‹ Des collections séreuses et hydatiques de l'aineChapitre 7 sur 13 · SI · texte numérisé non relu

SI

tement oblitéré. Je ne parle pas, en ce moment, des kystes inguinaux provenant d’anciens sacs herniaires ne communiquant plus avec l’abdomen ; j’aurai à y revenir plus tard.

Les exemples de kystes du cordon contenus dans 1 intérieur du canal inguinal ne sont pas très-lréquents. J en ai ^ cependant rassemblé quelques-uns que je rapporterai à l occasion de leur diagnostic. Je me bornerai à mentionnei les particularités anatomiques qu’ils peuvent présenter.

Us siègent plus ou moins haut dans l’intérieur du caual inguinal, mais en général ils se rapprochent de l’anneau exlei’ue du grand oblique à travers lequel ils viennent faire une saillie plus ou moins considérable, l^eur forme est ronde ou oblongue. Le liquide qu’ils contiennent, habituellement clair et limpide, quelquefois jaunâtre ou verdâtre, peut contenir du saug, en quantité variable ; il y a, dans ce cas, transformation de l’hydrocèle en hématocèle enkystée du cordon. Celle-ci paraît assez rare. Curling (1; en a cité deux cas; mais on ne sait pas au juste s’il s’agissait de véritables kystes inguinaux. Béraud (*2) a aussi publié une observation d’ hématocèle enkystée du cordon, située en dehors du canal inguinal, et que je passe sous silence.

Dans le fait suivant, l’héraatocèle se prolongeait à travers l’auneaii du grand oblique; il existait en même temps une hydrocèle de la tunique vaginale avec engorgement du testicule.

Obs. XXII '3). — Homme de .^>0 ans; tumeur du côté droit du scrotum, pirit'orinc, à base inférieure, remontant jusque dans l’anneau iu^juinal, élastique et fluctuante dans la plus grande partie de son étendue, quasi indolente à la pression ; à sa partie postérieure on sentait le testicule tuméfié et inégal. Le malade rapportait l’origine de cette affection à un violent effort qu’il avait fait quelques jours auparavant, et qui avait été suivi de

(1) Cui-Iing. Maladies des testicules, Irad. franc., p. 275.

(2) Béraud. Méin. sur V hématocèle, Archives, 1° série, t. XXV, p. 299.

(3) Cabaret. Revue méd.-chir., t. I, p. 53.

l’appanlion subite d’mie pelile tumeur ayaiUaufpneulé {Tiaduellemeul. 1 i récludibililé ; aucun (rouble iiitesliua!. Ou couslale au moyen d’une lumière, (pie la tumeur est transparente à sji pardtynfiû-ieure et nullement à sa partie supérieure. Après avoir écarlé 1 idée d une hernie, on diafjnosticjue une hématocèle du cordon spermatique, compliquée d’bydrocèle de la tunique vaginale et d’engorgement du testicule.

Ponction de l’hydrocèle et évacuation de sérosité limpide. Après une seconde ponction on fait une injection iodée. Pour la partie supérieure de la tumeur, après avoir usé des résolulils, on pratique une incision sur toute la longueur du cordon; on pénètre dans une cavité contenant du sang partie fluide , partie coagulé. Guérison vingt-cinq jours après.

En même temps qu’il existe un kyste dans l’intérieur du canal inguinal, on peut en rencontrer d’autres au-dessous, le long du cordon spermatique; on trouve même quelquefois simultanément avec un ou plusieurs kystes du cordon une hydrocèle de la tunique vaginale. «J’ai vu souvent, dit Ledran (1), des tumeurs aqueuses, grosses comme des grains de raisin, placées d’espace en espace le long du cordon spermatique, accompagner une véritable hydrocèle, placée sur le corps du testicule. » P. Pott (2) a rapporté deux observations de kystes intra-inguinaux , compliqués d’hydrocèle de la tunique vaginale. D’après Curling (3), il y a au collège de l’hôpital de Londres deux exemples de cette double lésion : sur l’une des pièces, la tunique vaginale est restée non oblitérée dans l’étendue d’environ 6 centimètres le long du cordon spermatique, et l’hydrocèle enkystée se voit immédiatement audessus d’elle ; sur l’autre , on voit que les deux poches ont été enflammées, car elles contiennent des fausses membranes, et le testicule est volumineux.

C’est sans doute un cas de celle nature qui a été décrit par Henkel (4).

(() f.edran. Opérai, de chirurgie, p. 178.

(2) P. Pott. Œuvres chirurgical e.s, trad. française, t. Il, p. 68 et 70, 1777.

(d) Curling. Loc. cit-, p. 215.

(1) Rougemont. Traduclion du traité des hernies de Richter, 1. 1 , p. 63.

Obs. XXIII. — Il trouva, en disséquant un homme mort à la Charité de Berlin, trois hydrocèles du même côté; l’une dans la (unique vaginale du testicule, la deuxième à la |)artie postétérieure du cordon spermatique; enfin la troisième, dans le tissu cellulaire du péritoine (?), 2 pouces plus haut que l’anneau, sortant par cette ouverture et formant une tumeur du volume d’un gros œuf de poule;celte tumeur disparaissait par la pression et reparaissait promptement dès qu’on cessait de la comprimer. On ne pouvait pas, dit-il, distinguer exactement avant la dissection qu’il y avait trois sacs remplis d’eau.

L’hydrocèle enkystée du cordon peut encore se compliquer de la présence d’une hernie ; et celle-ci tantôt reste au-dessus du kyste et en demeure éloignée, tantôt vient adhérer avec lui. Curling (l) a décrit quelques exemples de cette double lésion. Dans d’autres cas, la hernie, descendant davantage , passe en avant ou en arrière du kyste. Chassaignac a observé une hernie passant en avant d’un kyste du cordon, dont le diagnostic était très-embarrassant. Nous aurons occasion de revenir sur ce fait (obs. 91).

Enfin, l’hydrocèle enkystée du cordon peut être compliquée en même temps de la présence d’une hydrocèle de la tunique vaginale et d’une hernie. Foucher (2) a rencontré cette triple lésion.

Obs. XXIV. — Hydrocèle vaginale du volume du poing, remplie d un liquide ciLrin. Au-dessus de cette poche et sur le tiajet du cordon existe un petit kyste du volume d’une noisette, contenant aussi du liquide. Enfin au-dessus du kyste se trouvait un sac herniaire; le sac était du reste nettement séparé du kysle.de telle sorte qu’on ne pouvait songer à une hernie congéniiale dont le sac se serait cloisonné et incomplètement oblitéré. Foucher fait remarquer que l’existence simultanée de

ces trois tumeurs aurait pu rendre le diagnostic très-embarrassant.

3° Hydrocèle inguinale avec cryptorchidie, — On a vu

(1) Curling. Loc. cit., p. 205 et 221.

(2) Foucher. Société anatom., i856, 2« série, t. I, p. 6

que l’ectopie iii^ïuinale du teslicule s’accompagne quelquefois d’une hydrocèle congénitale. Il peut se faire que, dans les mêmes circonstances, la tunique vaginale, après s’être séparée du péritoine, devienne le siège d’une hydrocèle enkystée. Un cas de ce genre s’est présenté à la Charité, dans le service de Roux ; nous le rapporterons dans la suite (obs. 98). Un autre exemple a été présenté à la Société de chirui-gie, par le professeur Jarjavay :

Obs. XXV (1). — Homme de 36 ans, ayant le testicule gauche retenu au niveau de l’orifice externe du canal inguinal. Après des mouvements fréquents de la cuisse pour frotter des appartements, il s’est aperçu, pour la première fois depuis trois mois, d’une grosseur développée dans l’aine et qui augmenta de jour en jour. La tumeur est bilobée, fluctuante , transpa rente. Un des lobes est dans les bourses, l’autre au-dessus du ])li de l’aine, dans le tissu cellulaire sous-cutané de la paroi abdominale antérieure. La partie rétrécie correspond au niveau de l’orifice externe' du canal, là où est le testicule. Celui-ci est de moitié moins gros que le testicule droit. Le cordon descend au-dessous de lui dans les bourses. 11 n’exisle aucune communication avec le péritoine.

