COLLECTIONS SÉREUSES PRIMITIVEMENT INDÉPENDANTES DU PÉRITOINE
Les collections séreuses appartenant à cette section, comprennent : 1° des hygromas; 2° des kystes ganglionnaires et certains kystes dont la pathogénie est encore douteuse, et que l’on peut désigner simplement sous le nom de kystes séreux ; 3° des kystes développés au centre de néoplasmes ; 4° enfin des kystes hydatiques.
J’indiquerai en outre, chemin faisant, comment, parmi ces collections séreuses , les unes se développent dans la région même, tandis que les autres viennent y faire saillie, api'ès avoir pris naissance ailleurs.
1° Hygromas.
Ces collections séreuses siègent, comme on sait, dans l’intérieur d’une bourse séreuse normale ou accidentelle. A la région de l’aine, il n’existe qu’une seule bourse séreuse normale ; c’est celle qui se trouve en arrière du psoas, entre ce muscle et la gouttière de l’oscoxal, ainsi que la capsule articulaire de la tête fémorale. Cette bourse séreuse, en général très-étendue , communiquerait le plus souvent , au dire des auteurs, avec l'intérieur de 1 articulation. J ai lecherché vainement cette communication dans un assez grand nombre de sujets, et je n’ai pu la rencontrer. Sans nier son existence, je pense cependant qu’elle est moins commune qu on ne 1 a dit.
Examinons d’abord si l’hygroma de la bourse du psoas a été observé.
(a) Hygroma de la bourse du psoas. — Si l’on s’en rapportait à ce que l’on trouve écrit dans la plupart des auteurs classiques, il semblerait que cette affection ne soit pas rare ; car, presque partout, les symptômes, le diagnostic en sont exposés avec grand soin. J’avoue , malgré toutes mes recherches, n’avoir pu en rassembler que deux ou trois exemples I encore assez incomplets.
Je rapporterai d’abord l’observation suivante, qui ne me I paraît devoir laisser aucun doute sur l’origine et le siège de 1 la collection séreuse, malgré les dimensions considérables de 1 la poche.
Obs. L(1). Vieillard septuagénaire atteint d’une pneumonie j double. On apprend que la marche était très-génée et qu’il I sortait peu de son lit depuis quelque temps. U se servait d’une I béquille depuis une vingtaine d’années. Les mouvements de I l’articulation coxo-fémorale sont possibles et même faciles; il ; y a un raccourcissement de |)lus de A centimètres. Aucune déformation du côté externe et postérieur de l’articulation.
La région inguinale seule offre à considérer une tumeur sous-jacente à l’artère qu'elle soulève et dont on voit les battements ; la veine crurale est également soulevée et plus super-
Ificielle. La limite inférieure de la tumeur est à 3 centimètres environ du ligament de Poupart; sur les côtés, elle dépasse l’artère, qui la coupe à son milieu, de 3 centimètres en dedans et en dehors. En haut, la délimitaliou est obscure et impossible.
1 Cette tumeur, du volume d’une pomme environ, est lisse et j régulière ; elle est fluctuante et douloureuse au loucher.
Le malade étant mort de sa pneumonie, on rencontra à l’autopsie les particularités suivantes :
r Disparition de la tôle et du col du fémur; il n’existe plus qu’une surface lisse, autour de laquelle s’insère la capsule de I l’articulation coxo-fémorale. La cavité cotyloïde a disparu et li est remplacée par une surface légèrement saillante; plus de il bourrelet graisseux, ni de ligament interarticulaire. La capsule i| nait de cette surface articulaire de l’os iliaque et va s’attacher i) au fémur; elle est distendue par une certaine quantité de lit quide synovial, jaunâtre, filant et visqueux.
' (1) Maisonneuve, Clinique chir., t. I, p. 243, obs. 52.
En examinant la capsule synoviale, on trouve dans le voisinafje du petit trochanter, au-dessus de cette éminence et de l’insertion des muscles psoas et iliaque, un orifice dans lequel on peut, sans difficulté, introduire le doifjt; cet orifice est le commencement d’un canal qui contourne la direction des muscles psoas et Iliaque, et vient aboutir, en dedans du tendon de ces muscles, à la tumeur située dans l’aine. Cette tumeur, en rapport en dehors avec les muscles psoas et iliaque, et avec le couturier, en dedans avec les adducteurs, en arrière avec la branche horizontale du pubis et le muscle obturateur exterue, soulève en avant l’artère et la veine, dépasse en haut le lifîament de Fallope et se prolonge le long des muscles psoas et iliaque dans le bassin, dans une étendue de 4 à 5 centimètres. Cette tumeur renferme de la synovie que la pression refoule dans l’articulation coxo-fémorale et qui parcourt alors le canal que je viens d’indiquer. Ce liquide est absolument le même que le liquide contenu dans l’articulation. L’enveloppe de cette tumeur est fibreuse, dense et consistante ; elle se confond avec la capsule fibreuse de l’articulation et paraît être de même nature. Cette enveloppe adhère intimement aux muscles psoas et iliaque, ainsi qu’aux vaisseaux et aux nerfs cruraux qui sont a[)latis et divisés au devant d’elle. La surface interne delà tumeur est inégale, couenneuse et jaunâtre, comme les surfaces de la membrane séreuse articulaire. On ne remarque dans les anfractuosités de cette surface aucune trace de pus ou de matière osseuse.
11 semble évident que, dans ce cas, la même cause qui a produit des désordres articulaires aussi considérables a déterminé en même temps l’hydropisie de la bourse séreuse du psoas , qui , à la suite d inflammation , de distension et peutêtre de rupture partielle, a pris un énorme accroissement. Il est bien probable en effet que les lésions de la coxalgie s'étendent souvent à la bourse séreuse du psoas et y produisent des épanchements de sérosité ou de pus. On trouverait sans doute, en parcourant les nombreuses observations de coxalgie qui ont été publiées, d’autres exemples semblables à celui que je viens de rapporter , mais je n’ai pas cru devoir pousser très-loin mes recherches de ce côté , parce que , dans de tels
■ cas , le fait de la collection séreuse perd toute importance, en raison de la gravité de la lésion articulaii’e.
Si on laisse de côté l’hydropisie de la bourse du psoas qui i survient dans ces circonstances , pour ne s’occuper que de j l’hygroma simple , il faut reconnaître que son histoire est j encore à faire. Je n’en ai trouvé que deux observations fort incomplètes, aussi bien au point de vue anatomique qu’au point de vue symptomatologique. (Obs. 113.)
b. Hygromas dans des bourses séreuses accidentelles . — A l’aine, comme partout ailleurs, des bourses séreuses acci- , dentelles peuvent se développer et devenir le siège de collections séreuses. La condition la plus favorable pour qu’une bourse séreuse se forme en un point, c’est qu’il existe une saillie normale ou pathologique qui soulève la peau de dedans en dehors et l’expose ainsi à des frottements répétés. Verneuil a insisté, avec juste raison , sur la fréquence du développement de cesbüui’ses séreuses accidentelles et sur l’importance des lésions dont elles peuvent être le siège, etMassot(l), uti de ses élèves, a attiré d’une façon toute spéciale l’attention des chirurgiens sur les kystes séreux qui compliquent les tumeurs, et qu’il considère comme des hygromas développés dans des bourses accidentelles.
La région de l’aine ne présente normalement aucune saillie exposée aux frottements, et capable par conséquent de fevoriser la formation de bourse séreuses. Mais qu’une tumeur vienne à s’y développer, à effacer le pli inguinal et à soulever la peau, et les conditions seront changées. Si en outre cette tumeur est essentiellement mobile , sujette à de fréquentes alternatives d'augmentation et de diminution dans son volume, si, par sa nature même, elle exige pour son traitement l’emploi de pressions , de froissements répétés, tout semblera se réunir pour
(1) Massot, Des kystes séreux qui compliquent les tumeurs, thèse Paris lo5î, U® 60. ’
faciliter la création de séreuses accidentelles. N’est-ce pas là ce que l’on rencontre dans les hernies ? Une tiimeur essentiellement mobile, augmentant et diminuant alternativement devolume, nécessitant de temps à autre des efforts de taxis, enfin le plus souvent soumise à des frottements continuels de la part d’un bandage. On a signalé en effet depuis fort longtemps , comme compliquant les hernies et comme ayant causé de sérieuses difficultés et de graves erreurs, des cavités kystiques situées au pourtour du sac. Ce sont les kystes herniaires que j’ai déjà mentionnés.
J’ai dit plus haut, en parlant des kystes sacculaires, que, pour quelques auteurs, les kystes herniaires devaient être regardés comme d’anciens sacs oblitérés à leur collet. J. Cloquet (1) a le premier émis celte opinion, qu’il a longuement développée et appuyée sur un grand nombre d’observations. Suivant cet auteur, un sac oblitéré à l’anneau peut laisser passer à côté de lui un nouveau sac par lequel il est parfois entraîné. Il se colle alors sur l’une des faces du nouveau sac, et constitue une grande cavité séreuse kystique, aplatie, plus ou moins humectée de sérosité. Dans d’autres cas le nouveau sac, en se déplaçant, détache complètement au niveau de son collet l’ancien sac oblitéré, de manière à s’en coiffer pour ainsi dire et à s’en envelopper comme d’une véritable membrane séreuse. Dans l’un et l’autre cas, il serait possible de retrouver sur l’une des parois du nouveau sac des stigmates, indices de l’ancien collet.
