DES PRISONS FRANÇAISES
intéressante et vraiment sociale, et l'harmonie de leurs efforts semble garantir la solution prochaine des difficultés qui ont rendu l'opinion publique si long-temps flottante et incertaine sur le choix qu'elle devait se proposer parmi les systèmes de répression et de réforme discutés devant elle.
La discipline des prisons , après avoir été purgée, chez ces mêmes peuples, des traditions immorales et barbares du moyen âge, a été régie par des idées philanthropiques dont les conséquences ont été exagérées au préjudice de l'intimidation et de l'intérêt réel de la société. Les gouvernemens ne se sont inquiétés que des moyens d'assurer la détention du condamné, et d'alléger la charge de son entretien mise au compte de l'état. Ils ont introduit par suite le travail dans les maisons de correction, et ils en ont réparti le produit entre les condamnés et l'administration, espérant que l'appât d'un certain bien-être dans le sein de leur captivité, et d'un pécule au moment de leur libération, inspirerait aux premiers le goût et l'habitude du travail, et les rendrait à la société, sinon tout-à-fait amendés, au moins aptes à gagner leur vie , et disposés à se soumettre à la loi commune qui est le travail. Les geôles ont été de la sorte transformées en manufactures disciplinées avec une sévère rigueur, mais privées d'un caractère