Le fait suivant, à peu près semblable, est encore plus intéressant, en ce qu’il y a eu dissection.

Obs. XXVI (2). — Ce cas a été observé sur le cadavre d’un homme qui pendant sa vie avait été regardé comme atteint d’une hernie inguinale droite, en raison d’une tumeur volumineuse siégeant dans l’aine de ce côté. Cette tumeur consistait en un kyste à parois minces, qui, occupant le canal inguinal dont il dépassait l’anneau externe, remontait par en haut sur l’aponévrose du grand oblique. Le testicule droit se trouvait dans cette partie du sac située dans le canal inguinal. Il était très-petit, semblable au testicule non encore développé d’un enfant, mais sain et libre de toute adhérence. Le kyste contenait environ 8 onces de liquide et était sans aucune communication avec la cavité de l’abdomen.

(1) Société (le dti.ruri>ie, 2'i .loi'll 18 )3.

(2) ( uiTnifî, Mr<l. Times f nul avril 1858.

Enfin, Gherini (1) a rapporté deux observations d’hydrocèle vaginale avec cryptorchidie.

0ns. XXVII. — Homaie de 30 ans, portant une tumeur à la région iliaque droite. Elle occupait tout le trajet du canal inguinal ; elle était de Forme ovoïde, molle, élastique, Fluctuante, transparente dans la petite portion f|ui sortait de l’anneau , irréductible et indolente. Le testicule droit manquait dans le scrotum. Le diagnostic restant douteux, le chirurgien préféra, au lieu d'une injection iodée, faire une incision. Celleci donna issue à une quantité considérable de sérosité, et on reconnut l’existence du testicule vers le milieu du canal. Guérison en deux mois.

Chez le second malade, âgé de 48 ans, la tumeur existait du côté gauche et avec les memes caractères. On fit une incision et le malade mourut de péritonite.

B. Hydrocèles enkystées chez la femme. — Certains auteurs ont admis sans difficulté qu’il existe chez la femme des collections séreuses enkystées de la région inguinale, comparables dans leur pathogénie et leur siège anatomique aux kystes du cordon. Cette opinion, principalement soutenue par les chirurgiens italiens, Paletta, Sacchi, G. Regnoli, et acceptée aussi par un grand nombre d’auteurs, repose sur le fait de l’existence d’un canal de Nuck, dont l’oblitération incomplète laisserait des cavités séreuses, capables de devenir l’origine de véritables kystes.

On a vu ce qu'il faut penser du canal de Muck, et je renverrai le lecteur à ce que j’ai déjà dit à ce sujet dans l’article consacré à l’hydrocèle congénitale de la femme. Il me reste seulement à examiner les faits pathologiques et à rechercher quelle est leur signification.

Or, on ne tarde pas à s’apercevoir qu’on a décrit très-improprement sous le nom d’hydrocèles de la femme de simples kystes des grandes lèvres , qui n’ont absolument rien de

(1) Gherini, Annali universali di medicina, 1858 (Gaz. méd. 1858

commun avec le canal inguinal , dont ils demeurent éloignés et plus ou moins distincts ; c’est là une confusion de langage regrettable, et qui n’a pas peu contribué à jeter quelque obscurité sur ce sujet. Il faut donc éliminer tout d’abord un certain nombre de faits trop incomplets pour qu’on puisse les discuter, ou bien se rapportant manifestement à des kystes des grandes lèvres.

Par exemple , on ne peut rien dire d’un cas mentionné dans A. Paré (1), et qui manque de tous détails, et d’autre part, dans une observation très-longue de Desault(2), il s’agissait évidemment d’un kyste de la grande lèvre indépendant du canal inguinal , puisque on pouvait déprimer la tumeur en la tirant en bas et l’éloigner suffisamment de l’anneau pour qu’il devienne possible d’y introduire Vexlrèmüé du doigt et de reconnaître qu'elle n'était formée par aucun prolongement de la cavité dubas-ventre. Il seraitsans intérêt de rapporter d’autres observations semblables , je me borne à en indiquer quelques-unes (3).

Mais, indépendamment de ces cas, dans lesquels le kyste est manifestement indépendant du canal inguinal , il eii est d’autres dans lesquels la collection séreuse siège bien dans l’intérieur de celui-ci, et après y avoir pris naissance, envahit peu à peu la partie supérieure de la grande lèvre. On peut dès lors supposer qu’il s’agit bien de véritables hydrocèles du ligament rond, comparables aux hydrocèles du cordon chez l’homme.

La lecture attentive de ces observations ne permet pas, du moins pour quelques-unes, de conserver cette opinion. Il est manifeste, en effet, qu’on a donné à tort comme des hydi’ocèles

(1) A. Paré, t. 1, p. 346, édit. Malgaigne.

(2j Desault, Jourti. de chirurgie, t. I, p. 2.51.

(3) Voyez Scai'pa, Dléni. sur l’hydrocèle du cordon, p. 152. — lîiodie, Malad. du le.dicule, p. 81. — liroclioii, Essni sur l'Iiydrocclc darloïquc chez la femme, ilièse Paiis I85U, n" 172, p. 29. — 11. Lee, The Lancel. septembre l857.

du ligament rond de simples collections séreuses enkystées dans de vieux sacs herniaires inguinaux. Par exemple, dans un fait publié par Abeille, sous le titre d’Hydrocèle de la femme, il s’agissait d’une hydro-épiplocèle irréductible, et le diagnostic a pu être vérifié après la ponction (voyez obs. 35).

Il s’agissait encore évidemment d'une hydrocèle dans un sac herniaire déshabité dans l’observation suivante, citée partout comme une hydrocèle enkystée du ligament rond.

Obs. XXVIII (I). — Une femme portait deux hernies inguinales qui descendaient jusqu’aux grandes lèvres, molles, complètement réductibles et qui reparaissaient quand on cessait la compression. Mais, du côté gauche, les parties restaient contenues mieux que du côté droit d’où elles sortaient comme un fluide. Ce signe et la fluctuation firent juger à Lallement que la tumeur droite était une hydalide.

La malade étant morte quelque temps après, à la suite d’une affection scorbutique, Lallement trouva dans le côté gauche un sac qui contenait une anse de l’intestin iléum, et dans le droit, un kyste divisé en deux parties : l’une externe, l’autre interne, séparées par un rétrécissement. Le fond de la portion interne s’élevait au delà du niveau du détroit supérieur du petit bassin. Les parois du kyste étaient minces au dedans et considérablement denses au dehors, d’où venaient l’opacité de la tumeur et l’obscurité du diagnostic.

Voici encore une observation dans laquelle le doute n’est guère permis, et il est vraiment surprenant de voir l’auteur considérer cette tumeur comme une hydrocèle du ligament rond.

