COMPAREE A CELLE DES DÉTENUS
tère de gravité et d'intimidation qu'elle a perdu, ou plutôt si on lui imprimait la terreur salutaire à laquelle résiste la forme actuelle de nos prisons et de nos bagnes. Cette réforme, en réduisant le malfaiteur au strict nécessaire, et en faisant peser sur lui un véritable châtiment, aurait pour effet de fortifier la résignation du pauvre dans ses jours de détresse, et de le convaincre que si la société fournit à la subsistance du condamné, c'est que celui-ci est l'esclave de la peine qui lui a été infligée par la loi , et que cette peine emportant la perte de la liberté du coupable, et non la perte de sa vie, la justice et l'humanité commandent de lui assurer les moyens d'exister jusqu'au moment de sa libération.
Le rapprochement que je viens d'établir entre la position matérielle du pauvre et celle du malfaiteur m'a paru indispensable pour donner une juste idée de la pénalité actuelle de la séquestration dans les maisons centrales ou dans les bagnes. Les philanthropes et les écrivains qui étudient la théorie des prisons devraient mener cette étude de front avec celle de la vie intérieure des classes pauvres , pour ne rien hasarder d'imprudent ou de dangereux sur une matière si délicate et si importante, les rapports de ces deux études nous paraissent intimes, et si pendant l'exercice du conseil général des prisons,