La même théorie a été de nouveau professée tout récem- ■ ' ment par Kuhn (2), de Niederbronn , qui n’a, suivant nous , rien ajouté à ce qui avait été dit. Aussi a-t-on lieu d’être surpris de le voir passer complètement sous silence les remarquables travaux de J. Cloquet , et réclamer pour lui - même tout le mérite d’une idée aussi nettement exprimée par le sa- >1 vant professeur. 11 suffit de lire la citation précédente extraite
(1) J. Cloquet, thèse citée, p. 57 et 64.
(’2) Kuhn, Gaz. méd., 1859, p. 7;i7, et Gaz. hebdom., 1864, p. 864.
de la thèse de J. Cloquet pour juger la question et rendre à chacun ce qui lui appartient.
Il ne me paraît pas douteux en effet qu’un certain nombre de kystes herniaires doivent reconnaître cette origine, et j’ai parcouru plusieurs observations qui semblent démonstratives; je citerai entre autres les deux suivantes :
ÜBS. Ll (I). Hernie inguinale externe du côté droit trouvée sur le cadavre d’un homme fort âgé. Le sac cylindroïde, long de 4 pouces, vide, descend dans le scrotum, s’accole à la tunique vaginale et peut être réduit en bloc en se plissant sur lui-même et sans se retourner. A sa face externe, on trouve une large poche membraneuse piriforme, aplatie et appliquée sur lui, formant un véritable kyste, dont l’extrémité supérieure se termine en pointe en dehors de l’ouverture du sac; celle-ci présente en cet endroit des stygmates blanchâtres, radiés, extrêmement prononcés. La cavité de ce kyste contient de la sérosité, ses parois sont blanchâtres, o[)aques, assez é|)aisses. 11 est formé par un ancien sac atro[)bié et oblitéré à son ouverture et qui ne s’est point opposé à la formation d’un nouveau sac, en dehors duquel il s’est collé.
0ns. LH (2). Hernies crurales trouvées sur le cadavre d’un vieillard.
Le sac du côté gauche est très-large, fort mince, et a I pouce 1/2 de longueur ; il s’appuie en dedans sur le ligament deOimbernat, auquel il adhère assez fortement; il porte à son côté interne un kyste séreux, long de 10 lignes, aplati, formé par un ancien sac oblitéré dont ou retrouve des vestiges sur le péritoine, sous forme de stries blanchâtres, épaisses.
Mais je crois aussi qu’ou aurait tort de vouloir considérer celte étiologie des kystes herniaires comme constante, et J. Cloquet, tout en pensant que ces kystes dépendent le plus souvent d anciens sacs oblitérés, admettait aussi qu’ils peuvent se développer accidentellement dans le tissu cellulaire extérieur au péritoine. On trouve en effet au voisinage de certaines
(1) Cloquet, thèse citée, p. 117, obs. 96.
(2) Cloquet, p. 68, obs. 51.
hernies el surtout de hernies crurales, des kystes séreux qui n’offrent aucune liaison avec le péritoine et dont il est bien difficile de rattacher l’origine à d’anciens sacs oblitères.
A. Bérard (1) avait attribué le mécanisme de leur formation au taxis prolongé et pratiqué avec trop de violence , lequel séparerait les couches de tissu cellulaire et produirait ainsi des cavités dans lesquelles la sérosité ou le sang s’épancherait ensuite. Cette explication conviendrait tout au plus pour quelques épanchements de sérosité sanguinolente que l’on rencontre parfois entre les différents feuillets qui forment les enveloppes des hernies; mais elle ne suffit plus pour les véritables kystes à parois bien définies.
Broca (2) est le premier, à ma connaissance, qui ait émis l’opinion que les kystes herniaires ont leur siège dans de véritables bourses séreuses, et que celles-ci sont pi’oduites par l’action prolongée du brayer sur les couches sous- cutanées. J’ajouterai toutefois que l’action du bandage n’est pas indispensable pour expliquer la formation de ces bourses séreuses accidentelles, puisque dans quelques observations on a eu le soin d’indiquer que le malade n’avait jamais porté de brayer; j’ai d’ailleurs montré plus haut que le Ihit seul de l’existence de la tumeur herniaire suffisait pour faire concevoir la production de bourses séreuses, et je n’ai pas besoin de revenir sur ce sujet.
En résumé, donc si certains kystes herniaires ont manifestement leur siège dans d'anciens sacs oblitérés à leur collet , il n’est pas moins certain , comme on le verra par la lecture de quelques observations, que beaucoup d’autres doivent être regardés comme formés dans des bourses séreuses accidentelles., et c’est ce qui m’a déterminé à en tracer l’histoii e à propos des hygromas. J’ajouterai, relativement au mécanisme de la production des kystes herniaires, que ces cavités séreuses
J) A. Bcrard, Ballet. Acad, de niéd., 1839, t. 111, p. 1104.
fi) Broca, De l'Élranglemenl dans les hernies, ÜiÈse de conc...l8j3, p. KH
(anciens sacs ou bourses accidentelles) qui se rencontrent au voisinage des hernies, deviennent, lorsque ces dernières s’enflamment ou s e'tranglent , le sie'ge d’un épanchement aigu de sérosité.
Ces kystes méritent d’étre parfaitement connus dans leurs variétés anatomiques, si l’on veut éviter de graveserreurs. Relativement aux rapports qu’ils affectent avec le sac herniaire, ils se présentent sous deux formes principales : tantôt le kyste, semblable à une véritable bourse sous-cutanée, est situé en avant de la hernie, entre la peau et la face antérieure du sac, on pourrait l’appeler /cysie anlé-herniaire ou pré-herniaire : tantôt il présente une disposition plus compliquée; la séreuse accidentelle entoure le sac de tous côtés , remontant plus ou moins haut vers son collet, absolument comme la tunique vaginale entoure le testicule. Cette variété pourrait être désignée sous le nom àQ kyste péri- herniaire.
Les deux vai’iétés de kystes herniaires offrent également des différences remarquables dans la structure de leurs parois. Celles-ci peuvent être très-minces et se présenter sous l’apparence d’un simple feuillet séieux , comme dans les observations suivantes :
Obs. lui (i). — Hernie inguinale externe du côté gauche dont le sac était entoui’é de toutes parts, excepté à sa pai-lie supérieure, par un kyste volumineux. En incisant la tumeur en avant, Liloquet ouvrit ce kyste et porta son doigt tout autour de la partie inférieure du sac qui faisait saillie dans son intérieur et présentait vers sa partie moyenne des stygmates fibreux fort épais, indices ou collet oblitéré. C’est bien dans ce cas qu’on pourrait faire la com[)araison de ce kyste avec ces bonnets de nuit qui, doubles et repliés sur eux-mêmes, reçoivent la tête sans la contenir dans leur cavité; il embrasse, en effet, absolument de la même manière la partie inférieure du nouveau sac.
(I) .1. Cloquet, thèse, p. 59, ob.s. 34. — blables, p. 69, obs. ,35 ; p. 60, ubs. 36.
Voyez en outre d’autres observations sem-
Dans le fait qu’on va lire et qui semble se rapporter à un kyste pré-herniaire , l’auteur attribue le développement de celui-ci à l’oblitération d’un ancien sac herniaire dont les viscères se sont réduits pendant la grossesse; mais cette étiologie , comme je l’ai dit, n’est rien moins que prouvée. Les parois du kyste étaient très-minces.
Obs. LIV (1). — Femme de 43 aas, enceinte pour la sixième fois, atteinte de hernie au second mois de sa grossesse. Accidents d’étranglement après l’accoucliement ; opération cinq jours après.
La peau et le tissu cellulaire étant incisés, on ai rive sur un sac à parois minces, que l’on coupe en dédolant; écoulement de sérosité limpide, dont la quantité est évaluée à la moitié environ d’un verre à boire. On croit avoir ouvert le véritable sac herniaire, mais le chirurgien s’aperçut que c’était un kyste contigu au sac, car, en portant l’indicateur de la main gauche vers l’anneau, pour faire le débridement, il ne put parvenir à engager l’extrémité du doigt entre l’intestin et le bord libre de l’anneau , parce qu’un tissu membi’aneux recouvrait le tout et faisait dévier le doigt. Nouvelle incision ; on pénètre dans un second sac, qui contenait une petite quantité de sérosité et une anse intestinale ; réduction facile.
Gely (2) (de Nantes) et Broca (3) ont également rapporté deux observations de kystes péri-herniaires ; il s’agissait de hernies crtirales étranglées dont le sac était entouré par une cavité séreuse, de la même manière que le testicule l’est par la tunique vaginale.
Dans un certain nombre de cas, les kystes herniaires se présentent avec un aspect très-singulier dû à l’épaisseur de leurs parois qui se chargent de masses graisseuses, de forme et de volume variables, simulant plus ou moins exactement des hernies épiploïques. Le chirurgien doit donc être prévenu de ces variétés de structure des kystes herniaires, s’il ne veut s’exposer à des méprises fâcheuses.
(1' Kuhli, loc. cit. ,
(2) Gely, lie Nantes, Jour», de méd. de la Luire-lnferteure, 1837, p. 311.
i3' Broca, Ihèso cili'o, p. 102.
