CHOIX ©ES SURVEILLANS
mais elle a paru digne d'être prise en considération l'égard des enfans, parce que la détention de ceux-ci est une détention à part et combinée dans des vues d'éducation autant que de pénitence. D'un autre côté, la discipline des maisons de réforme habitées par des enfans, exige moins d'énergie de la part des surveillans que la discipline des prisons proprement dites, lesquelles sont occupées par des malfaiteurs rusés, audacieux et entreprenans. Le régime cellulaire complet affaiblirait sans doute beaucoup , sous le rapport du maintien de l'ordre, le danger des communications établies entre des criminels et des frères surveillans ; mais il ne le dissiperait pas entièrement, à cause de l'extraction que l'on ferait périodiquement de la personne de chaque détenu du fond de sa cellule pour l'exercice de la promenade; au lieu que ce danger serait, pour ainsi dire, nul dans un jeune pénitencier. Je ne verrais pas, en conséquence , d'inconvéniens à ce que l'on fît l'essai de ce nouveau personnel pour l'administration des maisons de jeunes détenus, organisées d'après le système de la réclusion individuelle. Je désirerais que les frères fussent investis sous l'autorité d'un directeur laïque , non-seulement du service domestique et du service disciplinaire, mais aussi du soin de pourvoir à l'éducation industrielle des en-
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fans et à la surveillance de leur instruction primaire, qui pourrait être dirigée, toutefois, par des instituteurs pris dans l'ordre civil.
Je sais bien que les congrégations religieuses passent pour être peu favorables au gouvernement créé par la révolution de juillet; mais quel poids peut avoir une semblable considération dans le cas supposé? Il ne s'agit pas de leur confier l'éducation des enfans de la population honnête : il s'agit de les mettre aux prises avec les vices de quelques centaines d'enfans nés dans les derniers rangs de la société , et corrompus quelquefois autant par les mauvais exemples de leurs parens que par les désordres d'une vie vagabonde. Si l'on vent propager les idées religieuses, il faut mettre le clergé à même de conquérir l'estime et la confiance du peuple et de ses adversaires eux-mêmes, par le développement des vertus qui lui conviennent le mieux, c'est-à-dire par le dévoûmentà la cause de l'infortune et de l'humanité, et par l'abnégation de tout intérêt temporel. Or, où peut-il mieux pratiquer ces vertus que dans les prisons?
Les craintes exprimées sur l'emploi des frères de Saint-Joseph dans les maisons des jeunes détenus, ne sont pas plausibles; car, si elles l'étaient, il faudrait , pour être cotiséquent , ôter aux frères de