‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes (volume 2)Chapitre 320 sur 337 · ENTRE LA SOCIÉTÉ ET LES LIBÉRÉS · texte numérisé non relu

ENTRE LA SOCIÉTÉ ET LES LIBÉRÉS

ces sages leçons ; mais , pour qu'elles ne fussent pas stériles dans le cœur des condamnés, il serait nécessaire que le coeur de tous les gens de bien s'ouvrît à la pitié envers ceux de ces infortunés qui ont accompli leur peine.

Cette justice généreuse du législateur, cette rénovation de l'esprit public à l'égard des libérés, demanderait un redoublement de vigilance et de zèle de la part de l'administration et de la magistrature dans l'exercice de leurs fonctions. L'élévation de sentiment qui aurait présidé à cette réforme si profitable aux libérés, ne serait pas tant s'en faut appréciée également par tous. Une minorité perverse et audacieuse ne manquerait pas de se faire lâchement une arme contre la société de sa propre loyauté, et elle augmenterait infailliblement beaucoup si ses tentatives n'étaient réprimées avec une rigueur inexorable. La promptitude et l'inflexible sévérité du châtiment me paraissent le corrélatif obligé de la suppression de la surveillance, en même temps que de l'appui indulgent que la société prêterait aux libérés. Je voudrais que le ministère public , le président du tribunal correctionnel et le président des assises fissent au besoin ressortir avec force l'importance des concessions faites aux libérés par la société, et que cette circonstance, qui viendrait en aggravation du délit,

Page 1