COMPARÉE A CELLE DES DÉTENUS
souffre que ceux-ci couchent sur la paille , sur des copeaux, et, ce qui n'est pas rare, sur une simple toile recouvrant le carreau de la chambre. Le détenu est chauffé pendant la saison rigoureuse; il a de bons vêtemens, des bas, des souliers que l'on renouvelle dès qu'ils sont usés; il change de linge aussi souvent que les ouvriers les moins gênés, au lieu que l'indigent est souvent exposé au froid, faute de moyens de chauffage, travaille sans bas jusqu'aux premières gelées, n'est pas toujours suffisamment couvert ni chaussé, et n'a guère plus de deux chemises. En cas de maladie, son meilleur refuge est l'hôpital, où il n'est pas mieux que le malfaiteur dans l'infirmerie de la prison.
Les forçats n'ont pas de lit complet ni séparé , excepté quand ils sont malades. Ils couchent habituellement sur des lits de camp, où chacun d'eux repose enveloppé d'une couverture de laine, avantage qui serait envié par plus d'un pauvre ouvrier. Ils sont chaudement vêtus l'hiver et entretenus proprement en toute saison ; ils ont de plus l'avantage de travailler en plein air; et l'on a dit avec fondement qu'à tout prendre, leur sort était moins pénible que celui des réclusionnaires.
Parlerai-j e de la nourriture? Celle des détenus des maisons centrales et .des bagnes est frugale et peu