‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes (volume 2)Chapitre 174 sur 337 · O NÉCESSITÉ DE MODIFIER · texte numérisé non relu

O NÉCESSITÉ DE MODIFIER

de la restriction apportée à l'usage de l'asile, on ne pourvoit qu'aux cas fortuits et momentanés de détresse absolue, et c'est tout ce que l'on pouvait faire sans de graves inconvéniens. (i)

Nous avons eu long-temps à Paris un asile de nuit célèbre par le ramas de prostituées , de vagabonds et de bandits qu'on y recevait habituellement: c'était l'hôtel d'Angleterre. Ce repaire effroyable ayant été le théâtre d'un meurtre, l'autorité a pris le sage parti de le faire fermer. Les maisons d'asile lors même que le séjour du pauvre n'y serait que temporaire et accidentel, comme dans celle de Liverpool, offriraient chez nous une prime d'encouragement à la fainéantise et à l'ivrognerie. Pour moi, s'il était question d'en établir dans la capitale ou ailleurs, je les répudierais comme un présent capable de corrompre les habitudes de la classe pauvre et laborieuse accoutumée généralement chez nous, grâce à la sage direction des secours publics, à payer de ses deniers son coucher comme son pain.

Puisque l'objet essentiel de ce chapitre est de garantir la salubrité publique, en procurant aux familles appartenant à la population ouvrière , ainsi qu'aux individus rangés dans la classe vicieuse, des

(i) Revue britannique y 1 8 36, article Liwrpool, pa^e 240.

LES RÉGLEMENS DE VOIRIE. l5l

constructions habitables, appropriées à leur condition et à leurs besoins, je ne négligerai pas l'occasion de renouveler ici l'expression d'un vœu tant de fois répété, celui d'une réforme dans les réglemens de voirie.

Ces réglemens renferment des lacunes qui ne peuvent être comblées que par une loi et qui, dans l'état actuel des choses, enchaînent l'action de l'autorité. Les propriétaires abusent de la manière la plus fâcheuse du silence des réglemens pour donner aux bâtimens qu'ils élèvent dans les cours de leurs maisons une hauteur démesurée , jusque-là, qu'il n'est pas rare de voir des emplacemens de très peu d'étendue , entourés de corps de logis de six ou sept étages. I/usage du droit de propriété est d'autant plus exorbitant dans ce cas, qu'il contraste d'une manière frappante avec l'usage du même droit exercé sur la voie publique. Le service de celle-ci soumet le propriétaire à des proportions de hauteur qu'il ne peut pas dépasser, tandis que, à quelques pas de l'alignement, ce même propriétaire peut se livrer impunément à toutes les suggestions de la cupidité. Là même où les réglemens sont explicites , mais însuffisans, les propriétaires trouvent une issue pour échapper aux prohibitions qu'ils contiennent. C'est à l'aide de ces

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subterfuges qu'ils parviennent a pratiquer clans les combles de leurs constructions bordant la voie publique des étages en mansardes qui constituent une surélévation en fraude des lettres-patentes du 2 5 août 1784 ou plutôt de l'esprit de leurs dispositions.

Ce dernier abus a bien moins de gravité que le premier , parce qu'il porte une atteinte moins profonde à la salubrité publique. L'exhaussement excessif des constructions intérieures, ajouté au peu de hauteur des logemens et à leur étroitesse, est le mal le plus intense auquel il soit nécessaire de porter remède. Ce mal n'agit pas seulement sur la santé de ceux qui habitent ces constructions gigantesques, mais il influe aussi, quoique plus faiblement, sur la santé des locataires qui occupent le corps de bâtiment ayant face sur la rue, en ce qu'il intercepte jusqu'à un certain point l'air et la lumière qui leur sont nécessaires.

Nous savons que l'autorité préfectorale, dans le département de la Seine, a signalé dans maintes occurrences au ministre compétent, les inconvéniens que nous venons de rappeler, et qu'il n'a pas tenu à elle que l'on ne s'occupât de la révision et de ia codification des réglemens de voirie.

Il serait temps aussi que l'on mit les anciennes règles de l'art de bâtir en accord avec l'état actuel

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