moyens de faire concourir la religion à l'amélioration morale des adultes-hommes appartenant aux classes laborieuses. L'instruction chrétienne des jeunes filles et

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des adultes-femmes n'exige pas les mêmes procédés. Le chant, qui est un puissant moyen d'action sur les adolescens et sur les hommes faits pour les amener à suivre les exercices du culte et pour les introduire en quelque sorte sans effort dans le monde religieux, serait pour certaines classes d'adultes-femmes une cause de distraction sujette à de graves inconvéniens; aussi, dans les cours du soir destinés aux élèves de cette catégorie, on se borne à l'enseignement des premiers rudimens de l'instruction, sans y joindre aucune notion de chant. On a craint avec raison, que le goût de la musique ne les détournât de leurs occupations habituelles ou qu'il ne les entraînât à fréquenter les petits spectacles. Quant aux jeunes filles, le chant leur est enseigné jusqu'à l'âge de leur première communion, dans les écoles mutuelles. Les sœurs n'ont pas jugé à propos de l'admettre dans leurs écoles, par des considérations de prudence analogues à celles que nous venons d'indiquer; mais je crois que leurs appréhensions à cet égard sont exagérées. La preuve en est que MM. les curés recherchent avec empressement pour la direction des chants qui se mêlent aux exercices du catéchisme, les jeunes personnes qui suivent les cours de chant dans les premières de ces écoles , el que l'expérience n'a pas justifié jus-

qu'ici les craintes conçues par les sœurs à l'égard de cette branche de l'instruction primaire. Il existe dans l'église de Saint-Rock un usage que je crois utile de publier, parce qu'on pourrait l'employer avec avantage à l'instruction religieuse des adultes-femmes dans toutes les autres églises de la capitale. M. le curé a fondé pour l'édification des femmes de chambre et des domestiques demeurant sur le territoire de sa paroisse, une messe qui est dite tous les dimanches, de bon matin à une heure fixe, et qui est suivie d'une exhortation morale appropriée à la condition des personnes composant l'assistance. Ces exhortations paraissent être très intéressantes et fort goûtées de celles à qui elles s'adressent. Pourquoi MM. les maires de Paris ne s'entendraient-ils pas avec MM. les curés pour faire profiter les adultes-femmes de leur arrondissement, ouvrières ou autres d'un usage si favorable à la propagation des habitudes de piétéet desbonnes mœurs. La messe est un acte de la religion catholique dont le sens mystique n'est pas à la portée de tout le monde, et qui par cela même a peu d'attrait pour les classes populaires. Une instruction orale qui leur expliquerait ce grand mystère et qui servirait successivement à leur inculquer les vérités de la morale et de la religion, aurait pour elles des avantages

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