CHAPITRE I
Recherches faites par l'administration pour essayer de déterminer la force effective de cette classe. — -Elémens dont celle-ci se compose. — Impossibilité de les répartir tons dans des catégories distinctes. — Ces catégories telles qu'elles existent , ne sont que nominales. — Quel peut être le chiffre de certaines catégories envisagées privativement? — Quel peut être le chiffre d'autres catégories estimées ensemble? — Détails statistiques sur les individus qui n'ont pas de moyens d'existence assurés , et qui ne se livrent pas à des professions utiles. — Sur les filles publiques, leurs amans .et souteneurs, et sur les maîtresses de maisons de prostitution. — Sur les vagabonds et sur ceux qui vivent du produit d'industries illicites ou criminelles.
L'administration a essayé plus d'une fois de connaître la force effective de la classe oisive, errante et dépravée, de cette partie de la population qui, à Paris comme dans les autres grandes villes, forme le foyer de ce qu'il y a de plus abject, de plus corrompu et de plus dangereux pour la société. Ses efforts ont toujours été infructueux , c'est-à-dire qu'elle n'a jamais pu atteindre complètement les élémensde cette
classe mobile et mystérieuse; elle a voulu diviser ces élémens en catégories, pour arriver au but qu'elle se proposait; mais elle n'a pas tardé à s'apercevoir que la plupart de ces catégories, distinctes en apparence, étaient de fait absolument nulles.
On admet généralement que les élémens dangereux de la classe vicieuse sont les joueurs, les filles publiques, leurs amans et souteneurs, les maîtresses de maisons de prostitution, les vagabonds, les fraudeurs, les escrocs, les filous et voleurs, les voleuses et les receleurs. Les vices dominant chez les individus désignés sous ces diverses qualifications sont la paresse, le jeu, l'intempérance, la débauche, et en général toutes les passions basses et immorales. Le mobile qui les fait tous agir dans leurs méfaits est la cupidité.
Il est un certain nombre de ces individus qui exercent avec habileté des professions utiles, et qui seraient assez énergiques pour se livrer à un travail soutenu, s'ils étaient encouragés par de bons conseils, et s'ils savaient mettre un frein à leurs passions. Mais le travail, qui pourrait aider à la réforme de leur nature morale, ils en usent comme d'un instrument propre à fournir des alimens à leurs désordres. Vivant dans un état d'excitation continuelle, ils finissent par prendre en aversion toute espèce
de règle, de contrainte et d'habitudes laborieuses, et ils se précipitent dans la carrière du crime.
La fainéantise et l'activité vicieuse, quoique extrêmes par leur nature , se touchent dans leurs effets : elles aboutissent toutes deux au crime.
Les individus composant la classe dangereuse ne prennent conseil pour exercer des industries illicites ou criminelles que des circonstances où ils se trouvent, et de l'incandescence de leurs passions. Ces industries ne sont, en général, pas plus familières aux uns qu'aux autres; elles sont la ressource de tous et de chacun. Ainsi le même individu peut être tout à-la-fois joueur, souteneur, fraudeur, escroc, filou et voleur. Une fille publique peut associer à sa qualification de prostituée celle de voleuse ou de receleuse. Le receleur peut être escroc en même temps. Il y a donc nominalement des catégories; mais rien n'empêche que la même personne ne fasse partie de plusieurs; et, dès-lors, plus de limites qui séparent les catégories entre elles; plus de précision dans les notions numériques. Yoilà pourquoi des catégories distinctes et exactes, sous le rapport statistique, me paraissent impossibles, aussi bien qu'à l'administration.
Toutefois , en prenant ces difficultés en considération, il n'est pas sans intérêt de rechercher quel
peut être le chiffre de certaines catégories, envisagées privativement, ou celui d'autres catégories estimées ensemble, faute de données suffisantes pour les constituer séparément les unes des autres. C'est vers ce but que nous avons dirigé nos efforts. La population dangereuse se recrutant principalement, commenousTavonsditen commençant, dans le sein delà classe pauvre , les joueurs qui appartiennent à cette classe doivent être des hommes dangereux par cela seul qu'ils sont maîtrisés par lafuneste passion du jeu. Il serait donc utile de pouvoir en assigner le nombre, mais la difficulté est d'y parvenir. Cette difficulté est d'autant plus grave qu'il faudrait joindre au nombre des joueurs proprement dits celui des malfaiteurs dominés aussi par la passion du jeu, et qui, pour la satisfaire, se livrent à toute espèce de déprédations. Or, comment déterminer ce nombre? Tout ce qu'on peut affirmer, c'est que le jeu est une des passions qui régnent avec le plus d'empire sur les individus composant la population suspecte de vivre de rapine et de vol, et qu'en connaissant , par les aperçus que nous fournirons tout-a-1'heure, les chiffres qui peuvent donner la mesure de la force de cette population, il sera loisible à chacun d'asseoir des conjectures plus ou moins approfondies sur le nombre de joueurs qu'elle renferme. Un
partie de ces aperçus représentant les joueurs de profession en même temps que ceux qui exercent des industries illicites ou criminelles , on pourra aussi en déduire le nombre probable des premiers.
