PÉNITENCIER DES JEUNES DÉTENUS, A PARIS
espèce particulière de détention. Paris est une des villes les mieux partagées sous ce rapport. Le pénitencier qu'on y a construit pour les jeunes détenus, ne remplit pas sans doute toutes les conditions qu'on aurait pu attendre d'un programme mieux entendu que celui d'après lequel il a été érigé : mais, malgré ses imperfections, l'on ne saurait disconvenir qu'au moyen de quelques modifications de détail , il ne puisse être mis aisément en état d'assurer, selon le principe de la réclusion individuelle, l'éducation disciplinaire des jeunes délinquans, et même des enfans qui y sont détenus par forme de correction paternelle.
Cet établissement , qui contient plus de cinq cents cellules , a été le théâtre de tant d'expériences propres à améliorer le régime moral des nombreux enfans qui y sont détenus, que le lecteur me saura gré peut-être de lui faire connaître, sinon la série ^ entière de ces expériences, au moins celles qui se rapportent au mode de détention basé sur la séparation.
Les communications qui m'ont été faites à la préfecture de police , sur les résultats que ces dernières expériences ont produits, me mettront à portée de fournir des détails précis et circonstanciés, sur le système de la réclusion séparée appliquée aux en-
fans. J'éprouve d'autant plus de satisfaction à publier («) les efforts faits sans bruit par l'administration , pour rendre ce système applicable aux jeunes détenus , que je trouverai plus d'une fois dans mon exposé, l'occasion de faire ressortir le zèle persévérant et éclairé de M. Gabriel Delessert , auteur de ces diverses expériences, et que je dois la faveur des communications dont je vais rendre compte, à l'obligeante entremise de ce magistrat, qui a eu la sagesse d'expérimenter lentement, mais avec constance, quand d'autres infatués d'idées systématiques, épiloguaient contre le principe de ces expériences , qu'ils ne connaissaient pas ou qu'ils ne voulaient pas connaître.
C'est de février 1 838 que date la mise en vigueur de la réclusion séparée dans la maison des jeunes détenus. Au commencement, ce mode de détention n'a été appliqué qu'aux enfans de la correction paternelle, à cause de la brièveté du séjour que ces détenus font dans la maison. Leur captivité n'excède guère en effet trois à quatre mois.
L'organisation matérielle du quartier de la cor-
(i) Depuis que ceci a été écrit, M. le préfet de police a jugé à propos de rendre publics une grande partie 'des renscignemens qui m'avaient été communiqués. Voy. le Moniteur du 25 août i83g: