CHOIX DES SURVEILLANS
fans et à la surveillance de leur instruction primaire, qui pourrait être dirigée, toutefois, par des instituteurs pris dans l'ordre civil.
Je sais bien que les congrégations religieuses passent pour être peu favorables au gouvernement créé par la révolution de juillet; mais quel poids peut avoir une semblable considération dans le cas supposé? Il ne s'agit pas de leur confier Téducation des enfans de la population honnête : il s'agit de les mettre aux^prises avec les vices de quelques centaines d'enfans nés dans les derniers rangs de la société , et corrompus quelquefois autant par les mauvais exemples de leurs parens que par les désordres d'une vie vagabonde. Si l'on veut propager les idées religieuses, il faut mettre le clergé à même de conquérir l'estime et la confiance du peuple €t de ses adversaires eux-mêmes, par le développement des vertus qui lui conviennent le mieux, c'est-à-dire par le dévoùment à la cause de l'infortune et de l'humanité, et par l'abnégation de tout intérêt temporel. Or, où peut-il mieux pratiquer ces vertus que dans les prisons?
Les craintes exprimées sur l'emploi des frères de Saint-Joseph dans les maisons des jeunes détenus, ne sont pas plausibles ; car , si elles l'étaient , il faudrait , pour être conséquent , ôter aux frères de
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la doctrine chrétienne le droit de s'iinroiscer dans réducation des enfans des classes laborieuses 9 et , à plus forte raison, dans celle des adultes appartenant à ces classes. Toutefois y quel est Thomme de sens qui) dans Tétat actuel de prospérité de l'instruction primaire , se hasarderait à faire une pareille proposition. Ce que nous demandons pour les frères de Saint-Joseph est une mission bien plus obscure, bien plus inoffensive ^ si elle est plus méritoire. La seule appréhension qui me toucherait serait que tous les services de la maison étant concentrés dans les mains de la même congrégation, le directeur , environné de frères ou de prêtres chargés de rinstruction morale et religieuse des enfans, n'éprouvât des entraves dans l'exercice de son autorité. C'est à l'autorité ecclésiastique supérieure à prévenir cette appréhension , en inspirant aux prêtres et aux membres des congrégations qui se destinent au service des prisons , le respect le plus absolu pour les ordres de l'autorité laïque agissant dans les limites de ses attributions. Il est important de façonner les membres du clergé à l'obéissance envers l'autorité civile , surtout lorsqu'ils font partie d'un établissement qui, par sa nature , relève et doit relever de celte autorité. Les maisons de correction et de force sont dan5, ce cas, ainsi que les hôpitaux, les