‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villesChapitre 31 sur 93 · CONSTRUCTIONS A FAIRE · texte numérisé non relu

CONSTRUCTIONS A FAIRE

vidusquiappréoîeraientruUlité d'une habitation saine et à bon marché , et qui ne seraient pas toul-à-fait iiklifférens aux lois de l'honnêteté publique,

£n définitive y je me persuade que les concurrens ne manqueraient pas pom* solliciter la location de ce» logemens si rares aujourd'hui et que. les. sockêtés intéressées a'éprottveraient que l'embarras du choix. Lorsque des gens de bien s'imposent la noble tâche d'introduire ou de conserver les bonnes mœurs parmi le peuple ^ ils dcHvent mettre en honneur foutes les babitqdes qui les constituent et repousser celles qui les dépravent. Un des moyens les plus propres à atteindre ce but^ serait^ je n'en puis douter, la propagation de l'idée fondamentale du projet que je viens d'indiquer et l'application rigoureuse des conditions exigées pour être admissible dans

les maisons créées par ce projet. Je me suis d'autant plus attaché à l'espoir d'en réaliser l'exécution, qu'il porte avec lui un caractère de bienfaisance, qui^n'a rien d'humiliant pour ceux en faveur desquels il a été conçu.

Combien de vieillards riches et isolés, voudraient attacher leur nom à une œuvre si morale et si élevée ! L'hôpital reçoit l'honnête ouvrier comme le vagabpnd, et ce mélangé inévitable a quelque chose qui attriste le philanthrope, tandis que iles maisons

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qu'il s'agit de fonder, seraient^es asiles ouverts par prif ilège à de pauvres familles d'ouvriers et d'arti»sans honorables par leur probité et la régularité de leurs jnoeors. (i)Gesfo«datioiisopposée»aax fondations hospitalières, contribueraient à faire renaître Tesprit dm fiunfllo dans^ le sein des classes laborieuses^ en méoM tompa qu'elles diminueraient à la longue ks charges que les villes s'imposent pour fentretieii des hospices.-

La population ouvrière est ai nombreuse à Paris que -dans f toutes les hypothèses on ne saurait espérer de pourvoir, k l'aide des éiablissemens projetés, qu'à «le £iible partie de ses besoins. Le concours de rindustrie pai^cuHère serait donc ittdi^)«nsabl^ et dès-lors il importe de chercher à perfectionner ce concomv»

La loi du !à% juillet 1791, en déterminant tes règles de la police mrunidpaie, a soumis (art. S) les au-

(x) Foy, Lettre sur la question de savoir s'il est mieux de réunir les vieilhrds dans les hospices , ev de les placer en pension à la campagne. -» Note lelalive à qudkpies eoBditions que doiient présenter les hâpitaii» destinés à des individus âgés de plus de 60 ans et infirmes (annales d'kygièite publique^ t.yn, p. a 18 ^ t. ne, p. agô). Ce dernier mémoire a été rédigé par Parent- DuehâMlet, à roeoaskm d^ feg» de^qiiaf^ AiîllioM', fait àfadnribistratîottdlGrs hai|kes de faris» par M. Bmait^y anfeieurfeadeur » l^ouv Ift «onalriiefioii el l'entretien d'un établissement de ce genre, destiné à recevoir trois cents ou« Vriers.

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hergistesy maîtres d'hôtels garnis et logeurs à l'obligation de tenir un registre, côté et paraphé par le commissaire de police, pour l'inscription de toutes les personnes qui coucheront chez eux, même uue seule nuit.

Le Code pénal a reproduit cette disposition (art. 475). Mais en ajoutant beaucoup de contraventions nouvelles à l'énumération de cas prévus par la loi organique , il n'a prescrit aucune mesure pour assurer la salubrité des logemens garnis.

L'ordonnance de police du i5 juin i83a a sagement étendu l'application de l'article lijS du Code pénal , à tous les individus qui exercentla profession de logeur habituellement ou accidentellement. £He a réussi de la sorte à placer, sous Tinspection de la police, une foule de logeurs clandestins, qui ne louant que des appartemens ou des chambres garnis, affectaient de se croire dispensés des charges et obligations imposées en général à tous ceux qui font métier de loger chez eux des personnes étrangères. Toutefois ^ cette ordonnance s'est contentée de réglementer le régime des logemens garnis , en vue de la sûreté et de la tranquillité publiques; elle n'a rien prescrit touchant la salubrité intérieure de ces logemens. Peut-être l'insuffisance de la législation a-t-elle contraint l'auteur de l'ôrdoimance de

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s^abstenir, à cet égard, de toute prescriptioo qoi aurait eu pour résultat d'eotraver l'usage du droit de propriété. Je ne saurais, eu effet, assigner un autre motif au silence qu'il a gardé sur une question aussi importante ; mais cette lacune toute forcée qu'elle puisse être , n'en est pas moins fôcheuse, en ce qu'elle laisse sans remède un état de choses très nuisible à la santé, des habitans des logemens garnis , et qui pourrait, en cas de réapparition du choléra, augmenter sensiblement son influence meurtrière. Il serait digne d'une sage administration, de préparer dès à présent les moyens capables de prévenir cette dangereuse complication. La tâche est difficile, sans doute^mais pourquoi ne pas l'aborder avec courage, et laisser subsister dans Paris, sans faire aucun effort pour les détruire, tant de foyers d'infection , qui ravalent au niveau des animaux les plus immonijtes les malheureux habitués à y chercher une retraite pour la nuit.