A cette catégorie de joueurs, il faut en joindre une autre , d'autant plus dangereuse qu'elle a coutume de céder bien moins à l'empire de la passion qu'aux excitations de la convoitise et de la perversité. Elle se compose d'individus appartenant aux classes aisées de la société et habiles dans l'art de feindre et de tromper. Ces individus, dont l'unique métier est d'abuser de la bonne foi et de la loyauté des joueurs, honnêtes gens, ne doivent pas être au-dessus de ioo. Ils sont de la famille des escrocs , mais , par la politesse et la recherche de leurs manières , ils sortent de la foule des joueurs, qui, dans les billards, les cafés , les estaminets et les cabarets , font tous les jours de si nombreuses victimes. Du reste, ce chiffre de ioo n'est énoncé ici que pour mémoire; il se trouve compris dans celui des escrocs et des voleurs, qui sera posé ci-après.
Les filles publiques se divisent en deux classes distinctes : les filles inscrites sur le registre de la préfecture de police , et les filles insoumises ou non inscrites.
Les filles enregistrées forment deux catégories
particulières : les filles isolées ou libres , et les filles dites de maisons.
Les filles isolées sont celles qui habitent des chambres garnies ou qui occupent des logemens, dont les meubles leur appartiennent ; elles forment ordinairement les deux tiers des filles inscrites.
Les filles de la seconde catégorie sont celles qui demeurent dans les lieux de prostitution autorisés sous le nom de maisons de tolérance.
On appelle insoumises les filles qui , n'ayant pas été inscrites, se livrent clandestinement à la prostitution.
Au ier juillet i836, le nombre des maisons de tolérance était de 186.
Celui des filles inscrites s'élevait à 3, 800.
On estime qu'il y a à-peu-près 4,000 filles insoumises. Sur ce nombre, il y en a 2,000, que l'on porte ici seulement pour mémoire, attendu que ce dernier chiffre se trouve compris dans celui de i4,ooo mentionné à la fin du 1 "chapitre du titre Ier. Ijes agens de police arrêtent habituellement un douzième de ces filles par an, pour les contraindre à se faire inscrire, dans l'intérêt de la santé publique.
Parmi les filles publiques inscrites, il en est un certain nombre appartenant à des pays étrangers; elles sont, par rapport à la masse, dans une pro-
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portion de i sur 20 environ. Paris et sa banlieue y comptent pour un quart; le surplus est fourni par les départernens, dont le contingent décroît en raison de leur population et de leur éloignement; si on excepte quelques départernens manufacturiers du nord et quelques villes de garnison, l'on ne désigne pas de localités qui alimentent le libertinage plus particulièrement que d'autres, comme cela existe à Londres , où la malheureuse Irlande, décimée par la misère, au profit de la débauche, envoie un si grand nombre de prostituées, qu'il est hors de toute proportion avec les contingens fournis par les autres parties de la Grande-Bretagne.
Chaque fille publique ayant un amant ou un souteneur, selon le degré de son éducation et la classe d'individus qui la fréquente, nous admettrons qu'il existe autant d'amans ou de souteneurs qu'il y a de prostituées , c'est-à-dire 7,800.
Quant aux femmes qui tiennent des lieux de prostitution, il faut distinguer entre celles qui sont avouées ou plutôt tolérées par l'administration, et celles bien autrement dangereuses qui agissent dans l'ombre , pour se soustraire à l'action de l'autorité.
Le nombre des premières est le même que celui des maisons de tolérance; il n'est pas en mon pouvoir de déterminer d'une manière certaine le nom- 1. 4
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bre des secondes, mais je suis porté à croire, d'après mes informations , que ce nombre est égal à celui des maîtresses de maisons pourvues d'une tolérance. Ainsi j'évalue à 372 le total de cette catégorie.
Les motifs qui nous ont empêché de déterminer le nombre des joueurs s'opposent également à ce que nous fixions celui des vagabonds , car cette dernière qualification s'applique plus encore que la première aux divers élémens de la classe dangereuse. Le vagabond , étant le type originel de toutes les puissances du mal , se rencontre partout où l'on exerce des industries illicites ou criminelles; il en est l'artisan né.
