ET DEPUIS LA RÉVOLUTION. I H
levée des tributs de tous genres qui leur étaient affermés , on reconnaîtra sans peine que, sous ce rapport , le présent ne saurait être mis en parallèle avec le passé, dont les troubles et les malheurs eurent pour principale cause la mauvaise administration des finances.
Lorsque la révolution de 1789 vint mettre à découvert et cicatriser les plaies dévorantes du régime financier de l'ancienne monarchie , le tiers-état, c'est-à-dire le peuple, supportait seul tout le fardeau des impôts. L'Assemblée constituante substitua l'égalité des charges publiques aux immunités des castes privilégiées , en même temps qu'elle proclama l'égalité des droits politiques à la place du monopole de ces mêmes droits. Les deux assemblées qui la suivirent, ayant à lutter contre leurs propres dissensions et contre la fureur des partis , durent renoncer momentanément à organiser l'intérieur du pays d'une manière systématique et durable. Chargées du fardeau des affaires dans un temps de détresse , et ayant à pourvoir par-dessus toutes choses à la satisfaction d'un intérêt démocratique exalté et tout puissant , cet intérêt fut flatté et caressé de telle sorte que, plusieurs membres de la Convention proposèrent d'affranchir de l'impôt, tout citoyen qui serait reconnu avoir moins que le nécessaire.