Obs. XXIX (2). — Femme de 60 ans, d’une constitution débile, entrée à 1 hôpital de Venise pour une fumeur volumineuse de la région inguinale droite. A l’àge de 31 ans, elle devint enceinte pour la première fois et, pendant les efforts de

(1) Lallement, Mém. de la Société d’émulation de Paris t lit n 32t

(2) Sacchi, Méim sur l’hydrocèle chez la femme. {Annall universali di

mars 1831, et Archives gén. de méd., 1^» série, t. XX VII, p. 374.

l’accouchement, il parut dans l’aine droite une tumeur qui devint très-douloureuse et retarda beaucoup l’accouchemeut. Après la sortie de l’enfant, la saj^e-femme réduisit facilement la tumeur et conseilla l’usage d’un bandage, qui fut porté exactement. Depuis cette époque, la malade eut deux autres accouchements, sans que la hernie, toujours maintenue par un bandage, donnât lieu au moindre accident; toutefois la malade n’apportant pas toujours la même attention dans l’application du bandage, il fallut qu’à plusieurs reprises ellemême ou le chirurgien fît rentrer la tumeur.

Vers l’âge de 58 ans, la tumeur ne disparaissait plus complètement, et il en restait toujours une partie très-saillante, malgré la présence du bandage. Depuis deux ans, elle s’étail aperçue de cet accroissement dans la tumeur, quand, un jour, en montant un escalier avec un fardeau pesant, elle sentit tout à coup la hernie sortir davantage. La réduction, tentée par elle et par un chirurgien n’ayant pas réussi, elle entra à l’hôpital. On lui fit une saignée et on appliqua des topiques émollients sur la tumeur.

Le lendemain, Sacchi observa une tumeur énorme, située dans la partie supérieure de la région inguinale droite, de forme irrégulièrement cylindrique, recouverte par la peau qui était saine, indolente, mais rénitente; elle se portait obliquement en bas, dans la direction du canal inguinal, et occupait le tiers supérieur de la grande lèvre. Abattement, j'âleur de la face, langue blanchâtre, nausées continuelles et, de temps en temps, vomissements de matières fétides. Constipation depuis la veille; ventre mou et sans douleur à la pression ; pouls petit, fréquent.

On décide l’opération. Incision des téguments suivant le diamètre longitudinal de la tumeur et dissection des couches sous-jacentes. On met à découvert une membrane lisse, assez épaisse, d’un blanc perlé, dont l’ouverture fut suivie de l’écoulement d’une grande quantité de sérosité jaunâtre. La cavité qui la contenait était parfaitement close dans toute son étendue et tapissée par une membrane lisse et polie. Ce sac membraneux adhérait à un cordon ligamenteux qui se prolongeait dans la direction du diamètre longitudinal de la tumeur. L’é-vacuation du liquide fit disparaître aussitôt la presque totalité de la tumeur, mais à l’exception d’une iiortion qui était situee dans la partie inférieure du pli de l’aine. (Pansement avec la charpie; émulsion d’amandes douces; lavements huileux.)

Selles abondantes; cessation des nausées et des vomissements.

Le lendemain, mêmes symptômes, fièvre violente, pouls dur et très-fréquent. (Saignée.) Les accidents cessent rapidement. Cicatrisation complète un mois après.

La petite tumeur qui, après l’ouverture du sac, était restée dans la partie inférieure de la région inguinale, persista pendant toute la durée du traitement consécutif. Dès que la malade put se lever, cette tumeur augmenta notablement. C’était une hernie fémorale rentrant très-facilement et j)Our laquelle on appliqna un bandage.

On voit en effet dans cette observation une malade portant depuis longues années une hernie inguinale, maintenue par un bandage ; puis la hernie est remplacée par une tumeur incomplètement réductible, qui augmente peu à peu de volume. Sous l’influence d’un effort, il y a accroissement brusque de la tumeur et développement d’accidents locaux et généraux, comme nous aurons à en citer des exemples à propos de kystes développés dans des sacs herniaires cruraux. Que l’on compare celte observation à l’nne de celles que je rapporterai plus loin, et l’on verra entre elles une ressemblance parfaite.

Le fait suivant présente aussi tous les caractères d’une hydrocèle dans un sac herniaire déshabité.

Obs. XXX (1). — Femme de 30 à 32 ans, mère de quatre enfants, d une bonne santé. Elle vient demander un bandage herniaire. Fleming 1 examine et reconnaît toutes les apparences d’une hernie inguinale oblique et complète du côté droit. La tumeur avait apparu six mois environ auparavant; elle disparaissait dans la position horizontale; aucun malaise abdominal.

Cette tumeur occupait le siège habituel de la hernie inguinale; remplissant et distendant le canal inguinal, elle était de forme cylindrique, un peu |)lus large en bas qu’en haut, ne variant pas de position ni de volume; ce dernier approchait de celui d un œuf d’oie. Elle était tendue, mais mate à la percussion; a sa partie inlerieure, elle donnait une sensation distincte de Huctuation Sa transparence ne pouvait être complé-

(1) Fleiniui;-, méf/. 1853,)). 151

temenl reconnue; la (oux la poussait en avant, mais plutôt en imprimant une secousse en niasse qu’en ralTectant autrement.

A sa partie iulerieure, elle était circonscrite très-distinctement, tandis que l’abdomen, mou et compressible, permettait le plus complet isolement et rendait distinctement perceptible au toucher le ligament rond. Fleming en conclut que c’était une hydrocèle enkystée du ligament rond. Ponction suivie de l’écoulement de 6 à 8 onces d’un liquide semblable à celui de l’hydrocèle. La tumeur disparut complètement, et on put sentir les deux anneaux abdominaux luterne et externe agrandis ; le canal était presque entièrement el’facé tant ils étaient rapprochés. — Reproduction du liquide; nouvelle ponction; injection iodée; guérison. La malade quitta l’hôpital avec un bandage.

Il me reste enfin à rapporter deux observations qui ont paru à certains auteurs des exemples incontestables d’hydrocèles enkystées du canal de Nuck.

Obs. XXXI M}. — La tumeur, située à la partie supérieure de la grande lèvre gauche, avait le volume du poing; l’épaisseur de ses parois ne permettait pas de juger si son contenu était de nature liquide ou solide; toutefois, la percussion donnait la sensation de l’existence d’un fluide. Incision suivant la longueur; issue d’une quantité abondante de sérosité limpide; la face interne de la cavité était tapissée par une membrane épaisse qu’il fut aisé d’isoler des parties environnantes et qu’on coupa au voisinage de l’anneau inguinal; là I instrument rencontra un petit corps dur, dont la section causa beaucoup de douleur à la malade. L’excision partielle de ce renflement ligamenteux permit de distinguer alors l’anneau inguinal, dans lequel on pouvait introduire l’extrémité du doigt, et fit reconnaître que ce corps dur n’était autre chose que la portion restaTKle du ligament rond. Après quelques accidents locaux et généraux, la guérison est survenue.

Ce fait, qui manque sur certains points de détails suffisants, ne prouve absolument rien. La nature de ce pelil corps dur que l’on fut obligé de couper au voisinage de l’anneau ingui-

(t) Paletia, loc. cit., obs. 2.

nal externe paraît médiocrement claire ; mais à coup sûr, ce n’était pas le ligament rond, puisqu’il est bien démontré aujourd’hui que celui-ci n’arrive jamais jusqu’au niveau de l’orifice inguinal externe.

