‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes (volume 2)Chapitre 281 sur 337 · MOYEN D'ORGANISER L'EXERCICE · texte numérisé non relu

MOYEN D'ORGANISER L'EXERCICE

les appréhensions de nos adversaires n'ont pas le moindre fondement.

En effet si nous prenons pour point de départ le chiffre de /J92 enfans, posé comme étant la représentation la plus élevée de la population de la maison, et que nous défalquions de ce chiffre vingt enfans comme malades ou en punition, et trente autres enfans soumis à une détention continue, pendant un certain temps, à cause de leurs rechutes, au dehors, depuis leur libération, nous aurons journellement une population de 442 enfans qui aura droit à la promenade; la durée de cette promenade étant fixée à une demi-heure et la journée étant évaluée à vingt demi-heures, on pourra dans les huit cours ou emplacemens isolés du pénitencier, admettre simultanément à la promenade huit enfans par demiheure ou cent soixante enfans par jour, en telle sorte que dans l'espace de trois jours, tous les enfans auront joui de l'air libre et du droit de locomotion pendant une demi-heure. Ce roulement ainsi établi, il est évident que chaque enfant peut user de la faculté de se promener tous les trois jours.

Quant à l'exécution matérielle de la mesure, il serait facile de prévenir la rencontre des enfans du même corridor ou du même étage, allant à la promenade ou en revenant sous la conduite d'un sur-

DE LA PROMENADE POUR LES DÉTENUS ISOLÉS. 35q

veillant , en ne faisant descendre un enfant dans la cour de sa division que lorsque le promeneur qu'il devrait remplacer , serait rentré dans sa cellule. Il est une mesure de précaution que l'on pourrait ajouter à celle-ci, afin d'aller au-devant de tout mécompte: ce serait de couvrir d'un capuchon pendant le trajet la tête de chaque enfant, soit qu'il fût conduit à la promenade, soit qu'il fût ramené à sa cellule. Ce déguisement n'aurait rien , ce me semble, qui pût attrister son imagination, quand il en saurait le motif.

Je désirerais que l'on établît en saillie sur le mur extérieur des bâtimens bordant les cours affectées à la promenade, un auvent qui régnerait tout le long de ce mur, et qui, en cas de pluie de quelques momens, permettrait au promeneur d'y chercher un abri pour continuer sa promenade. Cet abri serait indépendant des préaux qui serviraient de promenoirs pendant l'hiver ou même durant l'été, quand le temps serait mauvais. A cet égard , l'administration ne saurait montrer trop de prévoyance ni trop de sollicitude, afin de faire taire les soupçons et les rumeurs, dont probablement on ne serait pas avare pendant les premières années de l'application du système.

Enfin pour prévenir l'ennui que pourrait causer

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