CHAPITRE XL
De l'impôt. — Besoins publics auxquels il estappliqué. — Sa division en contribution directe et contribution indirecte. — Del'impôtsous l'ancienne monarcbie et depuis la révolution.' — Motion faite dans la Convention pour exempter le pauvre de l'impôt. — Opposition de B.obespierre. — Impôt progressif. — ■ Son iniquité. — Contribution indirecte. ■ — Des rapports de cette contribution avec le bien-être du peuple. — Des causes qui la rendent seule compatible avec ses facultés contributives. — Avantages qui compensent pour lui la cbarge que lui impose cette forme d'impôt. — Stérilité des taxes somptuaires. — Transformation de l'impôt en richesse publique par l'intervention prudente et féconde du pouvoir social. — Des gouvernemens à bon marché. (1)
Il pourra paraître extraordinaire, au premier aperçu, que je fasse figurer l'impôt parmi les préservatifs capables d'opposer une barrière à l'invasion du vice. En effet, l'impôt, à ne considérer que le sacrifice qu'il fait peser sur tous ceux qui le paient, doit être une charge plus lourde et plus pénible pour le pauvre que pour le riche, puisque celui-ci, après l'avoir acquitté, ne laisse pas d'avoir du superflu, et
(t) Ce chapitre a clé relouché dans quelques partie?.
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quelquefois un superflu considérable , tandis que le pauvre est obligé de le prélever sur son salaire, ce qui semblerait, au dire de plusieurs, devoir le conduire à la misère et, par suite, à des industries illicites.
Cette dernière thèse a donné lieu à tant de commentaires, à une polémique si ardente de la part des philosophes et des économistes, qu'elle est devenue un véritable lieu commun, sans avoir cessé pourtant de préoccuper plus ou moins les esprits, comme si l'impôt cachait, dans son établissement et dans sa perception , une sorte d'exaction contre laquelle le pauvre ou ceux qui ont pris en main, d'office, la défense de ses intérêts , ne sauraient trop protester.
Les abus auxquels l'administration des deniers publics a donné lieu sous tous les gouvernemens, même sous les gouvernemens représentatifs, institués principalement pour veiller au bon emploi des finances de l'état; ces abus, dis- je, ont non-seulement rencontré dans des écrivains courageux de sévères et honorables censeurs, mais ils ont suscité des esprits systématiques ou exaltés qui se sont attaqués à l'impôt lui-même, et l'ont flétri dans son principe, sans vouloir tenir compte des avantages sociaux qui en découlent.
Il serait injuste de confondre parmi ces derniers