Ces kystes à parois épaisses s’observent surtout dans les hernies crurales. Voici un exemple de kyste anté-herniaire à parois épaisses.
Obs. LV (1). — Bérard opère uoe hernie crurale étranpflée. Après l’incision de la peau, il coupe le tissu cellulaire souscutané et le fascia superficialis qui présentent des couches superposées et dislinctes. Il met enfin à découvert dans toute l’étendue de la tumeur une dernière couche assez unie, s’étendant jusqu’à l’ouverture abdominale, et croit d’autant plus Facilement être arrivé dans le véritable sac, qu’il s’écoule quelques gouttes de sérosité sanguinolente à l’ouverture de cette poche accidentelle. Les parties qui s’oFFraient à la vue avaient un aspect lisse et luisant sur quelques points, floconneux et graisseux sur d’autres ; elles ressemblaient en un mot à une masse épiploïque. Cetle masse oFFrait la sensation d’un corps liquide renFermé uiiiFormément dans son épaisseur. L’erreur Fut de courte durée ; incision du sac situé en arrière et renFern)ant une anse intestinale.
Le fait suivant, qui se rapporte aussi à la variété de kystes anlé-herniaires, nous montre deux de ces kystes superposés. 11 pourrait aussi servir d’exemple d’un véritable hygroma herniaire; car il semble impossible d’attribuer la formation du kyste le plus superficiel à un ancien sac herniaire oblitéré.
ÜBS. LVl (2). — Hernie crurale étranglée chez une Femme de ans, d’uue maigreur l•emarquahle. La tumeur, auparavant réductible, existait depuis plusieurs années et avait été toujours mal contenue; sou volume est celui d’uu miiF de pigeon. Le taxis ayant été essayé sans résultat, S. Cooper opère. Après l’incision ordinaire, on arrive au F scia propria ; écoulement de sérosité. Le chirurgien incise le fascia et trouve au dessous une masse considérable dégraissé granuleuse, circonstance qui 1 a d’autant plu.s Frappé que la malade était fort maigre; cette masse avait l’apparence de l’épiploon épaissi. A son milieu existait une tumeur de couleur bleuâtre et d’aspect
vD Çoclin, Société anal., Il' année 1836, p. 301.
(2) Samuel Cooper, Gaz. des hôpitaux, 1839, p. 181.
lisse. Cooper a présumé d’abord que ce pouvait être une anse intestinale étranjTlée. Après un examen attentif', il s’aperçoit que c’est un kyste. 11 Fait une ponction qui donne issue à de la sérosité, puis il fend la poche et s’assure de la naiure de celte tumeur, qu’il compare aux tumeurs séreuses qu’on appelle gauf^lious. Kn continuant la dissection, l’opérateur renconlre un second kyste, pareil au précédent, qu’il ouvre é{jalement. 11 arrive enfin au véritable sac herniaire.
M. Verneuil a observé un cas à peu près semblable.
Obs. bVII (t). — Opération de hernie crurale étranglée chez une jeune femme assez grasse; kyste multiloculaire, envoyant vers l’épine iliaque un prolongement digitiforme tout à fait sous-cutané, rempli d’une sérosité sanguinolente assez abondante et qui donnait à la tumeur herniaire une forme insolite. Cette configuration irrégulière empêcha de le confondre avec le sac de la hernie crurale, qui était au-dessous, en sa place ordinaire. La malade portait un bandage depuis plusieurs années.
Je pourrais encore rapporter d’autres observations analogues, que je réserve pour le diagnostic de ces kystes herniaires, afin de montrer les difficultés presque insurmontables qu’ils présentent parfois dans la pratique.
I.e contenu des kystes herniaires est également variable. Le plus souvent c’est une sérosité limpide ou légèrement sanguinolente. Quelquefois c’est du sang presque pur, dont l’exhalation doit être rapportée, le plus souvent, aux tentatives de taxis, mais qui paraît aussi se produire en l’absence de l’action de cette cause et par le fait seul d’une violente inflammation.
Obs. LVIII (2). — Une femme de 42 ans portait depuis plusieurs années une hernie crurale droite, irrégulièrement contenue par un bandage. Durant des efforts de vomissement, la bernie sort et s’étrangle. La (umeur, de la grosseur d’une noix, presque ronde, proéminente cl tendue, offrait une sensibilité
Verneuil, loc. cil- (2> Qnain, Gaz. méd-, 1856, p. 560.
remarquable, au point que les teulalives tle taxis occasionuaient de vives douleurs. Opération.
On trouva que toute la tumeur consistait en un sac membraneux épais, rempli de sérum mêlé de sang, et rien de plus. La surface inteine de la raembiane avait une couleur noire foncée et très vasculaire. 11 n’y avait aucune communication avec l’abdomen. Incision dans une partie un peu proéminente du sac, à son extrémité inférieure. On arrive à une petite portion d’intestin étranglé, immédiatement en contact avec un sac propre.
Enfin , dans certains cas d’inflammation violente , le liquide des kystes herniaires peut devenir séro - purulent , purulent, et prendre Todeur des matières stercorales, comme dans un cas de Baucliet (obs. 107).
On vient de voir comment certains kystes qui compliquent les hernies doivent être conside'rés comme des hygromasdans des bourses séreuses accidentelles développées au voisinage de tumeurs herniaires. En l’absence d’une hernie peut-il se former à l’aine d’autres bourses séreuses dont l’hydropisie constituerait une seconde variété d’hygroma ?
D’après Verueuil (1), l’existence de ganglions lymphatiques durs, volumineux, chez un sujet amaigri, suffit pour donner naissance à des bourses accidentelles. Il cite à l’appui de cette manière de voir un fait clinique qui lui est propre.
Obs. LIX. — Une vieille femme, observée à la Charité, présentait dans l’alue gauche, au lieu qu’occupe la hernie crurale, une tumeur sous-cutanée superficielle, du volume d’une noix, un peu aplatie, mobile, indolente, irréductible, et dont la nature était facile à reconnaître, car, en raison de l’amincissement de la peau et du défaut d’embonpoint, elle offrait une ti'ans|)arence manifeste. Cette tumeur s’était accrue lentement, sans provoquer le moindre trouble. Jamais de hernie, aucun bandage n’avait été porté. Du côté affecté aussi bien que de l’autre, les ganglions étaient volumineux, durs, roulant sous le doigt.
(11 Verueuil, loc. cil.
D’après Verneuil, ce kyste aurait pris naissance dans une bourse séreuse accidentelle développée entre la peau et les ganglions hypertrophiés. Des recherches faites sur le cadavre sont venues confirmer cette hypothèse, et il a rencontré deux fois, dans des conditions semblables, la face antérieure d'une glande inguinale recouverte par une bourse lenticulaire très-distincte.
Ainsi , comme nous le disions au commencement de cet article , toutes les fois qu’une tumeur se développe dans l’aine, il peut se former entre sa Ihce antérieure et la peau des bourses séreuses anormales , et par suite des hygromas. Or, comme les tumeurs les plus fréquentes en cette région sont les hernies et les hypertrophies ganglionnaires, ce sera surtout dans Tune ou l’autre de ces circonstances que l’on observera des hygromas.
Je citerai en dernier lieu une observation curieuse qui montre les deux causes réunies pour produire une bourse séreuse ; il y avait existence simultanée de ganglions volumineux et d’une hernie, et c’est entre la face pruloude d un ganglion et la face antérieure du sac que s est développé l’hygroma.
Obs. LX(I). — thie femme de 3") ans portail une tumeur du pli de l’alue depuis trois mois, dure, peu douloureuse, diagnostiquée ganglionnaire. Les sangsues, les cataplasmes et les purgatifs amenèrent la cessation de la douleur, mais le gonflement peisista. Trois mois après, douleurs très-vives, irradiées dans l’abdomen,’ qui devient sensible, surtout à la région hypogastrique. Symptômes généraux fébriles; consUpation. Pas de douleur à la pression sur la tumeur. — Sangsues, émollients, lavements. ,
Les accidents persistent, puis surviennent des nausees, des vomissements, du hoquet, et une constipation absolue.
On opère : après l’incision de la peau, le chirurgien incisa verticalement et dans toute son épaisseur la tumeur ganglion-
(0 Pellegriiii, AnnalL umversali di medicint, j.mi ts4i ^Irchi^es . i' série I. VI, p,232î.
naire qui avait un demi pouce, et-qui étail-formée j)ar des glandes épaissies et lardacées. Après cette incision, il aperçut un kyste, qu’il prit au premier abord pour le sac herniaire, mais qui ne contenait que de la sérosité. Au-dessous, il découvrit une tumeur qui avait la grosseur d’un œuf de pigeon ; c’était le sac, qui contenait, avec une sérosité abondante, une anse intestinale. Débridemeut et réduction ; mort vingt-huit heures après.
2° Kystes ganglionnaires.
