I08 CLASSES DU SOIR POUR LES ADULTES
qui les dirigent prennent soin d'y mêler des instructions morales*
Les frères ont compris que ces instructions, destinées à des élèves dont la plupart sont parvenus à rage d'homme, doivent avoir un tout autre caractère que celles que le prêtre adresse aux fidèles réunis dans les temples; et que cette distinction, utile dans tous les temps, est indispensable aux époques de tiédeur religieuse. L'indifférence qui éloigne le grand nombre de la pratique des exercices de piété n'agit pas moins sur les classes illettrées que sur le reste de la société. Le mal étant universel, il était sage , au moins dans les écoles, de baser les instructions sur la morale évangélique, ou, ce qui est la même chose, sur la philosophie chrétienne. Cette manière simple et non mystique d'enseigner la morale a produit sou effet naturel sur les élèves. La prévention , dans des esprits incultes et ombrageux, a fait place à la curiosité, à l'attention. Le langage de l'instituteur religieux ressemblant à celui d'un moraliste indulgent et affectueux, les élèves ont goûté non-seulement les vérités morales éparses dans les leçons ordinaires, mais les allocutions qui leur étaient adressées les jours de paie, et qui avaient pour objet de les prémunir contre des amusemens grossiers et ruineux. Ils prennent part à la prière qui ouvre et termine le