ÉLÉMENTS DE L'ENSEIGNEMENT
jeunes filles à suivre les écoles jusqu'à un âge déterminé pour y recevoir les premiers élémens, soit de l'instruction, soit de la morale et de la religion. Nul doute qu'on ne doive sanctionner cette obligation par des peines contre les parens qui auraient négligé de l'accomplir et contre les fabricans qui auraient admis de jeunes filles dans leurs établissemens, avant l'âge fixé par les réglemens.
Les écoles primaires communales des filles , à Paris, se divisent comme les écoles de garçons en deux grandes catégories : celles qui sont dirigées suivant le mode simultané et celles qui emploient le mode mutuel. Les premières sont desservies par des soeurs de différens ordres et les autres par des maîtresses appartenant aux diverses classes de la société.
L'instruction élémentaire des filles comprend l'instruction morale et religieuse, la lecture, l'écriture, les élémens du calculées élémens de la langue française, le chant, les travaux d'aiguille et les élémens du dessin linéaire. Le même règlement administratif qui a fixé l'emploi du temps dans les écoles mutuelles communales de garçons, Fa pareillement arrêté dans celles de ces écoles qui sont destinées à l'éducation des filles. L'heure consacrée à l'instruction religieuse y est divisée de la même manière que dans les premières de ces écoles: ainsi nous n'avons
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rien à ajouter touchant cette partie del'enseignement à ce que nous avons dit en traitant de l'instruction des garçons. Les classes de couture, dans les écoles mutuelles de filles, commencent à trois heures et ne finissent qua cinq heures. Pendant la durée de l'exercice ou du travail qui est fractionné en tâche de demiheure, des monitrices ou des élèves font des lectures morales, religieuses ou instructives, lesquelles sont suivies de chant. Pendant la dernière demiheure, la lecture faite aux élèves doit être de nature à les amuser; elle est terminée par des morceaux de chant, par des récits, des conversations et des explications. L'institutrice peut suspendre ou même supprimer la lecture, pendant le dernier exercice de couture et employer le temps à causer avec ses élèves, à les interroger sur ce qui a été lu , sur ce qui a été appris au préau, sans que l'exercice soit néanmoins interrompu.
Ces détails montrent que le régime moral et pratique des écoles mutuelles de filles est aujourd'hui au niveau de celui qui est adopté dans les écoles dirigées par des institutrices aggrégées à des congrégations religieuses.il est même plus varié et plus intéressant, car dans les écoles tenues par les sœurs on n'a pas admis les exercices de chant; et, d'un autre côté, à l'exception d'une courte lecture instructive et
DIRECTION DES ÉLÈVES-MAÎTRESSES. Cjï
amusante, les élèves ne s'occupent que de leur tâche de couture. Nous ne devons pas, au surplus, omettre de dire, afin de ne pas affaiblir le mérite des efforts que font les sœurs pour former à la vertu le coeur de leurs jeunes élèves, que dans les écoles confiées à leurs soins, outre la prière et l'explication du catéchisme, qui ont lieu tous les jours, on fait aux élèves des instructions morales et religieuses, deux fois la semaine.
L'inspectrice des écoles primaires de filles, mademoiselle Sauvan , a été chargée par M. le préfet de la Seine et par le comité des dames, préposé à la surveillance de ces écoles de rédiger pour l'usage des élèves-maîtresses un manuel d'éducation , analogue à celui que M. Degérando a composé pour les élèves-maîtres. Ce manuel dont le principal objet est d'éclairer les jeunes personnes qui se destinent aux fonctions d'institutrices des enfans de la classe indigente, sur la direction qu'elles doivent imprimer aux facultés morales de leurs futurs élèves , a été publié par l'auteur sous le titre de Cours normal des institutrices primaires (i). Ce cours traite d'abord des dispositions qu'une maîtresse de classe doit apporter dans l'exercice de ses fonctions; en
V Cours normal des institutrices primaires, Paris, i832, in-i2Ï^