Cependant, un semblable point de vue étant trop général, il nous a paru convenable de restreindre l'application du mot vagabond à cette partie de la population pauvre qui végète dans les grandes villes, et qui touche à l'état de mendicité par son existence précaire. Nous comprendrons en conséquence sous la notion du mot vagabond et les adultes qui peuvent entrer dans notre définition, et ces enfans déguenillés qui, privés de leurs parens ou délaissés par eux , ou ayant déserté le toit paternel roulent sur les principaux points de Paris , vivant du produit de quelques commissions assorties à leur Age,
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ou d'aumônes furtivement demandées, ou de la pratique de petits vols. Nous estimerons le chiffre de ces deux sortes de vagabonds à i,5oo. Ce chiffre pourra paraître trop peu élevé au premier abord, eu égard à la multitude d'enfans qui affluent habituellement sur les marchés et les boulevards, mais, si l'on veut bien considérer que je n'ai énoncé que le nombre de vagabonds compris dans le sens strictement légal du mot , on jugera peut-être que je ne suis pas resté au-dessous d'une estimation raisonnable.
Dans l'impuissance où se trouvent l'administration et la statistique d'assigner le chiffre partiel des groupes d'individus qui subsistent de fraude et de vol, nous essaierons d'estimer en bloc celui de la masse tout entière, ce qui nous paraît d'autant plus rationnel, que les différens groupes qui la composent, représentent autant de variétés du même genre de crime. Nous aurons l'occasion de faire connaître cette estimation dans les détails qui vont suivre :
Parmi les individus dont se compose la classe dangereuse, il en est bon nombre qui n'ont ni feu ni lieu, ils sont les hôtes accoutumés de ces misérables repaires ouverts à tous venans dans les quartiers les plus pauvres et dans les rues les plus dégoûtantes de la capitale. Le pris qu'on paie dans ces réduits,
est de deux sous à cinq sous par nuit. Les logeurs qui les tiennent sont de deux sortes : les uns ne logent qu'à la nuit, et c'est le plus petit nombre; les autres reçoivent des locataires aussi bien à la nuit qu'à la semaine, au mois et même à l'année. Le nombre de ces garnis, les plus infimes de tous , s'élevait au i" juillet j 836 à 243; ils contenaient ensemble une population d'environ 6,ooo locataires ou soit i[\ individus par maison. Les femmes, se livrant à la prostitution ou au vol, y entraient pour un tiers.
11 est à remarquer que le chiffre de ces maisons qui composent la quatrième et dernière classe des maisons garnies décroît chaque année au profit des classes supérieures : ainsi le ier juillet 1 834, Paris comptait 327 logeurs de cette catégorie et en 1 835, sous la même date, 261 seulement. La comparaison de ces deux nombres à celui de 243 ci-dessus mentionné et qui se rapporte à i836, établit clairement une progression décroissante, ainsi que nous l'avons annoncé. Or, si l'on considère, d'un autre côté que toutes les autres classes des maisons garnies offrent un accroissement sensible, il est permis de conclure de ces mouvemens contraires que la classe pauvre va s'améliorant sinon au moral au moins au physique et peut-être sous les deux rapports à-la-fois.
Les individus qui nous occupent ne demeurent
pas exclusivement dans les garnis, dont mous venons de faire connaître la situation; beaucoup d'amans ou de souteneurs de prostituées cohabitent avec leurs maîtresses, soit qu'elles logent en garni ou dans leurs meubles, enfin nombre d'escrocs, de filous et de voleurs parviennent à s'introduire dans des garnis bien famés au moyen de livrets en règle, car plusieurs d'entre eux sont en état d'exercer des professions utiles; là, ils vivent au milieu d'honnêtes ouvriers, tant qu'ils ont le moyen de payer leur loyer et qu'ils mènent une bonne conduite; mais dès que leurs habitudes vicieuses viennent à percer et qu'ils cessent d'acquitter exactement le prix de leur location, ils sont renvoyés.
Les plus avisés et souvent les plus dangereux s'efforcent d'établir leur domicile dans des maisons particulières. Ils s'y montrent bienveillans, polis, rangés et se comportent de manière à faire certifier au besoin leurs bonnes mœurs par leurs voisins. Cette manœuvre est en outre un moyen d'obtenir des témoins à décharge, lorsque le mas'que sous lequel ils se cachent leur est enfin arraché et qu'ils se trouvent en face de la justice. 11 en est de même d'une grande partie des voleuses.
On est porté généralement à croire que les escrocs, ainsi que les filous et voleurs qui logent en garni ,
changent de gite toutes les nuits afin de tromper la vigilance de la police. C'est une erreur, l'usage de ces sortes de gens, à moins qu'ils ne soient réduits à la dernière misère, est de demeurer dans un garni pendant une quinzaine ou une semaine, dont ils paient le loyer d'avance sauf à renouveler leur courte location ou à se transporter ailleurs s'ils le jugent à propos? plusieurs y séjournent pendant trois ou quatre jours, seulement ils disparaissent pour faire quelque expédition hors ou dans Paris, puis ils reviennent dans leur demeure accoutumée, la quittant ou la reprenant selon les occurrences. Ils ont d'ailleurs, la ressource de changer de nom, ressource dont ils usent fréquemment et presque toujours avec l'appui secret des logeurs.