Enfin, la même obscurité se rencontre dans le fait suivant :

Obs. XXXII (1). — .leuue fille de 11 ans, d’une forte eonslilulion, ayant toujours joui d’une bonne santé. Apparition sans cause d’une tumeur de l’aine gauche, qui s’accrut très-vite sans douleur, ni malaise. A son entrée à l’iiopital, on se pose les questions suivantes; Est-ce une hei'nie? mais l’absence d’efforts, l’irréductibilité antérieure et actuelle, le défaut d’augmentation de volume par le saut, la marche et la toux font rejeter cette bypollièse. Ce n’est pas non plus un abcès idiopathique, puisqu’il n’y a ni douleur, ni duieté antérieure. On élimine de même l’abcès par congestion et l’adénite. Au contraire, l’apparition spontanée de la tumeur, son rapide développement (en vingt jours elle avait acquis le volume d’un œuf de poule), sa mollesse et son élasticité, sa figure allongée, sa situation entre le canal inguinal, et la grande lèvre correspondante et surtout sa tran.sparencc, firent juger à Uegnoli qu’il s’agissait d’une hydrocèle enkystée du ligament rond. D’autre part, l’irréductibilité du liquide, l’absence d’impulsion par la toux, lui ont montré que ce n’était pas une hydrocèle congéniale. L’auteur exclut aussi l’idée d’une hydrocèle dans un sac herniaire, s’appuyant sur ce que la petite fille n’a jamais été affectée de hernie inguinale. Enfin, il ajoute qu’il lui a été; difficile d’établir si la sérosité était accumulée dans un kyste anormal ou dans le canal de Nuck, ne communiquant plus avec la cavité du péritoine.

Opération. Incision, couches par couches, sur toute la longueur de la tumeur. Ou arrive .sur le sac, qui a toutes les apparences de la face externe du péritoine. Une ouverture est faite avec précaution à l’extrémité inférieure du kyste, qui se trouvait en dehors de l’ouverture inguinale externe, et on en pratique l’excision. Il s’était écoulé 3 ou 4 onces d’un liquide limpide, inodore. Le chirurgien, remarquant que le reste du sac pouvait s isoler avec facilité des parties voisines, en en-

(I) G. Hegnoli, Sur l’h/drocêle de la femme, Pi.se 1832, et .Archives f;énér. de inéiL, 2® série, t. V, 1834, p. 114.

leva une partie, en laissant seulement la portion qui était renfermée dans le canal inf;uinal et celle qui adhérait au lif;ament rond, .le fis observer aux élèves, ajoute Hejçnoli, la facilité que j’avais à introduire dans l'ouverture inj^uinale externe et dans le canal, l’extrémité de mon doi^t index, et je sif^nalai deux vésicules très-limpides, de la jp'os.seur d’une noisette, que j’enlevai avec les ciseaux.

Le lendemain, quelques accidents iullammatoires, douleurs abdominales, constipation, fièvre, calmés rapidemenl.

Cicatrisation et guérison complètes moins d’un mois après.

Il semble difficile de croire dans ce cas à un kyste siégeant dans un sac herniaire ; l’absence de hernie antérieure, et surtout la jeunesse de la malade doivent faire éloigner cette hypothèse. Mais aussi il ne faut pas se hâter d’en conclure que ; l’on a eu affaire à une véritable hydrocèle, et on doit imiter la réserve de Regnoli, qui avoue lui-même n'avoir pu déterminer s’il s’agissait d’un kyste séreux ordinaire, ou si la sérosité était accumulée dans le canal de Nuck séparé du péritoine.

Ainsi, pour l’hydrocèle enkystée, comme pour l’hydrocèle congéniale de la femme, on cherche en vain dans l’étude des faits pathologiques une preuve qui démontre le siège anatomique et la pathogénie qui ont été assignés à ces collections séreuses. C’est après être arrivé à cette conclusion par la lecture des observations que j’ai voulu chercher à m’éclairer en interrogeant l’anatomie normale ; la preuve anatomique m’a jusqu’ici fait défaut. Si donc l’absence constante du canal de Nuck se vérifie et est nettement reconnue, ne serait-il pas utile de rejeter définitivement du langage chirurgical ces expressions d’hydrocèles de la lemme qui n’auraient plus aucune raison de subsister et qui ne pourraient plus servir qu à rappeler une ancienne erreur.^

2” Hydrocèles enkystées du sac herniaire.

Nous venons d étudier les diverses vai'iétés de collections séreuses enkystées qui peuvent se produire dans 1 intéiieui de

cavités closes représentant les vestiges d’un diverticule normal du péritoine ; il nous reste maintenant à examiner la seconde espèce de tumeurs séreuses consécutivement indépendantes du péritoine, qui prennent naissance dans un appendice anormal et pathologique de cette séreuse, c’est-à-dire dans un sac herniaire dont la communication avec la cavité abdominale a cessé d’exister. Or, il peut se présenter deux circontauces, suivant que le sac herniaire contient encore des viscères, ou suivant qu’il est complètement déshabité. J’étudierai successivement ces deux variétés.

a. Hydrocèle enkystée du sac herniaire avec viscères (hydro-entérocèle et hydro-épiplocèle irréductibles.) — J’ai dit plus haut qu’un sac herniaire contenant des viscères pouvait devenir le siège d’une exhalation de sérosité plus ou moins abondante ; je n’avais alors en vue que les cas dans lesquels les organes herniés, aussi bien que le liquide, peuvent être réduits dans l’abdomen. Il arrive fréquemment que cette réduction devient impossible sous rinfluence de causes variables ; c’est ainsi que dans les hernies étranglées ou simplement enflammées, par suite de la constriction exei'cée au niveau du collet du sac sur les viscères, la cavité de celui-ci se trouve exactement close du côté de l’abdomen et le liquide qui s’y accumule ne peut être réduit. L’épanchement de sérosité dans la cavité du sac est en effet assez fréquente dans, le cas d’étranglement, sans être pour cela de règle absolue ; je n’ai pas à insister longuement sur ce fait, admis et constaté par tous les chirurgiens. Je dirai seulement que la quantité de liquide est très-variable. Lorsqu’elle est faible, comme c’est le cas le plus fréquent, le fait de la collection séreuse disparaît devant la gravité et l’importance de la hernie ; mais quelquefois la quantité de liquide peut devenir telle, qu’elle masque la nature des lésions, qu’elle donne lieu à des erreurs de diagnostic, enfin qu’elle est un obstacle sérieux au taxis. C’est habituellement dans les hernies inguinales étranglées que

l’épanchement aign du sac acquiert parfois des proportions notables et peut s’élever jusqu’à un deini-setier (J.-h. Petit U), une chopine (Schneider (2), Potl (3), et même deux litres (Velpeau (4). Enfin je rappellerai que l’abondance du liquide contenu dans le sac est surtout considérable lorsqu’il s’agit de hernies congéniales étranglées (Ô).

Je n’ai fait qu’indiquer celte variété d’hydrocèle aiguë du sac qui ne présente aucun intérêt au point de vue qui nous occupe en ce moment.

J’arrive à une autre variété d’hydrocèle du sac qui se rapporte plus spécialement à l’histoire des collections séreuses; je veux parler de répanchement qui se développe lentement dans le sac de vieilles hernies irréductibles : A la suite d’inflammations plus ou moins répétées, les viscères herniés, et plus particulièrement l’épiploon , contractent avec le collet du sac des adhérences assez intimes pour fermer toute communication entre la cavité du péritoine et celle du sac. Si dans ces circonstances un épanchement séreux se fait dans l’intérieur de celui-ci., le liquide ne pouvant passer dans l’abdomen, produit par son accumulation une augmentation du volume de la hernie, d’où peuvent résultei’ des symptômes propres réclamant un traitement spécial.