On admet assez ge'néralement aujourd’hui , depuis les observations de A. Richard, que des kystes séreux peuvent se former dans les régions du cou et de l’aisselle, au centre de ganglions lymphatiques, altérés par un travail phlegmasique chronique. L’existence de semblables kystes à l’aine est encore un sujet de discussion pour les auteurs. Le professeur Velpeau (1) s’exprime ainsi à cet égard : «J’ai vu dans l’aine el dans la fosse iliaque des collections de pus, de sérosité, et même de sang qui semblaient s’être creusé une cavité close, sous l’influence d’un travail maladif, dans quelques gangiions lymphatiques. Deux fois des collections de ce genre établies dans le creux inguinal, ayant acquis le volume d’un œuf ou du poing, ont été traitées par l’injection iodée, comme s’il se fût agi d’une hydrocèle simple, et dans les deux cas le résultat a été aussi satisfaisant que dans les hydrocèles enkystées du cordon. Un jeune homme était tourmenté depuis plusieurs mois par une tumeur ganglionnaire qui, du pli de laine, s’était étendue derrière le ligament de Poupart, puis était devenue fluctuante. Boinel retira par la ponction un verre de sérosité et injecta de l’iode. Guérison rapide. » Ces faits, malgré toute la valeur qu’ils empruntent au nom du savant chirurgien qui les a observés, peuvent cependant laisser subsister quelques doutes relativement au siège exact de la collection séreuse. Aussi Verneuil (2), sans
t. closes. Annales de la chirurgie
:1) Verneuil, loc. cil.
nier l’existence 'de ces kystes ganglionnaires, pense que leur admission exige un supplément de preuves tirées surtout de la dissection, de l’analyse chimique du fluide et de l’examen histologique de ce fluide et de la paroi.
Sans pouvoir fournir de l’existence réelle des kystes ganglionnaires de l’aine une démonstration basée sur un aussi grand nombre de preuves, j’espère pourtant apporter quelque lumière sur ce point encore obscur. J’ai été assez heureux, en effet, pour observer un cas dans lequel le siège anatomique de la collection séreuse était nettement prouvé par son mode de développement.
Voici ce fait, que j’ai vu à la Pitié, dans le service du D*' Richet , et au sujet duquel mes collègues Painetvin et Spiess ont bien voulu me fournir quelques renseignements.
Obs. )LXI. — M (Louise), 49 ans, jouroallère, rue de Va-
lenciennes, 3U. Knirée à la Pitié le 28 octobre 1864, salle Saint- Augustin, n® 10, service de M. Richet.
Cette femme, d’une assez bonne santé habituelle, bien réglée, mariée à 36 ans, n’a jamais eu d’enfants. Elle ne se rappelle pas avoir été malade.
Vers la fin de l’année 1862, en soulevant une caisse assez lourde, elle a senti une légère douleur dans 1 aine droite, et a remarqué en cet endroit l’existence d’une petite tumeur.
La malade a été consulter un médecin qui, après de vaines tentatives de taxis, lui a conseillé l’usage d’un bandage.
Elle n’a du reste présenté à ce moment aucun trouble du côté des voies digestives, pas de conslipation, de coliques, ni de vomissements; après s’être reposée quelques jours, elle a pu continuer son travail. Elle a porté un bandage pendant huit ou quinze jours, mais elle a dû l’abandonner parce qu il la faisait souffrir. La tumeur, dont le volume était resté absolument le même et ne diminuait jamais, était habituellement indolente.
Au mois de juillet 186Î, à la suite d’une cholérine et d’une métrorrbagie abondante , survenues sans cause, la tumeur de l’aine tli’oîle devint duuloureuse, lougr, puis sou vrit spontanément, et donna issue à du pus mele de sang.
Ail bout tle dix ou quinze jours, l’ouverlure se cicatrisa. Enfin, il y a une quinzaine de jours, après avoir éprouvé quelques symptômes p^énéraux mal définis, pour lesquels on la purgea à plusieurs reprises, il survint dans l’aine gauche un gonflement douloureux, avec rougeur et chaleur. Une ouverture se fit spontanémeni , et la malade entra à la Pitié huit jours après.
A son entrée, on trouve dans l’aine gauche deux ganglions suppurés; les bords des ouvertures sont irréguliers, épaissis, indurés, renversés en dedans; la suppuration peu abondante est presque séreuse.
Du côté droit, au-dessous de l’arcade crurale, existe une tumeur allongée transversalement, offrant dans ce sens une étendue de 8 centimètres, et dans le sens vertical une hauteur de 4 centimètres. Par son extrémité externe, elle dépasse l’artère crurale; en dedans, elle recouvre le pectiné et s’avance jusqu’au voisinage du pli qui sépare la cuisse de la grande lèvre. La peau est parcourue par une ligne rougeâtre, transversale, cicatrice de l’ouverture spontanée qui s’est faite en ce point, il y a trois mois.
A [lart l’existence de celte cicatrice, la peau présente sa couleur normale et est mobile sur la tumeur. Celle-ci est également mobilesur les parties profondes, complètement irréductible, inateà la percussion, sans battements, élastique, rénilente, manifestement fluctuante dans la plus grande partie de son étendue; elle présente cependant en quelques points, et surtout à sa partie inférieure et externe, quelques inégalités, quelques bosselures solides, dures, qui ne sendjlent pas fluctuantes. Cette tumeur est parfaitement transparente.
On ne trouve aucune cause capable d’expliquer l’adénite suppurée dont cette femme est atteinte. Elle refuse de se laisser examiner au spéculum. Il n’existe du reste aucune trace de syphdis. Cependant on panse les fistules de l’aine gauche avec l’onguent napolitain, et on prescrit t pilule de Sédillot.
5 novembre. M. Hichet fait une ponction avec le trois-quarts dans la tumeur de l’aine droite. Issue de liquide séreux, légè^ rement louche, dont on recueille 12 grammes.
Le 1.5. Il semble que le liquide se reproduise à l’intérieur du kyste.
2 décembre. On constate que le volume de la tumeur est consKlerablement réduit. Par le palper, on trouve encore dans ame une petite tumeur arrondie, de 2 centimètres de diamètre
environ, manifestement fluctuante, l.es fistules de l’ainejïauche sont cicatrisées depuis huit jours.
La malade veut sortir le lendemain.
Le liquide, extrait |)ar la ponction, est laiteux, mais plus séreux que du pus. L’examen microscopique montre comme élément prédominant, et donnant au ri(|nide sa couleur hlanchàtre, de très-nombreux corps granuleux de Gluge, formés de granulations graisseuses renfermées dans une enveloppe commune. Les éléments sont volumineux, de 0”’"",0(.5 à 0“‘“,0?, et généralement sphériques. On trouve aussi de fines granulations graisseuses, libres, et des cellules vésiculeuses sphériques, n’ayant aucun caractère distinctif, sans noyaux. Ce même liquide, soumis à une analyse chimique, se montre très-foriement alcalin, et renferme une quantité d’albumine suffisante pour se prendre en masse quand on le chauffe. 11 contient du chlorure de sodium et quelques traces de phosphates alcalins.
Il me semble que dans ce cas on ne peut se refuser à admettre le siège ganglionnaire de la collection séreuse ; il suffit, pour s’en convaincre, de résumer les principaux traits de l’observation qui précède. Il faut d’abord éloigner tout soupçon de hernie , malgré certaines circonstances du récit fait par cette femme, d’une intelligence d’ailleurs très-bornée. Elle nous dit, en effet, que le développement de sa tumeur a succédé à un effort; mais on n’ignore pas la tendance qu’ont généralement les malades à rapporter l’origine de toute lésion pathologique à une violence extérieure ou à un effort, parce que c’est à ce moment qu’ils remarquent l’existence d’une tumeur qui, par son indolence ou son peu de volume, leur avait jusqu’alors échappé. Au reste, je me suis assuré, à plusieurs reprises, qu’à aucune époque la tumeur de l’aine n’avait présenté aucun des symptômes d’une hernie. Cette femme portait donc une tumeur ganglionnaire de l’aine droite, qui, pour une cause indéterminée, s’est enflammée, a suppuré et s’est ouverte spontanément, puis, la cicatrisation ayant eu lieu, la tumeur a reparu quelque temps après, a grossi peu à peu et a présenté enfin tous les caractères d’un kyste séreux.
Bien plus, si ce mode de développement n’élail pas encoi’e assez clair, et s’il pouvait rester quelques doutes sur la lj nature de l’affection de l’aine droite, l’existence d’une adénile suppurée de l’autre côté, devrait contribuer aies faire ^ disparaître. L’analyse microscopique et cliimique du liquide
In’a fourni, il est vrai, que peu de renseignements, et la dissection seule pourrait établir d’une manière incontestable la réalité de l’espèce pathologique que j’étudie ici; cependant, en l’absence de cette preuve, le fait précédent me paraît avoir la pins grande valeur, puisque, sans interprétation forcée, la marche même de la maladie amène à cette conclusion parfai- ' tement logique, que le kyste s’est développé dans un ancien foyer creusé aux dépens des ganglions lymphatiques de l’aine.
Je ne puis m’empêcher à ce sujet de faire un rapprochement qui trouve d’autant mieux sa place que j’invoquerai l’autorité même de Verneuil, qui doute encore de la réalité des kystes ganglionnaires. Dans son récent mémoire sur l’hydrosadénile (1), après avoir décrit les abcès développés dans les glandes sudoripares, il dit : «Si l’ouverture cutanée se cicatrise et que le foyer sécrète toujours, ou voit succéder à la collection purulente une collection séreuse, sorte de kyste secondaire, ayant pour membrane de délimitation l’ancienne paroi de l’abcès. » Et il rapporte à l’appui une belle observation de kyste séreux de l’aisselle développé dans ces circonstances. L’analogie ne peut être plus complète, et dans le fait que j’ai observé , comme dans celui de Verneuil, les symptômes, mais surtout la marche et le mode de développement de la tumeur, doivent suffire pour affirmer son siège.
