PARALLÈLE ENTRE LE MALFAITEUR LIBRE
les personnes considérables qui formaient ce conseil avaient pénétré dans le réduit du pauvre avant de visiter les diverses classes de nos prisons, il est probable que celles-ci n'auraient pas dégénéré en manufactures ou en maisons conventuelles et que ïe travail aurait tempéré la rigueur de la peine, mais ne l'aurait pas effacée en mettant le détenu à portée de se procurer des douceurs inconnues à la plupart des travailleurs libres et honnêtes. Tant que les visiteurs qui se piquent de réformer notre système répressif passeront sans transition de leurs salons dans les maisons où ce système est mis en pratique, ils seront dans le faux et leur observation ne produira qu'une oeuvre impuissante et factice. Je le répète, pour que cette oeuvre, soit logique et féconde, il faut que l'investigation descende de la demeure du pauvre dans la maison de force. Le point de départ éclairera le but, et les bons esprits ne seront pas tentés de le dépasser, parce qu'ils verront la réalité à nu et sans illusion.
J'ai opposé jusqu'ici le malfaiteur au nécessiteux, je pourrais sans difficulté l'opposer à lui-même avec non moins d'avantage. De notre temps et dans toutes les classes de la société, beaucoup de gens ne travaillent que pour jouir. Le malfaiteur de profession vole pour ne pas travailler et pour se procurer les