‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villesChapitre 55 sur 93 · PARALLÈLE EISTRE LE MALFAITEUR LIBRE · texte numérisé non relu

PARALLÈLE EISTRE LE MALFAITEUR LIBRE

les personnes considérables qui formaient ce conseil avaient pénétré dans le réduit du pauvre avan de visiter les diverses classes de nos prisons, il es* probable que celles-ci n'auraient pas dégénéré en manufactures ou en maisons conventuelles et que le travail aurait tempéré la rigueur de la peine, mais ne l'aurait pas effacée en mettant le détenu à portée de se procurer des douceurs inconnues à la plupart des travailleurs libres et honnêtes. Tant que les visiteurs qui se piquent de réformer notre système répressif passeront sans transition de leurs salons dans les maisons où ce système est mis en pratique, ils seront dans le faux et leur observation ne produira qu'une oeuvre impuissante et factice. Je le répète^ pour que cette oeuvre, soit logique et féconde, il faut que l'investigation descende de la demeure du pauvre dans la maison de force. Le point de départ éclairera le but, et les bons esprits ne seront pas tentés de le dépasser, parce qu'ils verront la réalité à nu et sans illusion.

J'ai opposé jusqu'ici le malfaiteur au nécessiteux, je pourrais sans difficulté l'opposer à lui-même avec non moins d'avantage. De notre temps et dans toutes les classes de la soèiétéj beaucoup de gens ne travaillent que pour jouir. Le malfaiteur,de profession vole pour ne p3s travailler et pour se procurer le

ST LE l^IALFAITEUR PRISONNIER. âSl

jouissances qui, d'ordinaire, île s'acquièrent que par le travail. Chez lui ces jouissances sont presque toujours désordonnées. Aussi, durent-elles peu, et il n'est pas rare de voir un larron coucher à côté du vagabond le plus déguenillé, après avoir dévoré en quelques jours , au jeu, en ripailles ou dans les maisons de débauche, ce qui aurait suffi aux besoins d'un honnête ouvrier pendant une année entière.

Il lui arrive même quelquefois de ne pas avoir assez pour se procurer le grabat de vagabond et d'être contraint de chercher une retraite sous les arches des ponts, dans les bateaux ou dans les carrières à plâtre qui avoisinent Paris. Ceci prouve que la condition du malfaiteur est souvent inférieure à celle du pauvre le plus délaissé et , à plus forte raison, à celle qui lui est réservée dans nos prisons. Du reste le changement d'habitude et de genre de vie coûte peu au malfaiteur . Le hasard est son idole; il s'abandonne avec insouciance au cours des évènemens et cette situation lui sied d'autant mieux qu'il gagne toujours par son métier de voleur, jusqu'à ce qu'il perde tout par sa condamnation. Alors, son pis-aller est de rentrer dans la prison , et cette nécessité lui paraît si peu une peine dans le sens rigoureux du mot que dans plusieurs maisons centrales, on a vu des misérables, au moment de leur mise en

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