La police exerce une surveillance très active sur tous les lieux fréquentés par les filous et les voleurs de profession et en particulier sur les garnis où ceux-ci ont coutume de passer la nuit; néanmoins cette surveillance tend plutôt à connaître le lieu de leur demeure habituelle pour pouvoir les atteindre, en cas qu'ils soient prévenus d'un délit ou d'un crime qu'à éclairer leurs pas chaque jour , ce qui serait impraticable. Tant qu'il n'y a pas matière à poursuite dans les actions de l'homme soupçonné de fraude et de rapine, l'administration ne peut rien
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contre lui. Ils se défient l'un de l'autre et s'observent mutuellement; mais ces rapports ne se révèlent par aucune démonstration directe ni offensive. Un tel homme n'aurait donc pas de raison pour changer constamment de demeure, car il ne parviendrait pas à se soustraire à l'œil de la police qui suit avec une attention particulière sur les registres des logeurs le mouvement des individus reçus dans ces sortes de garnis et dont elle relève et conserve les noms.
Ce n'est que lorsque la police a recueilli, sur un fait qualifié crime ou délit, des présomptions suffisantes pour autoriser des recherches et des poursuites contre l'homme entaché de suspicion, ou ses pareils, qu'elle met ses agens en quête. De ce moment, et seulement alors, averti soit par le logeur, soit par ses complices s'il en a, soit par ses connaissances, l'individu recherché fuit de retraite en retraite, jusqu'à ce qu'il ait pu se dérober aux recherches dont il est l'objet, ou qu'il tombe sous la main des agens chargés de l'arrêter.
Dans un pays comme le nôtre où la loi seule règne, les malfaiteurs n'ont que trop de chances d'impunité. Tout conspire à les servir :1a douceur de nos mœurs, qui ne nous permet de voir dans cette classe que des malheureux condamnés à disputer
leur liberté ou leur tête aux rigueurs de la justice, en telle sorte que nous paraissons assister à cette lutte comme des témoins désintéressés; l'humanité de nos lois, qui interdit aux agens de la force publique d'enchérir sur les mesures de sûreté prescrites contre les ennemis de la société; enfin la discrétion extrême des logeurs, qui, pour ménager leurs intérêts autant que la réputation de leurs maisons, repoussent loin d'eux tout soupçon de recevoir sciemment des individus hostiles à la paix publique.
Il résulte des détails dans lesquels nous venons d'entrer, qu'une partie de la classe dangereuse, et c'est la partie la plus considérable, n'a pas de domicile fixe, mais que la mobilité de son séjour dans les garnis a des temps d'arrêt plus ou moins longs, selon les circonstances où elle se trouve.
La portion de cette classe qui demeure dans des maisons particulières se compose de souteneurs, de fraudeurs logeant avec leurs familles dans le voisinage des barrières, ainsi que des escrocs, filous, voleurs et voleuses dont nous avons fait connaître plus haut les manœuvres et les calculs. Le nombre de ces derniers élémens de la classe dangereuse, et des fraudeurs, peut être estimé à 8,000.
Il nous reste à parler des receleurs. Ceux-ci, ayant
intérêt à cacher leur funeste métier, s'efforcent de le déguiser sous les apparences les plus trompeuses ; en sorte qu'il serait difficile d'en assigner le chiffre avec quelque certitude; mais il est à présumer que ce chiffre ne doit pas être moindre de 600.
Ce nombre vient clore l'ignoble catalogue de la classe dépravée et dangereuse de la capitale. Il a été dressé à l'aide de renseignemens, dont plusieurs sont certains et irrécusables, ainsi que l'on peut s'en convaincre en remontant à la source officielle, qui est la préfecture de police. Les antres documens ne sont que des approximations établies d'après de nombreuses recherches et des aperçus soumis à des hommes spéciaux, appartenant par leurs fonctions à la police administrative ou active. Ces aperçus ont été jugés aussi vraisemblables que peuvent l'être des aperçus créés sur de simples suppositions. Les chiffres qui résultent de ces derniers documens sont ceux qui se rapportent aux filles publiques insoumises, aux maîtresses de maisons de prostitution clandestines, aux vagabonds, fraudeurs, escrocs, filous, voleurs, voleuses et receleurs. Quoique le chiffre des amans et souteneurs de prostituées ne soit aussi que le produit d'une approximation, cette approximation est bien voisine de la vérité, si l'on