‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes (volume 2)Chapitre 183 sur 337 · DE L'ASSIETTE DE L'IMPOT · texte numérisé non relu

DE L'ASSIETTE DE L'IMPOT

La grande autorité financière de l'époque , Cambon, s'éleva avec force contre cette proposition , en disant: qu'il ne fallait pas lier le corps législatif en administration et en finance, par des principes absolus et des théories le plus souvent impraticables. Il ajouta quelques mots sur l'inconvénient d'exempter de l'impôt , de prétendus nécessiteux , et d'autres membres soutinrent après lui que le plus noble attribut d'un citoyen, quelle que fût sa situation, était de contribuer pour sa part, et dans la proportion de ses ressources, aux charges publiques. Robespierre fit entendre en cette occasion , des paroles que je crois devoir transcrire ici :

« J'ai partagé un moment l'erreur qu'on vient « d'émettre, je crois même l'avoir écrite quelque « part ; mais j'en reviens aux principes et je suis « éclairé par le bon sens du peuple qui sent que « l'espèce de faveur qu'on lui présente est une in- « jure. En effet, si vous décrétez constitutionnel- « lement que la misère excepte de l'honorable obli- « gation de contribuer aux besoins de la patrie, « vous décrétez l'avilissement de la partie la plus « pure de la nation , vous décrétez l'aristocratie des « richesses; bientôt il s'établirait une classe d'ilotes, « et l'égalité , la liberté périraient pour jamais. « N'ôtez point aux citoyens ce qui leur est le plus

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