J’ai rencontré dans mes recherches un autre exemple de kyste de l’aine, dont la pathogénie semble également assez nette.
{U Verneuil. Archives, 1864 p. 555.
Obs. LXil (1), — Un homme, âfré de 38 ans, bien constitué, sentit, après un effort violent, une petite tumeur (grosse comme une aveline qui se manifesta subitement dans l’aine droite. Celte tumeur augmenta par la marche. — Sangsues, émétique.
Le dixième jour, Prus vit le malade; la tumeur de l’aine était généralement dure et rénitente, du volume d’une noix, offrant des saillies Inégales, qui parurent devoir être rapportées à un gonflement inllammaloire des glandes inguinales superficielles. — Bains, applications émollientes.
Quatre jours après, en examinant la tumeur, on trouve qu’au milieu d’une circonférence très-dure et douloureuse à la pression, existait un point beaucoup plus mou. Indolent, et dans lequel on ne put reconnaître de fluctuation. Lorsqu’on faisait tousser le malade, la tumeur prenait plus de volume, le point central qui présentait le moins de résistance en acquérait davantage. Rougeur de la peau. Aucun symptôme du côté des voies digestives. Augmentation de la tumeur les jours suivants; la partie centrale s’acumine, et devient fluctuante. Le malade n’accuse pas d’élancements douloureux, pas de douleurs à la pression. Prus remarque qu’à ce moment les efforts de toux ne donnaient plus lieu à une impulsion sensible.
Vers le vingtième jour, il se fait une petite ouverture, à la suite de la rupture d’une phlyctène, par laquelle s’échappent quelques onces d’une sanie sanguinolente. Cet écoulement dura plusieurs jours, puis une nouvelle collection de liquide au moins aussi considérable que la première se forma très-promptement. La peau celle fois entièrement indolente avait à peu près sa couleur naturelle. L’affection datait déjà d un mois. Incision avec une lancette. Issue de plusieurs onces de sérosité visqueuse et citrine. Malgré une compression assez forte, deux jours après, la tumeur avait repris son volume. Le malade l’ouvrit de nouveau, et une quantité de sérosité plus conside* rable que la première s'écoula.
Malgré l’opinion do Prus, qui a cru à 1 existence dune hernie et qui a donné du développement de ce kyste une application assez compliquée et peu satisfaisante , on ne peut voir autre chose dans ce fait qu’une adénite suppurée à laquelle a succédé un kyste ganglionnaire, et sous ce rapport
(1) Prus, Transact. méd., t. III, p. 289, 1831.
cette observation se rapproche de celle que nous avons recueillie. 11 faut ajouter d’ailleurs que le fait de Prus présenté à l’ancienne Société de médecine de Paris, a été interprété comme nous venons de le faire par la plupart des membres de la Société et par Roche en particulier. Jacquemiu fit à ce sujet une remarque importante : « Par sa position de médecin des prisons, il a vu beaucoup de bubons, et il en a souvent observé dans lesquels au lieu de pus il ne trouvait que du sang ou une sérosité plus ou moins colorée. »
Mais, indépendamment de ces cas dans lesquels l’origine ganglionnaire de la collection séreuse est difficilement discutable, parce qu’on voit manifestement celle-ci remplacer une adénite, il est d’autres exemples dans lesquels l’étiologie est beaucoup plus obscure. L’existence d’une adénite antérieure échappe à peu près complètement, ou ne peut être que soupçonnée ; la collection séreuse s’est faite plus ou moins lentement et sans déterminer d’autre gêne que celle qui résulte de son volume. C’est surtout pour les kystes de cette espèce que Verneuil hésite encore à admettre un point de départ ganglionnaire. Je manque de renseignements suffisants pour oser affirmer le siège réel de certaines tumeurs liquides enkystées dont je rapporterai pUs loin les observations; j’avoue seulement que les deux faits précédents, celui de Prus et sui'toul celui que j’ai observé, et dont je ne connaissais pas encore les analogues, me paraissent de nature à dissiper une partie des doutes, relativement à la possibilité de collections séreuses formées dans les ganglions lymphatiques. J’incline donc à croire que bon nombre de ces kystes de l’aine dont le siège reste problématique, appartiennent à de véritables kystes glandulaires remplis par de la lymphe modifiée à la suite d'un travail phlegmasique lent et chronique. Afin de mettre le lecteur à même de se faire un jugement à cet égard, je rapporterai les observations que j’ai pu rassembler. Dans la suivante , dont je dois les détails à l’obligeance de mon
collègue et ami Hénoque, quoique l’éliologie présente encore quelque obscurité, il est possible qu’il y ait eu au début un engorgement ganglionnaire.
Obs. LXIH. — .lardé (Jean), 25 ans, terrassier, est entré à Lariboisière, le 18 mai 1863, salie Saint-Louis, service du D‘’ Cbassaignac.
11 raconte qu’en novembre 1858, il a été renversé et traîné par un veau. La hanche gauche a surtout porté .dans sa chute. 11 a pu néanmoins se relever et marcher saus grande douleur. Mais, le soir, la cuisse devint très-douloureuse, et le malade sentit à l’aine gauche une petite grosseur.
Cette tumeur qui .s'est accrue lentement n’a jamais été réductible; elle a permis du reste au malade de marcher sans gêne ni douleur quinze jours après l’accident. Cependant, par une augmentation lente et progressive, la tumeur a acquis un volume assez considérable pour gêner beaucoup la marche, et c’est pour cette raison que le malade se décide à entrer à l’hôpilal.
A l’exarnen l'ait au moment de l’entrée, ou trouva dans l’aine gauche une tumeur assez régulièrement hémisphérique, occupant tout le triangle de Scarpa, d’une longueur de 20 centimètres sur 15 de large. Elle présente quelques bosselures à la partie externe. La peau qm la recouvre n'est pas altérée, n’offre aucune dilatation veineuse, aucifue rougeur, nulle adhérence. La tumeur est tendue, fluctuante. On sent les battements de la fémorale à sa partie externe. Il n’existe aucun pédicule à la tumeur, le canal crural ne peut être senti. H n’y a pas de transparence. La pression ne détermine aucun changement dans son volume, bien du côté de l’abdomen. L articulation coxo-fémorale est intacte. 11 n’existe pas de douleurs le long de la colonne vertébrale qui, à une exploration attentive, ne présente ni saillie, ni déformation. Le malade un peu amaigri est encore très-vigoureux. M. Cbassaignac diagnostique un abcès froid , dont le point de départ reste d’ailleurs indéterminé.
23 mai. Ponction qui donne issue à un liquide jaunâtre, louche, séreux, avec des flocons blanchâtres ayant l’apparence du riz cuit. On évacue ainsi environ 2 litres de liquide.
Deux uibes à di'aiuages fureul placés à travers le kyste, et servirent à faire des injections iodées.
La siippura(ion s’est établie et, vers le 15 août, on a pu retirer les tubes, be 1®‘‘ septembre, la cicatrisation des orifices était complète. La poche forme encore un certain relief; on sent dans son épaisseur et profondément des nodosités, des noyaux d’induration. Le malade sort de l’hôpital , marchant encore avec assez de peine.
Le liquide, examiné au microscope, n’a présenté aucun débris d’hydatides, aucun ciocbel d’écbinocoques. 11 contenait une quantité considérable de cristaux de cholestérine.
On constate bien dans ce fait l’intervention d’une violence extérieure assez considérable. Mais comment celle-ci a-t-elle pu agir pour provoquer le 'développement de la collection séreuse de l’aine? Y a-t-il eu primitivement un épanchement sanguin? La chose est possible, quoique paraissant peu probable. En effet le choc a porté sur la hanche et non sur la région de l’aine, et ce n’est que le soir de l’accident que le malade s’est aperçu de la présence d’une petite tumeur audessous de l’arcade crurale. Il serait peut-être permis de croire qu’il s’est développé là une légère adénite sous l’influence du traumatisme auquel la hanche a été soumise. Mais ce n’est là qu’une supposition , et je ne veux pas insister davantage sur une hypothèse. Je ferai seulement remarquer la nature du liquide, qui présentait des flocons blanchâtres , ayant l’apparence du lâz cuit. Rien dans les symptômes ne pouvait faire soupçonner l’existence de ces grains riziformes.
J’ai pu observer chez une femme un kyste de l’aine, contenant très-probablement en assez grande quantité des corpuscules semblables , si je m’en rapporte du moins aux symptômes, car celte observation est incomplète, en ce que l’opération n’a pu être faite.
Obs. LXIV. Henriette G , 49 ans, demeurant rue
(lu faubourg Saint-Martin , n" 144 , est venue à la consultation de l’hôpital Lariboisière pour une tumeur de l’aine. Elle
— dOO —
a été examinée par mon'arai Paul Tillaux , remplaçant alors M. Chassai{;nac; la tumeur a été diagnostiquée: kyste ganglionnaire de l’aine. J’ai vu depuis et à plusieurs reprises la malade , dont l’examen n’a pu que me conlirmer dans la même o[)inion.
