‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes (volume 2)Chapitre 318 sur 337 · RAPPORTS ENTRE LA SOCIÉTÉ ET LES LIBÉRÉS · texte numérisé non relu

RAPPORTS ENTRE LA SOCIÉTÉ ET LES LIBÉRÉS

ciété et des libérés demande autant de philosophie que de discernement et de tact, les opinions absolues et tranchantes qu'on a exprimées sur la destinée qui doit appartenir aux libérés, sont également fausses : elles pèchent également par leur exagération. L'une tend à traiter le libéré comme un paria et l'autre tend à l'élever jusqu'à la condition de l'homme qui ne commit jamais aucun attentat contre la personne ni contre la propriété de ses semblables. Là on n'envisage que la flétrissure du méfait , sans tenir compte à son auteur de la peine qu'il a subie; ici, on n'est touché que de l'expiation sans vouloir se ressouvenir du crime.

Il est aisé de s'apercevoir , que ces deux appréciations sont aussi incomplètes l'une que l'autre, et que chacune d'elles laisse dans l'ombre une des faces de la position du libéré. En effet, pour être juste envers celui-ci, il convient de ne pas oublier que s'il a forfait à l'honneur, il a subi la peine de sa faute, de même que pour être juste envers l'homme dont la vie fut toujours sans tache, il convient de ne pas le confondre avec celui que ses méfaits, ont mis pour un temps hors la loi commune, tout en exigeant de lui qu'il offre à cet infortuné une main secourable lorsqu'il rentre dans la société. C'est ainsi qu'il faut agir sur l'esprit public, et pour le

Page 1