‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes (volume 2)Chapitre 86 sur 337 · SALAIRE DES OUVRIÈRES. PATRONAGE · texte numérisé non relu

SALAIRE DES OUVRIÈRES. PATRONAGE

qu'il serait plus convenable de m'occuper de ce sujet si intéressant dans le chapitre où il sera question de l'éducation ; car, pour les enfans , même pour ceux de la classe la plus pauvre , l'éducation , c'està-dire le développement du corps et des facultés morales 9 est un point non moins important que le salaire , s'il ne l'est davantage.

Les conditions des ouvrières dans l'industrie, est pire encore que celle des ouvriers. Non-seulement elle est bouleversée par les commotions périodiques qui atteignent comme un véritable fléau la masse entière des travailleurs , mais elle est à peine soutenue dans les temps calmes par le modique salaire formant la seule ressource des femmes qui vivent du produit de leurs mains.

Les ouvrières gagnent de i fr. à i fr. 5o c. par jour ; celles qui sont en position d'arriver à ce dernier salaire forment le plus petit nombre , quoique la journée du travail soit de douze heures. Nous répéterons ici ce que nous avons dit ailleurs. Quelque frugale que soit la vie d'une femme, quelque modestes que soient son loyer et son entretien, est-il possible qu'avec ce mince revenu, exposée qu'elle est à la suspension ou aux variations du travail, elle parvienne à subsister et à pourvoir à ses dépenses les plus nécessaires, sans s'imposer des privations?

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