Il y a dix-huit ans, à la suite d’un accouchement normal, la malade s’étani levée au bout de huit jours, a vu ap|»araître s[)ontanémeut une petite tumeur dans la région crurale droite et vers la partie interne et moyenne du triangle crural. Cette tumeur était de la grosseur d’une noisette, indolente, roulant sous le doigt; elle n’a jamais été réductible, même après un séjour prolongé au ht. Le plus souvent indolente; elle devenait parfois le siège de quelques douleurs passagères, pour lesquelles la malade prenait seulement un peu de repos.
A aucune époque, la malade n’a éprouvé d’accidents du côté des fonctions digestives.
Depuis deux ans, à la suite de fatigues excessives, la tumeur a augmenté considérablement de volume; elle est devenue un peu douloureuse. A cette date, la malade a consulté un médecin, qui lui a conseillé l'usage d’un bandage herniaire, qu’elle a depuis constamment porté. Mais c’est surtout depuis trois mois que la tumeur paraît s’èire accrue, sous l’influence d’une bronchite déterminant des quintes de toux trèsfatigantes. La forme de la tumeur se serait eu même temps modifiée, et de ronde qu’elle était d’abord, elle se serait allongée dans le sens transversal en s’étendant davantage vers le pli génito-crural.
Lorsque je l’examinai i^le l®*' novembre 1864), je découvris dans l’aine droite une tumeur située au-dessous de 1 arcade crurale, formant un relief peu marqué, de forme allongée transversalement, mais dont l’axe était légèrement oblique de haut en bas et de dehors en dedans. Elle est manifestement bilobée. La portion supérieure et externe, moins volumineuse, | est placée en avant et un peu eu dedans de l’artère fémorale; l’inférieure et interne qui paraît plus profonde repose sur les adducteurs. Elle est limitée en dedans par la corde formée par le tendon du moyeu adducteur. Cette tumeur présente 8 centimètres dans son diamètre transversal, et i centimètres dans le vertical. Les téguments, parfaitement intacts, glissent , aisément en avant Je la tumeur, qui paraît elle-même mobile dans tous les sens, et libre d’adhérences avec les parties pro- j fondes. Elle est très-manifestement Huctuanto, et semble me-
— lOi —
diocremeiit lenclue. En appliquant les doigts sur chacun des lobes de la tumeur, et en exerçant des pressions alternatives, on fait passer le liquide de l'une dos poches dans l’autre; si l’on presse sur la tumeur inféro-interne, la plus volumineuse et la plus profonde, on voit l’autre lobe grossir, se tendre et devenir très- superhciel. Dans ces recherches, on perçoit un bruissement particulier qui donne la sensation des grains riziformes. Je me suis assuré à plusieurs reprises de la réalité de ce phénomène, et j’ai pu surtout l’obtenir d’une manière très-sensible , au moment où je faisais passer le liquide dans la tumeur supéro-externe. La sensation de crépitation semblait alors se produire presque sous mes doigts.
Les parois de cette poche paraissent peu épaisses; lorsqu’on a vidé par la pi-ession la partie supéro-externe, la plus superficielle, on ne sent aucun corps solide à sa place.
Il m’a paru manifeste qu’au pourtour de la tumeur il existait quelques petits engorgements bien circonscrits, surtout en haut et en dedans, donnant la sensation de petits ganglions assez durs et indépendants des parois de la tumeur.
Celle-ci est complètement irréductible, n’éprouve aucune modification sous l’influence de la toux, ni pendant les mouvaments de flexion ou d’extension de la cuisse.
J’ai cherché la transparence, qu’il est très-difficile de bien saisir à cause du peu de saillie que fidt la tumeur ; cependant je suis sûr de l’avoir constatée.
Cette tumeur est d’ailleurs complètement indolente, même à la pression. De temps à autre, et à la suite de fatigue, elle devient le siège de quelques douleurs ou plutôt de quelque gêne.
Il n’y a rien dans l’aine de l’autre côté. On y sent quelques ganglions peu développés.
Malgré mes exhortations, la malade s’est refusée à toute opération.
Quelques-uns de ces kystes peuvent acque'rir un volume considérable , ainsi qu’on a déjà pu le voir dans un des faits précédents (obs. 63); lorsqu’elle prend ainsi un grand développement,- la collection séreuse , en même temps qu’elle s’étend à la cuisse, se prolonge quelquefois dans l’intérieur du
bassin, comme dans un fait observé par Marten, mais sur lequel on manque de détails suffisants.
Ous. LXV (I). — Un forgeron de 50 à fiO ans, d’une bonne santé liabituelle, vil se développer, il y a un an, une petite tumeur qui occupait une des aines. Après être resté presque stationuaii e pendant neuf mois, la tumeur lit des progrès extrêmement rapides et s’étendit à la cuisse et dans la fosse iliaque, faisant une saillie de 6 ou 7 centimètres au-dessus des parties voisines. Elle était lisse, tendue, élastique, sans liuclualion distincte et sans transparence; elle ne présentait ni battements, ni souffle, ni borborygmes , ni douleurs. Elle n’avait aucun caractère des abcès par congestion, des hernies, des anévrysmes. On diagnostiqua un kyste séreux pour lequel on proposa la ponction, qui fut refusée.
Six semaines après, un autre chirurgien ouvrit largement la tumeur et évacua 5 pintes de liquide. La suppuration s’établit et enleva le malade eu dix jours.
Luke a rapporté une semblable observation. Le. liquide contenu dans le kyste offrait des caractères particuliers, dus peut-être à son mélange avec une petite quantité de sang.
Obs. LXVl (2). — Femme de 23 ans, portant dans l’aine droite une tumeur fluctuante du volume d’une grosse orange, s’étendant à 4 jiouces au-dessous de l’arcade crurale. L’artère fémorale, située à sa place ordinaire, est seulement repoussée en avant par la tumeur. Celle-ci s’étend dans l’intérieur de l’abdomen presque jusqu’à la hauteur de l’ombilic; elle est fluctuante, reçoit une impulsion par la toux. On pouvait d’autant mieux croire à l’existeuce d’un abcès par congestion, qu’il y a 5 ans, la malade avait ressenti des douleurs dans la région des reins; ces douleurs ont été suivies de l’apparition de la tumeur dans la région de l’aine. Il n’y a aucune déformation rachidienne, la sauté n’est jias très-forte; les règles sont normales.
Ponction avec un trocart en dedans de l’artère fémorale. Issue d’un liquide brunâtre resseinblaul à du bouillon de bœuf et dans lequel nagent plusieurs particules de cholestérine. On
(!) Marten, Gaz. méd., 1840, p.780.
(2) Luke, The Lance/. 20 juillet 1844, et J/ina/es de la chirurgie. 1814, t. XI, p. 503.
évacue ainsi 8 onces de liquide seulement et on ferme la plaie pour empêcher l’accès de l’air. On sent que les parois du kyste sont épaisses et dures.
Quelques jours après, la poche s’est remplie ; les ponctions sont renouvelées trois fois avec le même résultat; même quantité de liquide avec les mêmes caractères. .Après une quatrième ponction, donnantissue à J 2 onces, le kyste s’enllamma et donna lieu à des symptômes assez {graves. On incisa larj^ement le kyste quiétaitdéjàsuppuré; la guérison se fitattendre prèsdesix mois.
Dans ces dernières observations, l’étiologie et le siège anatomique sont discutables, et c’est seulement par analogie qu’on pourrait admettre la nature ganglionnaire de ces kystes. L’incertitude est encore plus grande lorsque la collection séreuse, après avoir pris naissance à la cuisse, au-dessous de la sphère ganglionnaire de l’aine, est venue par ses progrès envahir cette région. C’est ainsi que Verneuil a vu au tiers supérieur de la cuisse une collection séreuse profonde dés le début, sans connexions possibles avec les ganglions lymphatiques. 11 n’a pu lui assigner nulle origine, nulle étiologie incontestable.
Je rapporterai comme exemple de kystes volumineux de la cuisse étendus consécutivement jusqu’à l’arcade crurale deux observations inédites de Léon Lefort.
Obs. LXVII. — F (Nicola.s), 18 ans, journalier, entre à
l’hôpital Saint-Louis, service de M. Malgaigne, le 18 janvier I B33.
Tempérament lymphatique; pas de maladies antécédentes; sauté e.xcellente; pas de hernie antérieure. Un au auparavant' le malade s’aperçut d’une tumeur de la grosseur d’une noisette, indolente, et située à 7 ou 8 centimètres au-dessous de l’arcade fémorale. Cette tumeur augmenta peu à peu sans douleur. Vers le mois de juillet, ou a fait nue ponction avec la lancette, et on a évacué un litre de liquide jaune citrin, limpide. Le liquide ne tarda pas à se reproduire, et la tumeur a repris son volume primitif depuis environ 5 mois.
