DAMES INSPECTRICES, II
raient pas dans leurs fonctions cette énergie morale, cette charité douce et ardente, qui est si ingénieuse, si féconde chez les femmes , et qui les rend si habiles dans tous les offices de la bienfaisance. Nous avons fait remarquer que la jeune population rassemblée dans les asiles appartenait à la partie la plus pauvre des classes laborieuses. Les dames chargées de son inspection occupent toutes, au contraire, une position élevée dans la société; elles ont du loisir, de la fortune, ou tout au moins de l'aisance. Leurs fonctions ne se bornent pas à s'enquérir de l'état intellectuel et moral des asiles compris dans leur ressort; elles reçoivent de la bouche des chefs d'établissement toutes les demandes qui peuvent tendre non-seulement à procurer des vêtemens aux enfans les plus malheureux, mais encore à soutenir leurs parens par quelques secours. Il est de ces dames qui, entraînées par leur zèle charitable, ne dédaignent pas de porter elles-mêmes leurs pieuses offrandes aux êtres accablés dont elles surveillent les enfans , et qui, à la vue d'une mère ou d'un père gisant malades sur quelques poignées de paille, ont éprouvé, après un vif saisissement, toutes les douceurs de la commisération, tout l'attendrissement de l'humanité; leurs paroles bienveillantes, plus encore que leurs libéralités, pénètrent jusqu'au