INFLUENCE MORALE DES EMPLOYAS SUPÉRIEURS
pratique au principe de l'isolement des détenus, en France, la création de visiteurs officiels présenterait plus d'inconvéniens que d'avantages , lors même que le choix de ces visiteurs serait fait avec toute la prudence et le discernement convenables.
Il nous reste à parler , puisque nous traitons du personnel des prisons, de l'influence morale que les employés supérieurs de celles-ci doivent exercer sur les jeunes détenus soumis à la vie cellulaire, et formant dans la même maison une population agglomérée d'environ 5oo individus.
On a voulu, d'abord, prêter au directeur une action trop étendue et trop multipliée sur les détenus pour être efficace. On a paru croire, que ce fonctionnaire visiterait tous les jours 5oo enfans pour s'enquérir de leur état et leur adresser quelques paroles bienveillantes. Une pareille tâche, d'ailleurs impraticable , consumerait sans profit pour l'établissement, la meilleure partie du temps du directeur. Ce dernier ne doit pas ainsi prodiguer sa présence et son autorité. Sa principale occupation est d'administrer la maison confiée à ses soins , et cette occupation qui consiste à surveiller tous les rouages de la machine et à les faire marcher avec intelligence et avec en semble, serait incompatible avec des fonctions, telles que celles qu'il aurait été question
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de lui attribuer, sans compter que ces fonctions de détail et de pure bienfaisance ne rempliraient pas le but pour lequel elles auraient été créées.
Les visites du directeur, dans les cellules, doivent être déterminées par un motif particulier et important, lorsqu'elles ne se rattachent pas aux tournées générales qu'il est tenu de faire fréquemment dans toutes les parties de la maison pénitentiaire pour en assurer la bonne police et la discipline; elles peuvent être utiles quand il s'agit d'imposer à un enfant rétif ou mutiné, de le stimuler dans le premier cas ou de le réduire à l'obéissance dans le second. Le rôle du directeur serait néanmoins trop pénible s'il n'avait à s'exercer que dans des circonstances critiques. Le maintien et le relief de son autorité exigent aussi qu'il se montre bon et compatissant envers les détenus qui par leur conduite méritent des paroles d'encouragement, et qu'en sévissant dans certaines occasions, contre des en fans insoumis, il sache dans d'autres conjonctures fortifier la résignation et la patience de ceux qui sont en voie d'amendement.
J'ai été témoin, en visitant les jeunes détenus assujettis à la règle de la réclusion individuelle, d'un fait qui prouve que la morale n'a pas besoin de beaucoup de développement pour pénétrer dans le cœur d'un enfant et pour l'émouvoir. Ce fait concerne un en-