On trouve à la partie supérieure de la cuisse droite une énorme tumeur hémisphérique, circonscrite eu haut par l’arcade fémorale, haute de 20 centimètres, large de 26. Elle est
fluctuante, et la fluctuation est sutiouL marquée à la partie eentrale. La tumeur ne paraît avoir aucune communication avec la fosse iliaque dans laquelle on ne sent rien d’anormal. Une ponction est faite avec le trocai t, le 20 janvier, à la partie interne. Il ne s’écoule rien, bien qu’on enfonce le trocart jusqu’à son pavillon; deuxième ponction un peu |)lus haut sui vie du même résultat. Enfin, en plonj^eant le trocart à la partie centrale et inférieure de la tumeur, à 14 centimètres de l’arcade fémorale, on donne issue à un liquide jaune citrin, de consistance sirupeuse, et analogue à celui qui s’écoule des kystes de l’ovaire. La tumeur s’affaisse, mais moins qu’on ne l’aurait cru d’après la quantité de liquide retiré (1 litre 8 décilitres, pesant 1 kilog. 870 gr.). Après cette évacuation, on sent les battements de l’artère fémorale, qui ne pouvaient être perçus auparavant; on sent également un grand nombre de ganglions lymphatiques engorgés. En imprimant des mouvements de totalité à la tumeur, ôn croirait mouvoir une masse de gélatine.
|er février. La tumeur est beaucoup plus dure ; elle a repris une partie de son volume. Sa dureté augmente lorsque le malade contracte ses muscles addueteurs.
Le 2. Opération. Une incision est faite suivant une ligne oblique dirigée de haut en bas et de dedans en dehors, au niveau de la partie moyenne. Ou rencontre la partie externe du premier ou moyen adducteur, que l’on incise dans une petite étendue pour arriver plus facilement sur le kyste. Les parois de celui-ci sont dures et formées de tissus fibreux très-épais et très-dense. Eu l’ouvrant, il s’en échappe un flot de liquide citrin, semblable à celui qui avait été recueilli après la ponction. La paroi externe du kyste adhère intimement aux parties voisines et ne peut être énucléée ; la dissection en est trèsdifficile, en raison de ses adhérences et du voisinage de l’artère fémorale. On enlève toute la paroi antérieure, la paroi interne et une partie de l’externe ; on ne trouve point de ganglions lymphatiques.
Les suites de l’opération ont été assez simples ; après quelques symptômes d’inflammation vite apaisés, la suppuration s’est établie normalement, la plaie est revenue sur elle-même et le malade, après être sorti de l’hôpital vers la fin du mois d’avril, ne portant plus qu’un orifice fistuleux, y rentre de nouveau quelques jours après pour quelques accidents inflammatoires (|ui n’ont rien présenté de grave. Il i|uilte définitive-
ment l’hôpital huit jours après, portant encore une petite fistule.
Obs. LXVIII. — R (Pierre), 56 ans, entré à' l’Hôtel-Dieu
le 24 avril 1855, service du professeur Jobert de Lamballe.
Il y a dix-huit mois, cet homme a commencé à ressentir des douleurs vives partant de la face interne de la cuisse et remontant jusqu’à l’aine, mais sans la dépasser. Hy a six mois, il a remarqué à la partie inférieure de la tumeur actuelle, vers le bord interne du muscle addueteur, une petite tumeur j^rosse comme un œuf de pigeon ; elle était parfaitement mobile, mais la peau semblait lui adhérer. Peu à peu, cette tumeur a grossi et depuis deux mois elle est restée stationnaire.
I.a cuisse droite présente à sa partie supérieure et interne une tumeur hémis[)hérique, se terminant insensiblement en dehors, plus brusquement en dedans où elle est plus exactement hémisphérique, s’étendant jusqu’au pli de l’aine dont elle se sé|)are nettement”, elle est molle, d’une fluctuation obscure; la percussion latérale donne la sensation de flot. La peau est mobile à sa surface, elle est un peu distendue ; on aperçoit à sa surface quelques veines d’un volume ordinaire.
La tumeur semble placée au devant des adducteurs. On trouve dans les deux aines quelques petits ganglions lymphatiques engorgés; rien dans la fosse Iliaque.
Les douleurs qui ont signalé le début ont disparu; la pression n’en détermine aucune; elles ne se réveillent que pendant la marche.
C’était un kyste séreux. Jobert a extirpé la paroi antérieure; le malade a guéri.
De même que des kystes très-volumineux développe's à la partie supérieure de la cuisse arrivent quelquefois jusque dans la région de l’aine, de même aussi des collections séreuses formées primitivement dans la cavité du bassin, dans la fosse iliaque ou même dans les parois abdominales pourraient venir faire saillie à la région inguinale. Je me borne à signaler la possibilité de ce fait, n’ayant trouvé à ce sujet aucune obser-. vation intéressante et qui mérite d’être rapportée.
3' Kystes séreux formés à, l’intérieur de néoplasmes.
Il n’est pas rare de rencontrer à l’intérieur de néoplasmes et principalement de tumeurs cancéreuses des kystes de volume variable, remplis de sérosité sanguinolente et même de sérosité parfaitement pure et limpide. Dans la région de l’aine, ce sont les ganglions lymphatiques qui deviennent le plus souvent le siège de dégénérescences consécutivement au cancer des organes génitaux.
Follin a observé deux exemples de kystes développés dans ces circonstances.
Obs. LXIX (1). — llü cancroïde de la grande lèvre, opéré il Y a quatre ans, avait récidivé sur place depuis plusieurs mois. Cne tumeur fluctuante s’était développée dans l’aine et avait acf|uis le volume d’un œuf de poule. L’ablation montra qu’elle était en grande partie formée par un kyste séreux dans un des ganglions de l’aine; le liquide contenu était une sérosité trèstransparente.
A ce propos, Follin appelle l’attention sur ces kystes séreux développés dans des ganglions qui correspondent à des ulcérations cancroidales. 1! rapprocbe en même temps ce fait d un autre qu’il a observé récemment à riiôpilal Saint-Louis : un kyste séreux avait largement dilaté un des ganglions de laine citez un malade qui était atteint d’un cancer de la verge, pour lequel on fut obligé d’enlever le membre viril et les ganglions inguinaux.
Je dois à mon collègue et ami Damaschiiio un autre cas également remarquable.
Obs. LXX. — Un homme de 67 ans, entré àlaCharité le 12 août 1862, n°49,salleSte-Yierge, service de M.le professeur Velpeau, portait depuis une vingtaine d’années un cancroïde de la face dorsale du gland et du prépuce. 11 y a plusieurs mois, deux ou trois ganglions lymphatiques se sont développes dans lame gauche. Ces ganglions, du volume d’une petite aveline, rou-
^l) Follin, Société de chiiwgie, t. V, p. 235, 1855.
laieiit sous le doigt. Depuis une quinzaine de jours, l un deux a commencé à grossir sans devenir douloureux, et en meme temps a contracté quelques adhérenees avec la peau. Lors de l’entrée du malade, celte tumeur est arrondie ou plutôt ovalaire, à grand diamètre vertical, de la dimension d’un petit (euFde poule. Elle répond aux ganglions inguinaux les plus internes; la peau qui la recouvre est rosée, amincie, la tumeur est franchement fluctuante et elle est le siège de quelques douleurs lancinantes.
Cne incision verticale, faite par M. Bauchet, donna issue à un demi-verre de sérosité de couleur cltriue qui, à l’examen microscopique, renfermait quelques leucocy thés et un plus petit nombre de globules sanguins.
La cavité du kyste a suppuré et s’est ensuite remplie de fongosités saignantes. Le malade a été transporté à Bicétre dans cet état.
Dans un fait rapporté par Fournier (1), un kyste séreux énorme s’était développé au milieu d’une masse ganglionnaire occupant l’aine et la fosse iliaque, chez une femme opérée par Chassaignac d’un épitliélioma du col utérin.
D’autres tumeurs proéminentes à l’aine peuvent aussi être le point de départ de kystes ; telle est l’observation rapportée dans le mémoire de Dolbeausur l’enchondrome du bassin (2), dans laquelle une tumeur cartilagineuse de la partie supérieure de la cuisse devint le siège de plusieurs kystes colloïdes.
Il s’agissait aussi très-probablement de kystes développés au centre d’une tumeur maligne dans un cas observé par le professeur Velpeau et publié par Pajot (3), quoique la nature de cette tumeur soit assez obscure.
4° Kystes hydatiques.
On a décrit à l’aine, sous le titre impropre d’iiydalides, un
(1) Fournier, Société anatomique, f.XXX, p. 548, 1855.
(2) HoWxm, Tumeurs cartilagineuses du bassin. {Journal du Progrès
obs. de Letenneur''. ’
(3^ Pajot, Tumeur de nature rare développée dans le pli ,(e Paine Gazs des hôpitaux, 1843, p. 838.
certain nombre de collections séreuses, dans l’intérieur desquelles la présence d’échinocoques est loin d’être démontrée, et qui se rapportent évidemment à de simples kystes séreux. J’en ai déjà cité quelques observations, en leur restituant leur véritable place. C’est ainsi que, dans un cas l’apporté par Pigeotte , et intitulé Tumeur hydatique simulant une hernie crurale, il s’agit tout simplement d’un kyste sacculaire (1).
Mais, en laissant de côté ces faits mal dénommés, on trouve encore, dans les auteurs, un certain nombre d’observations dans lesquelles il s’agit bien manifestement de kystes contenant des hydatides. Ceux-ci présentent deux variétés, suivant qu’ils sont développés dans la région même ou qu’ils proviennent des parties voisines.
