‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villesChapitre 37 sur 93 · SUR LES CLASSES PAUVRES. I · texte numérisé non relu

SUR LES CLASSES PAUVRES. I

« nécessaire y la satisfaction de présenter à la repu» a blique le denier de la veuve. » (i)

La motion, qui souleva cette discussion, combattue par la science , et, chose remarquable ! par l'expression la plus terrible du fanatisme démocratique, fut rejetée par la Convention.

Toutefois , l'état révolutionnaire du pays résistait à ce que le pauvre fût imposé. D'ailleurs, de quelle manière Taurait-^il été ? Taxer les objets de consommation , c'eût été décréter la famine , puisque la nation était ruinée, et que nos quatorze armées qui défendaient le sol français contre l'étranger, se battaient à la frontière , sans habits et sans pain. Recourir à l'impôt mobilier et à l'impôt des patentes, le vice des méthodes de recensement et de perception alors en usage ne l'aurait pas permis, sans compter que les forces productives dft l'industrie étaient entièrement paralysées par le malheur des circonstances. Il ne restait donc de ressource au gouvernement que dans l'impôt foncier. La terre étant au pouvoir des riches, et les riches étant un objet de défiance et de haine dans ces*temps de frénésie révolutionnaire , les démocrates forcëÉlés qui menaient la majorité de la Convention, placée comme le public sous le joug de la terreur, firent

(1) Moniteur du ao juin 1793;

l'jG IMPÔT PROGRESSIF.

établir sur la propriété foncière une taxe progressive, (i)

Cette taxe , qui avait pour but non avoué de pressurer le riche , en le réduisant à une mesure de fortune qu'il ne pouvait pas dépasser , fut un impôt de jalousie et non d'équité ; elle eut pour effet de punir toute richesse sans distinction, et cela dans la fausse supposition que tout riche dévore la substance d'un certain nombre de pauvres, ^s oppresseurs de la majorité de la Convention voulaient bien qu'on s'enrichit y mais ils entendaient disposer de la richesse 9 et croyaient traiter généreusement le producteur ou le possesseur de cette richesse, en lui laissant sa pitance du jour ou sa ration. L'impôt progressif, indépendamment de ce qu'il avait d'inique, ne pouvait subsister que comme expédient ^ comme ressource de détresse ; il l'apporta en j 793 le milliard en assignats qu'on en attendait , mais les répartiteurs et les percepteurs mirent en usage tous les moyens de contrainte de cette effrayante époque.

Si la constitution territoriale de la France de nos jours y renferme des élémens d'ordre et de durée, c'est y sans contredit ^ parce qu'elle est favorable à la

(x) Robespierre était à 1^ tête des partisans deTimpôt progressîL

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