Indiquée déjà par Franco (6), celte variété de collection séreuse de l’aine a été signalée depuis par tous les auteurs qui ont écrit sur les hernies, sous les notns d’hydi'O-entérocèle et d’hydro-épiplocèle. Indépendamment de la nature des viscères contenus dans le sac (intestin ou épiploon), il est une autre circonstance qui offre une certaine importance pratique,

(1) J. L. Pelit, Malad. cltiiurg. t. 11, p. 27S.

(2) Schneider, Chirurg. geschichte, 3 theil., p. 115.

(3) P. PoU, OEavres trad. franç., l. H, p- I/O.

(4) Velpeau, Gaz. des hôpitaux l839, p. 106.

(5) Voyez Maréchal, ihése Pari.s ls3l, n« 195.- Demeaux, iîer7/e/-. sur Vôi’ol. (lu sac hcrn lue. cd. (übs. de .larjavay). — Société de chii urgie, 4 niar.s 1863. (üb.s. de Cha.ssaiyiiac}.

(6) Franco, lYailé Ircs-aniple des liernit", byoïi 1561, p. 77.

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en raison des caractères variables qu’elle peut donner à la maladie, c’est la quantité des viscères herniés.

Dans certains cas, en effet, la hernie, constituée à la fois par l’intestin et l’épiploon, est très-volumineuse, comme on l’observe pour certaines hernies inguino-scrotales irréductibles ; c’est alors que l’abondance du liquide épanché dans le sac peut devenir véritablement énorme. Scarpa (1), a évacué dans un cas semblable plus de 3 livres de sérosité; Cajetani Tacconi (2), Ô livres; Mouro (3), 6 livres; Siébold (4), 12 livres.

Dans d’autres cas, peut-être plus fréquents, la quantité des viscères herniés est beaucoup moindre, et c’est le plus souvent alors une portion d’épiploon qui ferme le collet du sac à la manière d’un bouchon. C’est encore dans des hernies inguinales que cette disposition a été surtout observée. En voici quelques exemples :

Obs. XXXIII (5). — Pott ponrliouna une hydro-épiplocèle et en lira une pinte de sérosité brunâtre, tin an après la collection liquide ayant re[)aru , on l’incisa et on trouva à la pai’tie supérieure du sac une portion considéraI)Ie de l’épiploon adhérent au collet. C’était une hernie congéniale.

Pelletai! a rapporté une belle observation d’hydro-épiplocèle irréductible.

Obs. XXXIV (6). — Homme portant une tumeur étendue depuis l’anneau jusqu’au bas du scrotum du côté droit; le testicule sain répondait au bas de la tumeur. Au niveau de l’anneau on sentait une portion distincte du reste par sa durc'té.

Hernie ancienne, d’abord réductible, pour laquelle il n’a jamais porté de bandage; rrréductibilité et augmentation de volume depuis un an ou deux.

(1) Scarpa, Traité des hernies, p. 198.

(2) Cajetani Tacconi, Dissertatio de eariis henvis, 1715.

(3) Monro, Essais d'Edimbourg, t. V, p. 397.

(4) Siebold, Chirurg. Tagtbuch, p 87.

(5) Pott, OEuares ; trad. franç., t. Il, p. 170.

(0) Pelletan, Clinigue chir., t. lU, p. 22, 1810.

Pellelaii cliafjQosiique une épiplocèle adhérente avec épanchement de sérosité dans le sac.

Ayant ouvert la tumeur avec précaution, il évacua une quantité d’eau proportionnée au volume de la tumeur, et avec le doigt porté dans le sac, il sentit le houchon 'que l’épiploon formait à l’anneau.

Voici un fait exactement semblable chez une femme :

Obs. XXXV (1). — Femme de 50 ans, portant depuis l’époque de sa dernière couche, c’est-à-dire depuis une quinzaine d’années, une hernie inguinale gauche facilement réduclihle et maintenue par un bandage. Elle s’aperçut un jour de la présence, sous sou bandage, d’une petite tumeur qu’elle ne put réduire. Un médecin appelé fit appliquer des sangsues à plusieurs re[)rises; mais la tumeur au lieu de diminuer grossit avec une certaine rapidité. On crut à une hernie éti’anglée, et une consultation eut lieu.

On constatait dans l’épaisseur de la grande lèvre une tumeur volumineuse comme le poing, piriforme, à sommet supérieur se prolongeant jusqu’à l’anneau; elle était constituée par deux portions continues, mais distinctes en consistance; l’une supérieure, sortant de l’anneau, aboutissait en grossissant jusqu’à l’origine de la grande lèvre; l’autre, tonte contenue dans l’épaisseur de celle-ci , était d’un volume quatre fois plus gros* et représentait assez bien le corps d’une vessie. La première était dure, résistante, sans élasticité, mate, la seconde était tendue, mais élastique, et laissait clairement percevoir la lluctuation.

11 nous parut clairement qu’il s’agissait d’un vieux sac herniaire à l’ouverture duquel s’était glissée une portion d épiploon qui, par suite de pression exercée par le bandage, s était enflammée et avait acquis des adhérences solides. La portion sous-jacente du sac avait sécrété un liquide dont la quantité tendait à augmenter incessamment.

Abeille fit une première ponction dans la partie la plus déclive de la tumeur et évacua un plein verre de sérosité. Deux jours après la tumeur s’étant re|)i’oduite, on fit une seconde ponction qui donna issue à une quantité de liquide égale à la première. C’était de la sérosité fortement albumineuse. Une injection iodée fut pratiquée^ et après quinze jours la guérison

(1; Abeille, Traité des hydropisif.s et des kystes. iSâ-, p. 410’.

était achevée sans accident. La portion inférieure de la tumeur était flétrie, complétetneiit affaissée et donnait à la grande lèvre l’aspect d’un repli longitudinal; la portion supérieure formée par l’épiploon était dure, résistante et tranchait brusquement avec l’inférieure.

Enfin l’épiploon peut-être réduit à un très-petit volume. La disposition qui a été décrite dans le fait suivant est curieuse par l’existence de deux sacs superposés réunis par une simple bride épiploïque :

Obs. XXX VI (1). — Maisonneuve présente deux anciens sacs herniaires placés dans le cordon , et ayant au premier abord l’aspect de deux hydrocèles enkystées du cordon. A travers le sac le plus élevé passe un prolongement très-mince de l’épiploon, qui va s’implanter au fond du second sac en traversant un rétrécissement ou collet qui sépare les deux sacs l’un de l’autre. 11 semble donc qu’il y ait eu un premier sac, puis réduction de l’intestin, mais persistance d’une bride épiploïque; ensuite un second sac dont l’inlestin a encore été expulsé, mais qui est traversé par la languette épiploïque qui va adhérer au fond du premier sac.

Je rapporterai ailleurs d’autres observations d’hydro-épiplocèles irréductibles de la région inguinale.

Quoique plus rare, la même variété peut se rencontrer à la région crurale. Le professeur Gosselin en a publié une belle observation que je réserve pour le diagnostic (obs. 97).

Avant de terminer ce qui a trait à l’iiydrocèle du sac herniaire avec viscères, il faut signaler une variété singulière qui ne pourrait trouver sa place ailleurs, dans laquelle les organes herniés eux-mêmes deviennent le siège de kystes. On trouve par exemple dans les auteurs quelques observations de collections séreuses développées dans l’intérieur de l’épiploon.

Lamorier (2) en aurait observé un cas ; c’était chez un jeune

(1) Maisonneuve, Société anat., 9® année 1834. p. 93.

