‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes (volume 2)Chapitre 145 sur 337 · AUX APPRENTIS DE TOUS LES ARTS INDUSTRIELS · texte numérisé non relu

AUX APPRENTIS DE TOUS LES ARTS INDUSTRIELS

si elle n'embrassait indistinctement dans ses prévisions toutes les variétés des classes laborieuses.

En effet, n'y aurait-il pas une véritable anomalie à rendre l'instruction obligatoire pour certaines parties de ces classes , lorsque le surplus aurait la faculté de s'affranchir de cette obligation ? n'y auraitil pas un contre-sens social à décréter que les pères de famille les plus pauvres seraient, sous peine d'amende ou d'emprisonnement , contraints de faire instruire leurs enfans, et à donner aux moins pauvres, par l'effet d'une omission dont les conséquences n'auraient pu être suffisamment pesées , l'idée ou la liberté de laisser les leurs dans l'ignorance. Ce dernier résultat découlerait nécessairement des bases de la loi projetée, puisque les ouvriers des manufactures sont les plus pauvres et les moins rangés de tous ceux qui composent la classe laborieuse. Si vous ajoutez à cela, que les indigens appartenant aux autres branches de l'industrie et , en général , aux classes nécessiteuses de la population, ne sont secourus par l'administration , que sous la condition expresse d'envoyer leurs enfans à l'école , il sera démontré que la loi à intervenir, quoique conçue dans un esprit d'ordre et de conservation , ne tendrait à rien moins qu'à porter une atteinte profonde aux principes constitutifs de l'économie so-

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