‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes (volume 2)Chapitre 269 sur 337 · A UNE PARTIE DES JEUNES DÉTENUS · texte numérisé non relu

A UNE PARTIE DES JEUNES DÉTENUS

rection paternelle, tel qu'il est en ce moment constitué, peut se résumer en peu de mots.

Au i er et au 2e étage d'une des ailes rayonnantes de la prison, existent, desservies par un corridor, deux rangées de cellules dans lesquelles sont enfermés lesenfans.Ces cellules construites dans la pensée d'un système de séparation pendant la nuit seulement, sont peut-être trop peu spacieuses (elles ont sept pieds et demi sur six pieds), mais on a remédié à cet inconvénient par une ventilation constante qui renouvelle l'air, autant qu'il est nécessaire. A la porte de chaque cellule est pratiquée une espèce de guichet, qui met le détenu dans quelque endroit de la cellule qu'il se place , sous les yeux des employés préposés à la surveillance. Des calorifères sont disposés de manière à maintenir pendant l'hiver la température à un degré modéré, et le soir toutes les cellules sont éclairées au moyen de lampes. Le coucher se compose d'un lit hamac , consistant en une toile tendue de la muraille à la cloison op« posée et sur laquelle est posé un matelas, un traversin en laine, une couverture en été, deux en hiver , et une paire de draps changée tous les mois; une petite table, une chaise ou un tabouret, et quelques objets de propreté complètent cet ameublement.

Le régime disciplinaire du même quartier n'est

pas moins simple. L'enfant, dès qu'il y est admis, cesse d'être appelé par son nom de famille , on le désigne par le numéro de sa cellule. Il est astreint à garder le silence et à se livrer à une occupation constante qui est réglée par l'administration. Comme le séjour des enfans de cette catégorie dans la maison est de courte durée et ne permettrait pas de leur apprendre un métier, on se contente de leur faire exécuter un travail , qui peut être enseigné en quelques séances, comme, par exemple, la confection de chaussons. Ce travail est interrompu à une heure fixe, par les exercices de l'instruction primaire. Des livres de morale et de piété sont mis à la disposition des élèves, et lorsque l'enfant a reçu un commencement d'instruction, il trouve dans le pénitencier les livres d'études qui peuvent lui être nécessaires. Le directeur, l'aumônier, l'instituteur et le médecin , font de fréquentes visites dans le quartier, et s'entretiennent chaque fois avec les enfans dont le nombre terme moyen ne monte pas au-delà de vingt-cinq à trente.

Les parens ont la faculté de voir leurs enfans détenus une fois la semaine. Cependant, l'administration, de concert avec M. le président du tribunal, a cru devoir interdire toutes relations entre les jeunes détenus et leur famille pendant les premiers quinze

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jours de leur captivité, pour les mettre à portée d'apprécier la gravité de leurs fautes et de sentir l'amertume d'une séquestration, qui a pour effet de les priver des témoignages affectueux et même de la vue de leurs parens les plus proches; cette séparation ainsi prolongée dès le début et dont le terme ne leur est pas indiqué , produit sur les enfans à ce qu'il paraît , une impression profonde et salutaire, puisqu'elle peut faire naître le repentir dans leur âme et leur inspirer le dessein de se bien conduire.

Chaque joursi le temps le permet, un certain nombre d'enfans est conduit à la promenade dans les chemins de ronde des pénitenciers ; cet exercice a lieu isolément, c'est-à-dire que les enfans appelés à en jouir, s'y livrent à tour de rôle, pendant une demiheure sous la surveillance d'un gardien. D'après la règle établie, chaque enfant peut sortir de sa cellule trois à quatre fois la semaine, selon que le temps est plus ou moins favorable et selon la force numérique de la population.

Le régime alimentaire est fixé ainsi qu'il suit:

Tous les jours I x ,ivre **? de Pai,n, bis b,anc;

I 2 onces de pain blanc pour la soupe.

iune soupe grasse aux légumes le matin, quarteron de viande de bœuf désossée pour le dîner.

Ile matin soupe maigre aux haricots, pain ou riz, avec quelques lécumes verts, lricassee des mêmes substances pour le dîner.

Le vestiaire se compose d'une veste et d'un pantalon de drap, pendant l'hiver, en toile, pendant l'été, et d'une chemise dont le détenu change toutes les semaines.

Telles sont les dispositions matérielles et le régime du quartier de la correction paternelle; voyons maintenant quels en ont été les résultats:

Sous l'influence de l'ancien mode de détention, c'est-à-dire, pendant que les enfans étaient exposés aux dangers de la vie commune, les récidives étaient dans les proportions de 3o sur i3o. Quinze mois après l'introduction de la réforme, et durant cet intervalle de temps, on n'a compté que 7 récidives sur 239 enfans détenus à la demande de leurs familles.

Ce premier résultat, qui est un indice non équivoque de l'efficacité du système cellulaire complet, par rapport à l'amendement des jeunes détenus , n'aurait aucune valeur, ou du moins le prix en serait singulièrement affaibli, si les craintes conçues par quelques personnes sur l'état sanitaire ou sur les facultés intellectuelles des enfans soumis à ce régime s'étaient réalisées. Mais, chose inespérée

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