DU THEATRE. I C
qu'il procure, fécondes en sentimens honnêtes; il doit mettre en relief et faire contraster la beauté des mœurs et la laideur du vice. Sous ce rapport les règles de l'art n'ont pas varié depuis l'ère de la tragédie grecque jusqu'à nos jours; leur pureté est restée inaltérable au milieu des changemens que le temps et le génie des écrivains ont apportés à la forme du drame et à l'entente de sa composition. Tous les chefs-d'oeuvre qui font l'ornement de la scène française et qui l'ont placée, jadis si haut, dans l'estime des peuples policés , se distinguent surtout par le respect des bienséances, par le culte du beau moral. Le mouvement insurrectionnel et philosophique du dix-huitième siècle s'est arrêté lui-même devant cette barrière et l'a laissée debout. Voltaire a blessé les mœurs dans un poème où par un caprice bizarre de son génie il a travesti, avec le pinceau de l'Albane,la gloire d'une femme héroïque, mais il les a toujours fidèlement respectées dans les nombreux et admirables ouvrages, dont il a enrichi no* tre théâtre. Ducis et les écrivains dramatiques venus après lui, ont marché de nos jours sur les traces de leurs illustres devanciers, en subordonnant avec un scrupule religieux la fable de leurs tragédies aux convenances morales de la société.
Les créateurs du romantisme dont on a voulu ii. i3