‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes (volume 2)Chapitre 131 sur 337 · ÉTAT PHYSIQUE ET MORAL DES ENFANS · texte numérisé non relu

ÉTAT PHYSIQUE ET MORAL DES ENFANS

Le sort des enfans et des adolescens employés dans les fabriques, et généralement dans tous les établissemens qui sont mus par l'eau ou la vapeur, a excité depuis peu la sollicitude particulière du gouvernement. Le ministre du commerce et des travaux publics s'est enquisaux meilleures sources, auprès des chambres de commerce , des chambres consultatives des manufactures et des conseils de prud'hommes, de tout ce qui pouvait intéresser le développement de leurs forces physiques combinées avec le travail, leur santé, leur moralité et leur instruction. Quoique, à la rigueur, nous n'ayons à nous occuper ici que de la question de l'instruction, considérée dans ses rapports avec l'apprentissage, et de celle du perfectionnement moral de l'enfant , ces deux questions se rattachent, par tant de points, à celle qui a pour objet la conservation des forces physiques de celui-ci, et de sa santé, que nous les comprendrons toutes trois cîansle même chapitre, pour les éclairer mutuellement. L'ordre de la discussion exige que nous commencions par l'examen de la dernière.

La solution de ces diverses questions dépend principalement de l'organisation du travail en France. On sent , en effet , que les bases de cette organisation doivent être respectées autant que possible, afin de ne pas porter le trouble dans les opérations de l'in-

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dustrie, par des changemens trop profonds et trop brusques.

Voici quelques explications qui donneront une idée de lage , à compter duquel les enfans sont employés par les fabricans : dans plusieurs localités de l'Isère, du Nord (Roubaix) ; du Haut-Rhin (Mulhouse); de la Seine-Inférieure (Rouen) ; et du Bas -Rhin (Strasbourg); les enfans sont admis à faire partie des fabriques dès l'âge de six ans. Cet âge est porté à sept ans dans les départemens de l'Ain , de l'Aisne, de la Marne, de l'Indre, de Maine-et-Loire et des Vosges; mais, généralement, l'âge moyen d'admission est de huit à neuf ans. Les travaux dévolus aux enfans, vers l'âge de six à sept ans, paraissent se borner à bobiner le fil , ou à ramasser le coton qui s'échappe des ventilateurs. On convient généralement, que les autres travaux auxquels ils sont employés, ne sont ni plus pénibles ni plusfatigans que ceux-là, et qu'en tout cas, ils ne sont pas au-dessus de leurs forces. Mais on avoue aussi, quoique les avis soient moins unanimes sur ce point, que le séjour prolongé des enfans dans l'air épais des ateliers, leur est extrêmement contraire, (t)

(i) Consulter le discours prononce à la chambre des communes, sur les souffrances des enfans employés dans les fila! tires et fabriques d'Angleterre, par M. T. Sadler;— les observations de M. Villermé sur la durée trop longue

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