‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes (volume 2)Chapitre 91 sur 337 · ENCOURAG. A DONNER A TOUTES LES INDUSTRIES · texte numérisé non relu

ENCOURAG. A DONNER A TOUTES LES INDUSTRIES

offrir un aliment à l'activité bouillante et infatigable des peuples.

Nous n'aurons garde, quant à nous, d'entrer dans ce système de primauté et de préférence. Si les gouvernemens doivent s'attacher à un système, c'est dans notre opinion à celui qui favorise tous les genres de travail et qui tend à refréner les passions par le complet développement des facultés productives, dans quelque genre d'activité que ce soit. En France, d'ailleurs, la nécessité de cette tendance est indiquée par l'inconstance naturelle des esprits et par l'état présent de nos mœurs qui grâce aux progrès de la civilisation, honorent de plus en plus le travail et ont effacé jusqu'aux derniers vestiges de ces dérogeances frivoles qui ont fait peser sur lui pendant si long-temps les préjugés les plus funestes.

Au lieu d'opposer l'une à l'autre, l'industrie manufacturière et l'industrie agricole, comme des rivales ou comme des ennemies, il faut les rapprocher et les unir comme des sœurs, et les exciter à se servir mutuellement. Elles sont soumises toutes deux à des chômages et à des crises qui ralentissent, interrompent le cours de leurs travaux ou qui apportent des troubles graves dans leur propre existence; mais la première est plus sujette encore que la seconde à ces vicissitudes, à ces commotions, et comme elle em-

DES GOUV. COMME RÉGULATEURS DE L'iNDUSTRIE. 36 1

ploie de plus grandes masses d'individus, ses crises alarment la société, parce qu'elle en ressent en même temps le contre-coup et le danger.

L'Angleterre et l'Amérique septentrionale étant plus exposées qu'aucune autre nation à ces accidens et à ces convulsions redoutables de l'industrie manufacturière, les classes riches et aisées se sont émues à la vue d'un état social troublé par intervalles jusque dans ses fondemens, et assujetti même durant les jours calmes à des suspensions de travail, qui obligent les classes ouvrières à vivre de privations. La presse périodique dans les deux pavs, et surtout en Angleterre, a étudié avec soin, les causes de ces perturbations; elle a essayé d'indiquer les remèdes qui lui paraissaient les plus efficaces , et plusieurs écrivains ont mis en tête de ces remèdes l'intervention des gouvernemens comme conseils et comme régulateurs.

Cette idée, spécieuse au premier abord , serait fertile, suivant nous, en une foule de difficultés dans l'exécution. Les spéculations de l'industrie manufacturière ont toujours quelque chose d'aléatoire, à cause de la diversité des évènemens qui peuvent en entraver le succès. Ceci est vrai principalement des opérations qui doivent être consommées sur les marchés étrangers. Ne serait-ce pas trop présumer

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