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à TenfaDt runiformité de la promenade, je pense, qu'il serait bon de mettre à sa disposition dans le promenoir les jeux les plus propres à sou âge et en même temps les plus simples. Ainsi une balle^ un cerceau, une corde à sauter, des échasses et d'autres jeux semblables lui procureraient tout à-la-fois, une récréation agréable et un exercice salutaire.
Une des questions les plus graves, en matière de détention , c'est le choix des surveillans , qui par la nature de leur emploi sont obligés d'être en contact journalier avec les détenus. En France, comme partout, cette classe du personnel des prisons, classe la plus nombreuse et peut>-être la plus utile, a toujours laissé beaucoup à désirer sous le rapport du caractère, de l'éducation et des mœurs.
Les fonctions de surveillant exigent par leur nature même, de la part de celui qui les exerce, une fermeté soutenue; car son principal rôle est de maintenir les prisonniers dans les bornes de la discipline. Mais cette fermeté serait trop dure et trop repoussante si elle n'était tempérée par quelque souplesse dans le caractère, par quelque bienveillance dans les manières. Le système d'emprisonnement qui nous occupe, en isolant le détenu le réduit à ses propres forces, et ces forces ont pour limite une cellule dout le surveillant e^t le gardien , et pour ainsi dire le
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maître, puisqu'il peut l'ouvrir ou la fermer à volonté. Celui-ci n'est plus en présence d'un groupe plus ou moins considérable de détenus, auxquels il doit imposer par une contenance sévère , mais en présence de ce même groupe, disséminé dans des cellules et "fractionné en autant d'unités qu'il renferme d'indi- ^ vidus. Il est évident, d'après ce rapprochement, que dans le nouvel état de choses , le surveillant doit échanger ses allures sévères contre des allures à-Iafois bienveillantes et circonspectes. Son ministère n'est plus un ministère de défiance et de force, il devient un ministère d'instruction et de réforme, sans dépouiller néanmoins le caractère de contrainte, qui est son principal attribut.
Ces qualités sont désormais nécessaires à tout surveillant dans la pratique de la réclusion séparée, mais elles sont plus particulièrement requises de la part de ceux qui seront préposés à la garde des jeunes détenus. En effet , l'inexpérience de ceux-ci, les misères quelquefois imméritées de leur situation, la fatalité de leur naissance et d'autres circonstances non moins propres à appeler l'intérêt sur leur sort, commandent à leur égard autant d'indulgence que de fermeté.
Cet assemblage de qualités ne peut se rencontrer avec certitude que chez des personnes vouées au rôle
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pénible de surveillant par un sentiment vrai de piété ou d'humanité.
Aussi, parmi les écrivains versés dans la connaissance des prisons, en compte-t-on plusieurs qui ont eu la pensée de confier aux membres d'une congrégation religieuse, celle des frères de Saint- Joseph, la surveillance des enfans détenus > soit par suite de correction paternelle , soit par suite de jugement. A Lyon , la maison affectée aux jeunes détenus est desservie par des frères appartenant à cette congrégation, et qui ne répugnent pas à se vouer aux plus humbles fonctions.
L'institut des frères de Saint Joseph ayant principalement pour objet de former des ouvriers honnêtes et laborieux , le concours des membres de cette congrégation a paru d'autant plus propre aux besoins des prisonniers, que, depuis long-temps, dans nos maisons de détention, le travail est associé à la peine, et que la règle qui gouverne les frères les instruit à être contre-maîtres aussi bien que surveillans et même simples serviteurs dans une maison de ce genre. L*idée de puiser le personnel destiné au service des pénitenciers qui seraient construits selon le principe de la séparation, dans la congrégation dont nous venons de parler, a été combattue par des esprits sages, en ce qui touche les condamnés adultes;
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mais elle a paru digne d'être prise en considération 1 égard des enfans> parce que la détention de ceux-ci est une détention à part et combinée dans des vues d'éducation autant que de pénitence. D'un autre côté, la discipline des maisons de rçforme habitées par des eufans, exige moins d'énergie de la part des surveillans que la discipline des prisons proprement dites, lesquelles sont occupées par des malfaiteurs rusés , audacieux et entreprenans. Le régime cellulaire complet affaiblirait sans doute beaucoup j sous le rapport du maintien . de Tordre , le danger des communications établies entre des criminels et des frères surveillans ; mais il ne le dissiperait pas entièrement, à cause de l'extraction que l'on ferait périodiquement de la personne de chaque détenu du fond de sa cçllule pour l'exercice de la promenade; au lieu que ce danger serait, pour ainsi dire, nul dans un jeune pénitencier. Je ne verrais pas, en conséquence , d'inconvéniens à ce que l'on fît l'essai de ce nouveau personnel pour l'administration des maisons de jeunes détenus, organisées d'après le système de la réclusion individuelle. Je désirerais que les frères fussent investis sous l'autorité d'un directeur laïque, non-seulement du service domestique et du service disciplinaire ^ mais aussi du soin de pourvoir à l'éducation industrielle des en-