‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villesChapitre 11 sur 93 · MOYENS DE LOGER LES ENFANS DEMEURANT · texte numérisé non relu

MOYENS DE LOGER LES ENFANS DEMEURANT

mens ne dussent avoir leur titre dans un acte législatif : ce principe d'administration est élémentaire. La loi à intervenir pourrait être formulée en peu d'articles; elle conférerait aux préfets, sauf la délibération préalable des conseils généraux , le droit de réglementer sur Fàge d'admission des enfens dans les fabriques, sur la durée du travail et sur la répartition du temp# entre ce dernier et les exercices scolaires^ sur les veilles et, au besoin^ sur les moyens de loger les enfans dont le domicile est trop distant de l'emplacement de la fabrique.

Cette dernière question demande qu^ques éclaircissemen^. L'enquête ordonnée par M. le ministre du commerce, et les débats occasionés dans les deux chambres par la pétition de la société industrielle de Mulhouse, ont révélé que, parmi les enfans employés dans les manufactures, il y en avait un certain nombre qui étaient contraints , chaque jour et en tout temps, de parcourir des distances considérâbles pour se rendre au lieu de leur travail ou pour ' regagner la demeure de leurs parens. Le parcours de ces distances soumet des^enfans de sept à huit ans à une marche de deux lieues par jour, au milieu des champs et des vallées^ malgré les intempéries de chaque saison. Leur situation a touché non-seulement les honorables fabrii:âns qui ont signalé cette

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dure extrémité aux deux chambres^ mais les membres eux-mêmes de la législature.

Par quel remède peut-on espérer d'affranchir de malheureux enfans, fatigués déjà par un travail prolongé, d'une obligation aussi pénible?

Il me semble que ce remède est facile : on le trouverait dans des dispositions législatives et réglementaires qui porteraient qu'en cas où les enfans d'une manufacture logeraient hors de la ville où cette manufacture serait située et à une certaine distance , le chef de l'établissement serait astreint à y héberger ces enfans ou dans des bâtiméns qui en dépendraient. La loi oblige les propriétaires d'établissemens dangereux, insalubres ou incommodes, à des précautions déterminées, pour ne pas compromettre la sûreté publique. Les actes d'autorisation qui leur sont délivrés contiennent le détail de ces mesures de précaution, qui tendent même à préserver les voisins de toute incommodité sérieuse. Pourquoi les fabricans ne seraient-ils pas assujettis à des mesures analogues dans l'intérêt des enfans occupés dans leurs ateliers?

Le rapport d'enquête cite un usage en vigueur à Dortan (Ain) , d'après lequel on accorde aux enfans des manufactures, outre un salaire de 35 à 75 centimes, le logement et la nourriture, lorsque

ZfO USAGES 1>1V£AS

les parens souscrivent pour eux un engagement de travail de plusieurs années. L'auteur du rapport suppose, avec raison, que cet usage doit exercer une heureuse influence sur Tétat moral des enfans. Pour moi, j'y vois non-seulement une garantie de bonnes mœurs, mais la source d'un bien-être inconnu à tous les enfans qui ont le malheur d'appartenir à des parens étrangers aux habitudes d'ordre , de propreté et d'économie. A Paris, un usage sem-* blable s'est introduit, non pas chez les grands fabricàns, mais parmi les chefs d'atelier travaillant dans leur propre logement, soit pour leur compte, soit pour le compte d'autrui. Leurs apprentis qu'ils gardent à demeure pour la plupart sont en général dirigés suivant les principes d'une exacte justice. La discipline y est douce, mais ferme, et cette fer* meté est continue; ce qui n'existe pas dans la famille où la fermeté ne se produit que par accès, et fléchit sous des considérations ou des sentimens qui en neutralisent presque toujours les avantages.

Nous n'avons envisagé jusqu'ici le sort des enfans que dans les fabriques, c'est-à-dire dans les grands centres de travail. Mais la fabrication a des formes diverses comme toutes les branches d'industrie. Il y a des villes industrielles où les grandes collections de travailleurs sont rares, et où Ton fabrique par

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