‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes (volume 2)Chapitre 17 sur 337 · MOEURS DES CHIFFONNIERS · texte numérisé non relu

MOEURS DES CHIFFONNIERS

crochet un monceau encore intact d'immondices, il voit briller à ses yeux une cuiller ou une fourchette d'argent jetée étourdiment dans ce dépôt par une cuisinière malavisée. Ces riches trouvailles ne sont pas aussi rares qu'on pourrait le penser. Ceux à qui elles profitent les célèbrent par un copieux repas à la barrière, où l'on se rend, avec de joyeux amis, dans un carrosse de place, dont le cocher n'est pas le plus content de la bande.

Il serait à souhaiter que tous les chiffonniers pussent prendre l'habitude de trier leur récolte sur la voie publique, au moins pendant la belle saison; la salubrité de leur demeure y gagnerait, ainsi que celle du reste de la maison qu'ils habitent. Malheureusement il n'en est pas ainsi ; la plupart de ceux qui vivent en famille , dans leurs meubles , ne possèdent le plus souvent qu'une seule chambre. C'est là qu'ils déposent le produit immonde de leurs recherches; c'est là qu'ils en font le triage, au milieu et avec l'aide de leurs enfans. Le carreau de la chambre est couvert de chiffons souillés de fange , de débris de matières animales, de verre, de papier, etc. (i)

(1) Une relation curieuse des accidens arrivés à M. Ollivier (d'Angers) en visitant un magasin de chiffons , a été donnée dans les Annales d'hygiène publique et de médecine légale, tome VII, page 216.

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