Quoique les logemens qui nous occupent n'offrent pas tous un aspect repoussant, néanmoins ils donnent tous également prise à la critique ; les uns pèchent par Tencombrement des locataires, les autres par le mode de couchage, les autres enfin, par Fàbsence de toute ventilation et même par le dé&ut complet d'air. L'encombrement est l'inconvénient

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qui domine chez tous les logeurs de dernière classe , et qui aggrave le mal résultant des autres inconvéniens auxquels ils sont sujets. Les vingt-cinq à Vente mille ouvriers en bâtimens , qui affluent a Paris chaque année de certains départemens^ se groupent dans des chambréea et y couchent pendant la durée de la camps^ne. Beaucoup de ces chambrées sont tenues par des personnes de leur paya» qui les attirent par leur probité reconnue et par les complaisances qu'îles ont pour eux. Ces chambrées abondent principalement dans le quartier del'Hotel^^e-ville, pour ks maçons , et dans le feubourg Saint-Martin » pour les charpentiers. Ces exceUens ouvrierSf par une exception qui leur est fdw propre qu'à tous autres, ne visent qu'à Téconomie ; ils traitent avec leur& logeurs de manière à ob||;eair pour six francs par mois, outre le logement, le blanchissage d'une chemise par semaine et une soupe chaque jour, dont ils fournissent le pain. Tout ce qu'ils v^ destinent pas à leurs besoins généralement très bornés, est économisé pour le sou*^ tien de leurs iamilles ou raeeroiasement de leur petit patri0K)ine. Les préposés de la police, nous Pavons déjà dit et nous aimons à le répéter, témoignent nna-^ ftimement de l'o4rdre el de k concorde qui régnent dana les chambrées des ouvriers en bâtimens y ainsi

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que de leur bonne conduite au-dehors. N'est«il pas regrettable , que ces braves gens couchent ainsi agglomérés dans de petits réduits. Accoutumés à travailler au grand air, Fétroitesse de leurs logetnens doit leur être plus pénible qu'à tous autres. Aussi , les fièvres typhoïdes sont-elles communes parmi eux, et attaquent-elles quelquefois une chambrée tout entière.

L'encombrement et le mauvais aérage des habitations garnies sont plus pernicieux encore aux ouvriers employés dans les fabriques et les manufactures. Us passent en effet chaque jour d'un logement infect dans un atelier, qui, le plus souvent, n'est pas moins insalubre , et ils se trouvent ainsi prédisposés à contracter aisément des maladies contagieuses.

De toutes les classes pauvres, les chififontiiers spnt ceux qui habitent les logemeos les plus infects et les plus dégoûtans. On a beau descendre dans les derniers rangs de la société, l'inégalité apparaît ton* jours quelque part; les chiffonniers, qui l'eût imaginé, ont leurs notables; ce sont des industriels un peu plus économes, un peu plus rangés que la foule et qui jouissent d'un certain comfort. Les uns, les plus huppés, occupent une ou deux petitescham* bres qu'ils louent pour eux et leurs familles. Les au-

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très possèdent une paillasse qui leur sert de coucher dans la chambrée dont ils font partie ; mais cette possession est plus souvent collective que personnelle et, quoique partagée I elle ne laisse pas encore d'être convoitée par les pauvres hères qui couchent dans des espèces d'auges, sur des chiffons ou sur quelques poignées de paille dont le carreau est parsemé. Les agens de police chargés de la surveillance des logemens ou chambres garnis affectés aux chiffonniers, en font une peinture incroyable. Chaque locataire garde auprès de lui sa hotte qneU quefoîs comble d'immondices, et de quelles immondices! Ces sauvages ne répugnent pas à comprendre dans leurs récoltes des animaux morts, et à passer la nuit à côté de cette proie puante. Lorsque les agens de police arrivent chez les logeurs pour y faire leurs relevés ordinaires ou la recherche de quelque individu suspect, ils éprouvent une suffocation qui tient de l'asphyxie. Ils ordonnent l'ouverture des croisées , quand il y a moyen de les ouvrir , et les représentations sévères qu'ils adressent aux logeurs sur cet horrible mélange d'êtres humains et de mar tières animales en dissolution, ne les émeuvent point. Les logeurs répondent à cela , que leurs locataires y sont accoutumés aussi bien qu'eux. Un trait de moeurs particulier aux chiffonniers, et qu'on

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