‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes (volume 2)Chapitre 50 sur 337 · LIEEEÉS; RUPTURE DE BAN · texte numérisé non relu

LIEEEÉS; RUPTURE DE BAN

état de rupture de ban, mais en évaluant ceux-ci à quelques centaines, on peut se faire une juste idée de la force numérique de cette portion delà classe des libérés, force qui au surplus a donné lieu de la part de quelques écrivains, d'ailleurs éclairés, aux conjectures les plus hasardées et aux estimations les plus fausses.

Les chiffres authentiques et précis que nous venons de poser, démontrent combien les idées du public, en ce qui concerne les forçats libérés , sont confuses et erronées. Il ne distingue pas , ou plutôt il ne connaît pas, les diverses classes de libérés, et il est enclin par un sentiment outré de délicatesse et d'aversion à ne voir dans ceux-ci que des forçats. A Paris, cette dernière catégorie ne forme guère que le quart de la masse des libérés autorisés à y résider. Non-seulement elle est moins nombreuses que celle des réclusionnaires, mais si l'on consulte le rapport fait au roi sur l'administration de la justice criminelle en i836, on voit qu'elle compte moins de récidives. En effet, ce rapport établit que, pendant une période de cinq années (de 1 83a à 1 836) sur 3,3g8 condamnés sortis des bagnes, 646 ont été poursuivis et jugés de nouveau, ce qui donne 19 récidivistes sur 100 libérés, tandis que sur 25,807 détenus sortis des maisons centrales, 5,488 ont été

MOEURS DES LIBERES. ^n

l'objet de poursuites et de condamnations nouvelles, proportion qui fait ressortir un plus grand nombre de libérés en récidive, c'est-à-dire, 21 sur 100. La différence en faveur des bagnes est d'autant plus remarquable , dit le rapport , que la population des maisons centrales renferme des femmes , qui tombent en récidive bien moins souvent que les hommes, et que dès-lors cette population semblerait devoir offrir moins de condamnés relaps que celle des bagnes. Il est juste de convenir toutefois , que les vols commis par les forçats libérés en élat de récidive sont accompagnés de circonslances plus graves que ceux qui sont imputés aux réclusionnaires placés dans la même position. Quoi qu'il en soit, malgré le poids de cette dernière considération, l'expérience a mis en lumière cette vérité, que le réclusionnaire et le correctionnel peuvent être beaucoup plus corrompus que l'homme sorti du bagne; d'où il suit qu'il n'y a pas lieu de tant se préoccuper de la catégorie à laquelle les libérés appartiennent. C'est de l'influence que l'expiation a exercée sur leur esprit et sur leur âme qu'il faut s'inquiéter et non pas de la nature de leur condamnation.

Les mœurs des détenus élargis par suite de l'expiration de leur peine ne portent pas l'empreinte d'un caractère particulier, comme plusieurs per- 1. 17

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