DE LA PROSTITUTION" CLANDESTINE
C'est qu'en général leur condition est l'effet de leur volonté; c'est qu'elles étaient libres d'opter entre l'honneur et le déshonneur, et qu'elles ont préféré le dernier. Ceux qui ont étudié les diverses causes de la prostitution seraient sans doute fondés à taxer d'injustice une pareille rigueur étendue sans restriction à toutes les femmes qualifiées vulgairement de prostituées; mais il n'en est pas moins vrai que le sentiment public est inexorable à cet égard, et qu'il ne distingue pas malheureusement entre celle qui cède à l'aiguillon de la faim ou au besoin de secourir sa famille, et celle qui se laisse entraîner par les sollicitations de la vanité, de la paresse, ou par l'ardeur des sens.
D'après cette tendance rigoureuse et inflexible de l'opinion, y a-t-il un crime plus lâche et plus digne d'exécration que celui de spéculer sur la pureté et les charmes d'un enfant, ou de provoquer cette odieuse spéculation par une convoitise forcenée ? Si la police n'existait pas, ne faudrait-il pas l'inventer pour rechercher et poursuivre les infâmes qui, par un cruel raffinement de volupté, achètent à prix d'or le plaisir de souiller et de torturer une jeune fille innocente et sans défense. Les auteurs du code pénal ont montré une juste sévérité envers les personnes qui se seraient rendues coupables, par fraude