(2) Pipelet, yl/é/n. sur la ligature de l'épipluon, in Mérrwi'ts de VAcal. royale de chirurgir, t. III, p. 3S0

homme de 20 ans, qui portait une tumeur prise pour une hydrocèle. L’incision faite, on reconnut que l’épiploon rempli d’hydatides formait la mahidie. L’auteur ne nous donne pas de plus amples détails.

Le fait suivant est rapporté par Arnaud à la même maladie :

Obs. XXXVil (I). — Homme de 50 ans, portant dans le pli de la cuisse du cote fjauche uue tumeur du volume de la tête d'un enfant nouveau né, de forme irrégulière. L’origine de la maladie remontait à quelques années auparavant. Un effort avait déterminé tout à coup et avec très-peu de douleur une grosseur du volume d’une petite noix, au-dessous du ligament de Fallope. C’était alors une hernie simple de l’épiploon. Elle augmenta peu à peu et parvint en deux ou trois ans à la grosseur d’un œuf de poule d’Inde, sans que le malade en fût incommodé; mais en dernier lieu elle fut violemment contuse par une chute de cheval. Le malade y sentit une douleur sourde, et il se fit à la peau une ecchymose considérable. Ces' accidents passèrent rapidement. (Juchiues jours après, la tumeur changea de forme; d’oblongue qu’elle était, elle devint irrégulièrement ronde. Plusieurs lobules exactement ronds s’élevèrent sur la surface, dont trois principaux s’accrurent rapidement. 11 en parut un du côté du pubis et un du côté de l’os des îles, chacun de la grosseur d’un œuf de i)Oule; un troisième occupait la ])artie inférieure et moyenne de la tumeur; il était du double plus gros que chacun des deux autres. L’examen de ces tumeurs, fait par Petit, Boudou, Ledran et Arnaud, donna au toucher la sensation d’un Huide renfermé dans des kystes particuliers. Ledran décida que c’étaient des hydalides qui s’étaient formées par la dilatation des vaisseaux lymphatiques de l’épiploon, dans le temps de la forte compression que souffrit le malade dans la chute qu’il avait faite. L’opinion de Ledran fut adoptée par tous les consultants. 11 fut décidé qu’on ferait la ponction avec le trois-quarts. Arnaud la fit sur le champ à l’extrémité inférieure de la tumeur; il en sortit 3 onces d’un liquide limpide. Une autre ponction faite à l’éminence qui répondait au pubis évacua environ 1 once du même liquide; enfin une troisième ponction pratiquée sur la' dernière tumeur fit sortir la même quantité de liquide offrant les

(l; Arnaud, Mém. de chirurgie, t. Il, p. 553, 1768.

mêmes caractères. La tumeur, ainsi diminuée de volume, parut d’une forme toute différente; elle devint ronde, et il fut aisé de sentir à la superficie de petites éminences rondes et élastiques de différentes {grosseurs, qui furent considérées comme autant à'hjfiatidcs qu’on ne pouvait détruire que par une opération. Ou convint donc d’enlever l’épiploon. L’oi)ération fut faite, à l’insu d’Arnaud, par un des consultants. Le malade ne vécut que fort peu de jours après, et Arnaud n’a pu savoir la cause d’une mort si précipitée.

Le même auteur (1) a rapporté un autre cas à peu près semblable, observé chez une jeune fille de 13 à 14 ans. Ce sont les seuls exemples de kystes de l’épiploon que j'ai pu rassembler. A ce sujet, je ferai d’abord remarquer que l’expression d’hydatide employée par Lamorier et Arnaud, n’a pas du tout le sens qu’on lui donne aujourd’hui, et que rien dans la description ne peut faire supposer qu’il y ait eu des acéphalocysles. De plus doit-on admettre sans discussion que les collections séreuses avaient bien leur siège dans l’épiploon? Gela ne me paraît pas absolument démontré par la lecture de ces trois faits. Celui de Lamorier, dans lequel l’incision a permis de ju^er de l’état des parties serait le seul concluant, quoique l’auteur ne nous dise par sur quoi il s’est fondé pour déclarer que le kyste était bien dans l’épiploon. Les deux autres faits d’Arnaud sont beaucoup plus douteux , et pourraient tout aussi bien, ce me semble, être rapportés à des hydrocèles dans un sac herniaire divisé eu plusieurs loges par suite d’adhérences pai'tielles de l’épiploon.

L’ovaire ou la trompe herniée peuvent aussi, parait-il, devenir le siège de kystes. J’en ai rencontré bien peu d'exemples, malgré l’assertion de quelques auteurs qui affirment que le fait a été observé assez souvent.

Dans deux cas, l’un de Deville (2), l’autre de Lenoir (3),

tO Arnaud, lue. cit., p. 560, obs. 21.

(2) Deville, Société anal., 18® année 1843, p. 42.

(3) Lenoir, Société de c/iir. 14 mai 18511

on trouva sur Tovaire hernié plusieurs kystes remplis de sérosité. L’observation suivante, qui se rapporte à un kyste de la trompe, mérite d’être citée.

0ns. XXXVlll(l). — Une (emme portait dans la région inguinale une tumeur rouge, fluctuante, douloureuse, avec tous les signes d’un abcès dans le canal inguinal. Le foyer incisé , il en sortit du pus ; la malade, succomba rapidement quelques jours après à une péritonite intense. A l’autopsie, on trouva un foyer purulent communiquant d’une part avec l’extérieur, d autre part avec la cavité péritonéale. De plus un kyste séreux indépendant de cette poche. Ce kyste incisé a laissé écouler de la sérosité, et l’on a reconnu qu’il était situé dans la cavité de la trompe. Ce kyste, de même que le foyer purulent, était situé dans le canal inguinal. L’ovaire était resté dans l’abdomen. L’examen attentif permet de reconnaître qu’il y avait une hernie de la trompe avec un kyste séreux dans sa cavité, le tout contenu dans un sac berniaire enflammé. Le foyer eu suppuration , en s’ouvrant dans l’ abdomen, a amené une péritonite rapidement mortelle.

La vessie hernie'e peut s’isoler et constituer ainsi une variété de kyste de l’aine ne communiquant plus avec la cavité vésicale. Bertrandi cite un cas de hernie de vessie qui aurait pu être confondu avec une hydrocèle.

Obs. XXXIX (2). — Le sac ressemblait à la vésicule du fiel. Il avait des incrustations de matières tartareuses ou calculeuses, et il contenait dans sa cavité quelques drachmes d’une humeur rougeâtre, visqueuse et de mauvaise odeur. L’orifice de communication était bouché par une espèce de ciment de matières tartareuses. Cette hernie faisait tnmeur à l’aine gauche.

b. Hydrocèle enkystée du sac déshabité (kystes sacculaires)., — On a vu comment, à la suite de la réduction des viscères, le collet d’un sac herniaire peut éprouver un resser-

(1) Dolbeau, Société andt., 29“ année 1851, p. 72.

(2) Bertrandi, Méni. sur L’hydrocèle, Acad, de rhir., t. 111, p. 17t».

rement graduel aboutissant quelquefois à roblitératioii com^ plète. Je signalerai seulement comme tout à fait exceptionnel le mode d’enkystement d’un sac herniaire vide dont J. Gloquet a rapporte' un exemple :

Obs. XLfl). — Sur le cadavre d’uu vieillard , il trouva un sac de heinie inguinale interne, long de 10 lignes, piriforme, vide et rempli de sérosité limpide qui s’était épanchée entre sa lace interne et une l'ausse membrane très-mince, transparente, assez résistante, retournée sur elle- même et alisolument de même forme que lui. Le sac et celte membrane n’adhéraient ensemble qu’au niveau du collet, de sorte t|ue la sérosité épanchée entre eux étant emprisonnée, retenait le premier au dehors et refoulait la seconde du côté de l’alKloraen.

