VISITEURS OFFICIELS
que le travail avec les diverses formes qu'il doit recevoir, ainsi que les relations successives des surveillans, des contre-maîtres, des employés supérieurs de la prison et des ecclésiastiques attachés à celle-ci, seraient autant de sujets de distraction et de soulagement pour les détenus, et qu'à tout perdre, l'intervention des visiteurs serait moins un besoin réel pour ceux-ci qu'un embarras pour l'administration.
En effet , sans parler des difficultés qu'il y aurait à rencontrer des visiteurs assez raisonnables et assez fermes pour ne pas procurer furtivement à leurs cliens, quelques-unes des douceurs réprouvées par les règles de la discipline de la prison; sans parler des considérations d'humanité qui feraient obstacle aux poursuites nécessitées par la violation de ces règles, ou qui rendraient ces poursuites illusoires en désarmant la rigueur de la justice (i), je pense que le libre accès qu'ils auraient dans la maison de détention les enhardirait plus ou moins à contrôler les mesures et les actes des directeurs , quoique ces actes et ces mesures fussent hors de leur compétence;
(i) En Amérique, tout visiteur qui, par quelque don prohibé, améliore la position d'un détenu , est sujet à poursuite et peut être condamné à une forte amende.
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et que bien loin de trouver en eux des auxiliaires, les directeurs y trouveraient des censeurs plus zélés qu'éclairés. Cette supposition est peut-être trop absolue; mais ne fût-elle dans le cas de se réaliser qu'à legard de quelques-uns, toujours est-il qu'il y aurait de la témérité à recevoir habituellement dans une prison des hommes capables, sinon en totalité, au moins en partie, de froisser ou de traverser l'action de l'administrateur responsable par des critiques irréfléchies ou par des collisions inattendues.
La crainte que j'exprime ne paraîtra pas hasardée à ceux qui ont eu l'occasion d'observer et de connaître les rapports existant entre l'autorité et les sociétés charitables avouées et admises par elle dans les établissemens pénaux , hospitaliers ou autres , qu'elle dirige. Il est rare que ces rapports ne soient pas altérés de la part de quelques membres de ces sociétés par la méconnaissance des droits de l'administration et des règles de la hiérarchie, règles qui sont le principal ressort de la force publique. Je ne disconviens pas que l'administration ne se montre quelquefois elle-même trop ombrageuse; néanmoins, tout en reconnaissant ce qu'il peut y avoir de vrai dans les reproches qu'on lui adresse touchant sa susceptibilité, je persiste à croire que, d'après le développement progressif donné par la science et la ii. 24