‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes (volume 2)Chapitre 178 sur 337 · TRAVAUX ET BIENFAITS DUS · texte numérisé non relu

TRAVAUX ET BIENFAITS DUS

tout à-la-fois à la morale publique et à ses propres finances. C'est un des moyens les plus sûrs et les plus efficaces pour tarir la principale source de la bâtardise, qui n'est que trop souvent, aussi, celle du vagabondage et du vol.

On jugera de la baute importance des services rendus par l'association de Saint-Régis, à la cause des bonnes mœurs, quand on saura quelle est la différence qui existe entre le nombre des enfans légitimés, par suite du mariage des couplesadressés, avant i836, à cette société, et celui des enfans légitimés, appartenant aux couples qui lui ont été envoyés en j 836. En effet, les mariages antérieurs à cette dernière année, et s'élevant à j 85, ont produit la légitimation de 249 enfans, tandis que les 275 mariages accomplis par la société durant cette même année, n'ont légitimé que 209 enfans. Cette disproportion sensible tient à ce que la société de Saint Régis, devenant de jour en jour plus connue , on lui adresse fréquemment des couples qui ne vivent que depuis quelques mois dans le désordre, et même, un certain nombre de personnes qui sont près seulement d'y tomber, tandis qu'autrefois la société ne s'occupait guère que des concubinaires, vivant ensemble depuis nombre d'années et ayant déjà beaucoup

A LA SOCIÉTÉ DE SAINT-REGIS. l65

d'enfans , dont quelques-uns même étaient sur le point d'atteindre leur majorité.

La société de Saint-Régis n'a pas de revenus assurés. Ses ressources s'élèvent à près de dix mille francs par an, provenant des dons de la charité publique, des cotisations de ses membres, des offrandes de MM. les curés et des secours annuels des hospices, de l'administration municipale et du ministre de l'intérieur. On cite plusieurs villes importantes qui ont fondé dans leur sein de pareils établissemens. Il serait à désirer, qu'il y en eût un dans tous les grands foyers de l'industrie. L'autorité devrait à cet égard fournir aux hommes bienfaisans toutes sortes d'encouragemens pour les excitera s'associer, et protéger leur société avec une faveur particulière, parce qu'elle répond à des besoins véritables et qui excèdent le plus souvent les facultés des hommes simples et laborieux qui les éprouvent. L'un des moyens les plus certains de parvenir à la restauration des bonnes mœurs, est de constituer la famille sur la base légitime du mariage : or, la société , dont nous aimons à proclamer les services, n'a pas d'autre but, et, sous ce rapport, elle a droit, à mon gré, d'être comptée parmi les institutions lés plus conservatrices.

Je ne dois pas laisser ignorer, au surplus, qu'une société protestante s'est formée pour faciliter , par

l66 TRAVAUX ET BIENFAITS DUS, ETC.

son entremise officieuse, le mariage des personnes professant le culte évangélique, dont le peu de ressources ne leur permet pas de subvenir aux dépenses exigées pour légitimer leur union. Cette société paraît faire le même bien que la société dont nous avons d'abord parlé.

Page 1