COLONIES FORCÉES
fait est plus forte, la tresse plus serrée; les surintendans de police ont été chargés d'établir une enquête sur l'application du châtiment et sur les effets qu'il produit sur le dos du coupable. On a supputé quel nombre de coups était nécessaire pour meurtrir , pour faire jaillir le sang , ou pour lacérer profondément les chairs.
L'historien de Botany-Bay, à qui nous empruntons ces affreux détails , fait observer que les pièces officielles dont il les a extraits rappellent les archives de nos anciennes chambres de tortures : il n'y manque, ajoute-t-il, que le chevalet et les tenailles. Le gouverneur, en rendant compte aux autorités de la métropole du résultat produit par le système pénal mis en pratique dans l'île de Norfolk, où sont séquestrés les condamnés de première classe, dit que le traitement qu'on leur fait subir est si rigoureux qu'on en a vu plusieurs commettre des crimes capitaux , dans le seul but de se faire conduire à Sidney, siège de la justice coloniale, espérant échapper à la potence au moyen des chances d'évasion que leur offrait le voyage.
Malgré l'appareil de sévérité, malgré le raffinement de barbarie déployé dans linfliction des châlimens encourus par les condamnés transportés à la Nouvelle-Galles, je pense, avec l'estimable écrivain