‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villesChapitre 12 sur 93 · SUR LE LOGEMENT DES APPRENTIS · texte numérisé non relu

SUR LE LOGEMENT DES APPRENTIS

petits groupes et par ateliers distincts : témoin ', Avignon, Nîmes, Lyon, Saint-Étienne. On s'est demandé comment il serait possible d'inspecter tous ces petits ateliers pour y assurer l'exécution des réglemens projetés. On le pourrait tout aussi bien qu'on le peut à l'égard d'une foule de maisons de commerce soumises à des inspections périodiques et imprévues. De ce nombre sont les maisons des orfèvres et bijoutiers, pour la vérification de la marque dite de garantie ; des droguistes, pour l'examen de Ja qualité des substances mises en vente; des marchands de comestibles, et une foule d'autres établis» semens que je me dispense de rappeler.

La loi et les réglemens d'exécution que l'on réclame existent déjà en Angleterre et en Prusse. Le bill relatif au travail des enfans dans les fabriques paraît être en pleine activité dans les principaux districts manufacturiers de l'Angleterre, selon le rapport des inspecteurs. Non-seulement le bill actuel est exécuté dans toutes ses prescriptions, quelque limite qu'elles apportent au travail des enfans , mais bien loin d'affaiblir la rigueur de ces prescriptions, il est question de consolider ce qui est, par un nouveau bill où l'on mettra à profit les lumières qu'une expécience de cinq années a permis de réunir, (i) .

(t) Moniteur déjà àxé^ page 991, i!' suppî;

43 MOYENS DE BECONKAITRE l'aPTITUDE PHYSIQUE

La Prusse n'est pas aussi avancée que l'Angleterre, puisque l'acte législatif qui règle le travail des enfans des manufactures ne date que des 9 mars et 6 avril iSSg (i). Toutefois elle nous a devancés dans la solution d'une question qui nous intéresse à un plus haut degré qu'elle, si l'on en juge par l'état et l'importance de notre industrie manufacturière. Dans les deux pays, on a fixé un minimum d'age^ égal pour toutes les zones de chacun d'eux , parce que la constitution atmosphérique de l'un et de l'autre n'offre pas les différences tranchées que présente la France, et que l'aptitude de l'enfant aux travaux des manufactures y est la même au nord comme au midi ; ce qui n'a pas lieu chez nous, où l'enfant du midi est en progrès de deux ou trois ans sur celui du nord.

L'aptitude de l'enfant aux travaux de fabrique ne doit pas être appréciée seulement d'après son âge, mais aussi d'après sa complexion physique. Sous ce dernier rapport, je n'aimerais à m'en rapporter, quoiqu'il y ait des avis contraires, ni à la sagesse des parens, ni à l'intérêt des fabricans; car les uns pourraient être mal conseillés par le cri du besoin, et les autres par le laisser-aller de la cupidité. Nul, plus que l'enfant du pauvre , n'a droit dans la société d'être protégé contre les abus de la force; le pou-

(i) Foy, aux pièces jusliûcatives, n9 i, la traduction de ce règlement.

DES ENFAKS AUX TRAVAUX DE FAJSRIQUfi. 43

voir social, je le dis avec regret mais avec vérité, est son meilleur appui. Je souhaiterais donc que sa ca« pacité de travailler dans tel ou tel grand atelier fut reconnue, non pas par un seul médecin, mais par un conseil de révision établi dans chaque foye^ d'in* dustrie, et composé du maire ou d'un adjoint pré* sident, et de deux membres pris dans le sein du conseil municipal. Il y aurait plusieurs médecins désignés pour assister ce conseil. Ces médecins seraient appelés tour*à-tour, d'après la désignation qui serait faite par l'autorité municipale. Un conseU ainsi composé, exclurait l'idée de toute surprise et de tout abus, et son intervention serait préférable à la coutume anglaise, qui place le pouvoir de déclarer l'aptitude de l'enfant dans les mains d'un médecin sans contrôle. Cette coutume, qui a donné lieu à des par j ures sans nombre chez les Anglais , produirait infailliblement chez nous les mêmes inconvéniens.

Nous avons fait connaître ci-devant que tous les notables commerçans formant les chambres de commerce , les chambres consultatives et les conseils de prud'hommes, avaient itoanimement exprimé le vœu que les en&ns ne pussent être admis dans une manufacture qu'après avoir fréquenté les écoles élémentaires pendant un certain temps. Le but de ce

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