Ce cas ne pre'senle qu’un intérêt purement anatomique, et je m’empresse de revenir aux collections séreuses enkystées formées dans des sacs herniaires deshabités et oblitérés à leur collet, collections séreuses que j’ai proposé de nommer kystes sacculaires. Ledran le premier a rencontré un kyste de cette espèce, et depuis lors d’autres observations analogues ont été rapportés par différents auteurs. Je n’ai pas à étudier de nouveau par quel mécanisme se produit le resserrement et l’oblitération définitive dn collet du sac. J’ai rappelé brièvement les opinions que l’on a émises sur ce point; il me reste à indiquer les variétés anatomiques de ces kystes sacculaires.

Les rapports qu’ils affectent avec le péritoine sont assez variables : tantôt la partie qui constituait le collet se trouve immédiatement en continuité avec le péritoine ; tantôt le kyste en demeure assez éloigné, de manière qu’il lui est uni par une sorte de pédicule plein ; tantôt enfin ce vestige de l’union du sac et du pérkoine vient à disparaître , et dans ces cas l’origine du kyste peut être difficile à déterminer.

La première forme de kystes sacculaires est assez rare; le point d’adhérence avec le péritoine est remarquable par la

(1) J. Gloquet, loc. cit., p. 99, obs. 75.

présence de stigmates très-accusés ou même de plaques cartilagineuses. En voici un exemple :

ÜBS. XLl (I). — Sur le cadavre d’im vieillard, od trouva ua sac de hernie inguinale externe contenu en entier dans le canal inguinal. Ce sac a 1 |)ouce de largeur; il est blanchâtre , séreux, et ne communique plus avec la cavité péritonéale dont il se trouve séparé par une petite plaque cartilagineuse entourée de stigmates radiés.

Au lieu d’être situés à l’extérieur des orifices abdominaux, ces kystes sacculaires, que l’on pourrait nommer sessiles, se rencontrent parfois derrière la paroi abdominale entre celle-ci et le péritoine. J. Gloquet (2) a plusieurs fois rencontré des sacs herniaires ainsi réduits en bloc, derrière l’ouverture aponévrolique qui leur avait livré passage; le collet était oblitéré et indiqué seulement par des cicatrices rayonnées. Le kyste renfermant uue quantité de liquide assez abondante, présentait parfois des parois denses, fibro- cartilagineuses : il a observé chez un homme un semblable sac très-épais et fermé de toutes parts, qui avait appartenu à une hernie inguinale interne et formait en dedans de l’artère épigastrique un kyste du volume d’une grosse noix. On reconnaissait d’une manière bien évidente que ce kyste était formé par la cavité d’un sac herniaire. Dans deux autres cas le collet n’était pas encore tout à fait oblitéré et présentait une petite ouverture centrale.

Il est permis de supposer que dans le fait suivant il s’agit d’un cas de ce genre, ou du moins que le kyste a pris naissance dans un sac herniaire incomplètement réduit et oblitéré à son collet.

Obs. XLli (3).— Manec a eu occasiou devoir un sujet qui portail uu kyste rempli de sérosité; il était gius comme une

^l) .1. ( loquet, thp.se citée, p. 122, obs. 102.

(i) J. I loquet, thèse cilée, p. 1 10.

(3) Manec, thèse Paris 1826, n“ 190, p. 35.

petite noix et engaf^é dans l’anneau crural ; mais il ne soulevait pas la peau d’une manière sensible.

Dans d’autres cas plus fréquents, les kystes sacculaires sont unis par un cordon plein et fibreux plus ou moins long avec le péritoine qui présente au point d adhérence des stygmates irréguliers. J. Cloquet (1) en a rapporté plusieurs exemples que je me borne à indiquer.

La forme de ces kystes est très-variable ; le plus souvent arrondie, ovoïde ou allongée, elle peut être modifiée par la présence d’un rétrécissement plus ou moins étroit qui lui donne l’apparence d’un bissac.

Obs. XLIIl (2). — Sur le cadavre d’un homme âgé d’environ 50 ans, on trouva, du côté droit, un sac de hernie inguinale externe allongé, de 2 pouces et demi d’étendue, et ne communi- *|uant plus avec l’abdomen. Les parois sont blanches, opaques, assez épaisses, faciles à déchirer. Kn haut il se rétrécit et se termine par un pédicule plein, celluloso-fibreux , ([ui vase fixer eu dehors du péritoine, au niveau de l’ouverture stipérieure du canal inguinal. Le péritoine présente en cet endroit des stygmates radiés dont les plis très-saillants sont séparés par de petits culs-de-sac qui se prolongent un peu dans le pédicule. Le sac contient de la sérosité. sa partie inférieure, il devient très-étroit et se termine tout à coup par une petite cavité globuleuse, de 5 à 6 lignes de diamètre, qui pend au-dessous de l’ouverture inférieure du canal inguinal. Le rétrécissement qui sépare cette cavité du reste du sac et qui forme un canal étroit de communication, parait avoir été déterminé par le resserrement de l’anneau inguinal aiu|uel il correspond.

Dans d’autres cas, au lieu d’un simple rétrécissement, le sac est séparé en deux ou plusieurs cavités complètement distincles. Celte disposition anatomique a été constatée dans les deux observations suivantes :

(1) Voy. Cloquet, /oc. ci7., p. 123, obs. I • I et obs. 105.

(2) J. (.loquet, thèse citée, p. -57, obs. 22. (Une autre observation semblable p. 125, obs. 106).

Obs. XLIV (1). — Sur le cadavre d’un liomme d’environ 50 ans, le péritoine offre, au niveau de l’ouverture suprérieurc du ca nal inguinal droit, des stygmates fibreux rayonnés qui se contirîuent dans le canal avec un jjros prolongemenl fibro celluleux. Celui-ci bientôt se dilate pour donner naissance à une cavité fusiforme, longue de 2 pouces, séreuse eu dedans, à parois assez épaisses et d’un blanc nacré. Placée au-devant du cordon testiculaire, auquel elle adhère fortement, cette cavité forme un véritable kysta. En bas elle fournit un autre cordon fibreux plein , lequel se change bientôt en une seconde cavité séreuse, longue d’un pouce et terminée par un cul-de-sac arrondi qui est collé sur la tunique vaginale du testicule.

Obs. XLV (2). — Sur le cadavre d’une femme de 50 ans, en disséquant la région inguinale gauche, ou trouva un sac vide, allongé, de 3 pouces et demi de longueur,‘divisé en trois parties par deux étranglements, ce qui lui donnait l’apparence grossière d’un chapelet. Ces trois portions forment autant de cavités distinctes, situées les unes au-dessus des autres, qui n’ont entre elles aucune communication, mais sont simplement continues au niveau des étranglements, au moyen de pédicules pleins et blancs. La portion inférieure du sac forme un kyste ovoïde qui pourrait contenir une grosse aveline et dont les parois sont blanches, assez épaisses, affaissées. Inférieurement cette cavité se termine par un cul-de-sac arrondi, et supérieurement elle offre de petits stygmates , lesquels correspondent au rétrécissement qui la sépare de la cavité moyenne. Sa face interne est unie, mais elle est mate et ne contient pas de sérosité; elle est dans un état de sécheresse remarquable. La portion moyenne représente un kyste de même forme que le précédent^ mais seulement d’un volume un peu moindre, à parois plus minces, et dont l’intérieur lisse , poli, brillant, humecté par une humeur séreuse abondante, n’offre de stygmale qn’à sa partie supérieure. Enfin la division supérieure du sac communique encore avec l’abdomen.

Les parois des kystes sacculaires présentent une structure variable; elles sont quelquefois formées par une enveloppe épaisse, cellulo-aclipeuse. Le kyste est alors contenu au centre d’une véritable tumeur graisseuse. En voici deux exemples.

1 1) J. Cloquet, üiè.se citée, p. 128, ob.s, lü'J.

(2) J. Cloquet, thèse citée, p. 48, obs. 24.

Obs. XLVI (I). Sur le cadavre d’uu vieillard, il existe du côté gauche un sac de hernie inguinale interne dont voici la disposition. On voit sur le péritoine une large plaque fibrocarlilagiueuse, assez épaisse, entourée de plis radiés, couchée sur Tarière ombilicale qui lui adhère forieraent en dedans, distante d’un pouce de Tarière épigastrique qui est en dehors et se continuant en avant avec un [lédicule fibreux plein, lequel s’engage par une ouverture accidentelle du fascia transversalis, et vient se terminer en dedans du cordon par une masse pyi'iforme, non susceptible de réduction. Cette masse contient une cavité séreuse longue de 8 lignes, dont les parois sont fort épaisses, sans communication avec Tabdomen et remplie de sérosité.

De Tautre côté existait une autre tumenr graisseuse sans cavité.

Obs. XLVll (2). Sur le cadavre d’un homme d’environ 40 ans, on trouva au-dessous de l’arcade crurale une tumeur globuleuse, pédiculée, du volume d’une grosse noix, molle et irréductible. Elle renferme dans son centre une cavité séreuse, oblongue, aplatie, humectée de sérosité, longue de 7 lignes, large de 4, et sur laquelle on voit quelques taches noires. Entre la membrane séreuse et la tunique celluleuse très-mince qui enveloppe la tumeur, on rencontre une couche de graisse de .5 à 6 lignes d’épaisseur. La cavité séreuse ne communique pas avec Tabdomen, mais présente en haut un pédicule fibreux très-court qui va, s’insérer en dehors de cicatrices très-prononcées, fort saillantes et mouchetées de plaques noires, que présente en dedans le péritoine, au niveau de l’ouverture supérieure du canal crural.

Dans d’autres cas , les parois de ces kystes subissent des transformations fibreuses , fibro-cartilagineuses et même osseuses , qui paraissent souvent dues à l’inflammation. Elles peuvent acque'rir dans ces circonstances une épaisseur considérable.

Obs. XLVIII(3). J, Cloquet a trouvé sur le cadavre d’un vieil-

(1) J. Cloquet, thèse citée, p. 122, obs. 103.

(^) .1. Cloquet, thèse citée, p. 121, obs. 99.

(3) J. Cloquet, ihè.se citée, p. 145.

lard un petit vsac de hernie inguinale interne oblitéré à son collet et entièrement cartilagineux. 11 avait le volume d’une grosse noisette et ses parois avaient 1 ligne 1/2 d’épaisseur.

La surface interne de ces sacs oblitérés se fait souvent remarquer par l’existence de taches noires , rouges , brunes, dues, suivant J. Cloquet, à des transformations résultant d’épanchements sanguins. On peut aussi observer à la surface intei’ue des traces d’inflammation plus ou moins violente, comme des fausses membranes, des adhérences partielles, etc.

Le liquide, habituellement séreux et limpide, est quelquefois épais et filant, et d’une coloration plus foncée. 11 contiendrait dans certains cas des corps cartilagineux, hordéiformes, dus à la rupture et à la chute spontanée à l’intérieur du sac de plaques cartilagineuses , saillantes dans la cavité. J. Cloquet a constaté leur présence dans le sac d’une hernie inguinale.

Enfin, sous l’influence de diverses causes et à la suite de complications, le liquide peut être sanguinolent, séro-purulent ou même constitué par du pus.

Nous avons jusqu’ici considéré ces kystes sacculaires à l’état d’isolement *, mais ils peuvent être compliqués de la présence d’autres tumeurs séreuses, comme dans un cas de Ledran (!}, remarquable par l’existence simultanée d’une hydrocèle enkystée du cordon et d’une hydrocèle de la tunique vaginale.

Obs. XLIX (1). Un homme portait une hernie inguinale complète depuis déjà longtemps. Arnaud en fit la réduction et lui appliqua un bandage.

Le malade sentit un mois après des douleurs et des élancements le long du cordon spermati(|ue. Les douleurs s’apaisèrent au bout de quelques jours, mais il se forma au-dessous de l’aine une tumeur qui, peu à peu, devient grosse comme un petit melon. Arnaud en fit la ponclloii et en tira près de tiois

(I) Ledran. Ohs. de chii'., I. Il, p. 155, obs. 7î, 1731.

demi-se(iers. La tumeur ne diminua que de moitié. Lorsque Ledrari l’examina, tout le scrotum du côté droit n était qu une tumeur ronde très-considérable, et dont la nature était trèséquivoque. Elle semblait être une complication d’hydrocèle et de sarcocèle. Outre cela le malade avait un peu de fièvre (saip[née et diète). La fièvre se calma, mais la poche de l’hydrocèle qui avait été vidée se remplit un peu, ce qui fit que Ledran distingua aisément qu’il y avait un kyste, d’où l’on avait tiré les 3 demi-setiers d’eau , kyste séparé du testicule qui était très-sain et distinct d’une autre tumeur qui était le long du cordon spermatique. Cette tumeur était ovale, et quoiqu’elle fût très-dure, Ledran crut y sentir un fluide. Ponction donnant issue à environ un poisson d’eau. La tumeur étant un peu diminuée, Ledran sentit facilement que le kyste qui la contenait avait au moins un travers de doigt d’épaisseur. Le liquide s’étant repi'oduit au bout de quatre jours, on en fit l’ablation. Incision du scrotum depuis l’anneau jusqu’en bas. On trouva trois hydrocèles séparées. L’une était dans le sac herniaire qui, ayant été resserré dans sa partie supéiieure par la pelote du hrayer, s’était fermé, de manière que sa cavité n’avait plus aucune communication avec celle de l’abdomen. «J’avoue sincèrement, dit Ledran, que j’en fus étonné, parce que je n’avais point encore vu de sac heruiaite qui se fût fermé du côté du ventre, la pelote du hrayer ne faisant pour l’ordinaire que rétrécir son entrée. »

La seconde hydrocèle était entre la première et le muscle crémasler, dans les cellules de la tunique vaginale; la troisième était sur la tunique albugineuse; c’est celle à laquelle Artiauld avait fait la ponction. On fit la ligature du cordon et du sac herniaire au niveau de l’anneau du muscle oblique externe, et on coupa au dessous de la ligature. Guéi isou l apide.

Pour compléter l’étude anatomique que nous venons de faire des kystes sacculaires , ce serait sans doute le lieu de parler de la coexistence possible de ces kystes avec les hernies. Certains auteurs ont pensé que les cavités kystiques que l’on rencontre assez fréquemment autour des sacs herniaires, et qui apportent souvent de grandes difficultés dans l’opération de la kélotomie, ne sont autre chose que d’anciens sacs herniaires oblitérés à leur collet. Mais la pathogénie de ces kystes hei'uiaires, étant encore un objet de discussion pour quelques

chirurgiens, je renverrai l’examen critique des opinions émises à ce sujet, ainsi que la description des variétés anatomiques de ces collections séreuses, à l’article dans lequel je traiterai des hygromas de l’aine.

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