A. Kystes hydatiques développés dans la région même. — On en a observé dans la portion crurale comme dans la portion inguinale de l’aine.
Obs. LXXl (2). — Un bel exemple de cette dernière forme de maladie, dit Al. Monro, est conservé dans le musée de mon père : un sac, du volume d’un œuf, contenant une quantité d’hydatides, fut enlevé de la partie supérieure et interne de la cuisse ; il aurait pu facilement être confondu avec une hernie, parce que les hydatides contiennent un liquide aqueux, ont des enveloppes minces et élastiques qui communiquent au sens du toucher une sensation analogue à celle d’une portion d’intestin hernié, et qu’elles sont contenues dans un sac semblable à un sac herniaire.
Obs. LXXIl (3), — Dupuytren a eu occasion de diagnostiquer une tumeur de ce genre que l’on prenait pour une hernie crurale. Une partie de la tumeur disparaissait par la pression, l’autre restait au dehors. Examinée à la lumière artificielle, la tumeur était transparente; il conclut que c’était un kyste; la tumeur ouverte, il en sortit de la sérosité avec des hydatides, guérison.
(1) Clinique des hôpitaux, n°84,et Archives, t” série, t. XIX, p. 581.
(2) Alex. Monro junior. On crural hernia. Edinburgh, 1803, p. 80.
.(3) E. Mavré, Tumeurs du pli de l'aine, thèse: Pans, 1831 j n 270, p 1
Obs. LXXIM (!]. — Liviii rapporte que Weruer a rencontré dans nn kyste situé à la partie supérieure de la cuisse, chez une femme de 24 ans, des vésicules libres, à la face interne desquelles étaient situées de petites granulations.
Larrey a rapporté une observation de kyste hydatique qui semblait occuper à la fois le canal inguinal et le scrotum.
Obs. LXXIV i^2). — Tumeur des bourses du côté gauche, située sur le trajet du cordon spermatique et au devant des testicules, de forme irrégulière, augmentant de volume par la station et prenant la forme bilobée. Dans le décubitus, elle se réduisait de moitié et semblait rentrer dans l’abdomen ; elle s’engageait en effet dans l’anneau qui était Irès-dilaté. Elle était molle, peu fluctuante, bosselée et indolente. Larrey diagnostiqua la présence d’hydatides à certains mouvements qu’il constata à sa première visite. Lorsqu’on appliquait subitement sur la tumeur un corps froid, la tumeur se fronçait, se réduisait de volume et s’enfonçait en grande partie dans ranneau, pour ressortir ensuite et re|)tendre sa forme et son volume primitifs. Les bourses ne |)arlicipaient en rien à ces mouvements.
Operation. — Après incision de la peau et dissection de la tumeur, on vit qu’elle était formée de deux parties unies entre elles, ayant chacune la grosseur d’un marron d’Inde. Les contractions furent alors plus évidentes; extirpation: guérison.
Guyon a montré à la Société anatomique un bel exemple de kyste hydatique développé dans le canal inguinal, chez une femme de 30 à 40 ans.
Obs. LXXV. (3). — La pièce a été recueillie à l’École pratique, et on manque à son sujet de tout renseignement anlérieui-; le kyste avait été déjà ouvert lorsque Guyon a été appelé à l’examiner.
Il put, tout d’abord, constater qu’il contenait une quantité considérable d’hydatides flétries, dont les débris remplis-
no l'homme et chez le* animaux (thèse Paris 1843,
w loO. p. y4;.
(2) Larrey, Mém. de dur. militaire, t. III, p. 419.
(3' Guyon, Société anat., 36' année, 1861, 2' série, t. VI, p. 383.
saient, h eux seuls, la cavité du kyste; il ne s’était pas écoulé de liquide lors de l’ouverture. Le kyste était d’ailleurs vidé, et on put s’assurer tout de suite qu’il y existait une poche adventice. Ce kyste est épais et ses parois sont incrustées en dif- Férents points de plaques calcaires. H ne peut y avoir de doutes sur sa nature.
L’étude du siège n’a pu eomplétement être faite. Une portion du kyste est sous-cutanée et formait même relief avant l’enlèvement des téguments. Celte portion de la tumeur fait saillie à travers une éraillure de l’aponévrose du grand oblique. Pour découvrir toute la tumeur, il faut détacher celle aponévrose, et l’on voit alors qu’elle occupe exactement le trajet inguinal qu’elle a distendu. Elle est du volume d’un petit œuf de poule, n’adhère que faiblement et par l’intermédiaire du tissu cellulaire aux parois du canal; elle n’a aucune connexion avec ses orifices, à travers lesquels elle ne fait pas saillie, quoique ses extrémités en soient très-rapprochées, de sorte qu’il est facile, lorsque l’on introduit le doigt dans le kyste, de faire sortir à travers l’orifice inguinal externe sou extrémité antérieure. Le ligament rond est couché sur la paroi inférieure du canal inguinal au-dessous de la tumeur et n’y adhère pas. Seule, la paroi supérieure a des rapports plus intimes avec le kyste, et l’on voit quelques fibres musculaires isolées sur la face antérieure ; mais il ne semble pas que la tumeur se soit développée dans le bord des muscles oblique ou transverse; elle occupe bien le canal inguinal, dans lequel elle semble s’être primitivement développée.
Dans une observation très-instructive, publiée avec délai! par Pasturel, la nature du kyste a été parfaitement reconnue avant l’opération.
Obs. LXXVl (I). — Jeune homme de 18 ans. d’une constitution assez robuste, à système musculaire très-développé, exerçant la profession de cultivateur, a toujours joui d’une bonne santé.
Après avoir ressenti, il y a six mois, quelques douleurs dans l’aine droite, il aperçoit an bout de huit jours une lumeuV inguinale, du volume d’une noisette. Deux mois plus lard, elle était grosse comme un œuf de poule, puis elle a augmenté graduellement et lentement.
a) l’asturel, Guz. des hopiUiux, 1860, p. 414.
Au premier examen, fait par Paslurel, il trouva au niveau I de l’aine droite une tumeur plus volumineuse que le poinjj,
I de forme un peu ovale, à grand diamètre parallèle à 1 arcade j crurale. La petite extrémité, tournée en dehors, semble acj compagner le cordon spermatique au moment où U traverse 1^ l’anneau inguinal interne. Le centre de la tumeur siège un I peu au-dessus du ligament de Poupart; sou bord inférieur le recouvre ou plutôt se confond intimement avec lui. Adhérences de la tumeur avec les téguments et avec les parties profondes.
La tumeur est molle, fluctuante, surtout en un point où la paroi paraît amincie. Dans les autres parties, le kyste offre à la palpation une surface irrégulière, des saillies et des dépressions. On constate à plusieurs reprises son irréductibilité. Le diagnostic est: tumeur liquide enkystée, sans communication avec la cavité péritonéale.
En essayant d’obtenir la fluctuation sur divers points, le chirurgien éprouva, vers la petite extrémité de la tumeur, la sensation de frôlement, de collision ou le Imuit de frémissement hydatique. Mais il lui fut im|)Ossible de constater de nouveau le même |)hénomène, malgré de nombreuses tentatives. L’auscultation immédiate de la tumeur révéla un signe
1 nouveau; c’était un bruit analogue au frémissement musculaire que l'on perçoit dans les explorations dynamoscopiques, mais plus intense. Son timbre en différait aussi, mais l’auteur ne sait comment exprimer en quoi consistait cette différence. Ce même bruit s’est renouvelé plusieurs fois avec des caractères identiques. Il y a une manière de le produire : si l’on se contentait d’appliquer uniquement l’oreille, on n’entendrait que les bruits normaux; il est nécessaire de percuter latéralement la tumeur en même temps qu’on l’ausculte.
Une ponction exploratrice, faite huit jours après, donna issue à un liquide opaque, d’une teinte un peu plus jaune que celle du pus, moins consistant que ce liquide, et ne laissant pas de dépôt sur le linge, mais le traversant avec presque tous ses éléments. 11 entraîna en sortant des flocons albumineux, sensiblement plus jaunes que la masse, du volume d’un l>ois, très-fragiles, s’écoulant sans la moindre pression, à surface irrégulière et au nombre de vingt au moins. Le coblact de l’extrémité de la canule, avec la paroi interne du kyste, donnait lieu à de très-vives douleurs. Huit jours après, I: la tumeur avait repris son volume et ses caractères extérieurs.
Opération. — Une incisiou verticale dépassant de 1 centimètre les limites de la tumeur, permit de disséquer la peau à j droite et à ffauche et de la saisir avec une pince de Museux, pour essayer de la détacher. On s’aperçut alors que la paroi ] postérieure adhérait si intimement aux muscles qu’il était irn- ^ possible de l’en décoller, sans s’exposer à |)énétrer dans la ca- \ vite péritonéale. Excision partielle de la tumeur; il s’écoule un 5 verre et demi de liquide citrin, analogue à celui de l’ascite. Le | chirurgien racla avec l’ongle la paroi qui restait, afin d’en dé- j tacher les hydatides adhérentes. Pendant celte manœuvre, le | doigt pénétra dans une arrière-cavité située au niveau de l’anueau inguinal interne, mais se terminant en cul-de-sac et ne s’étendant pas aux parties profondes. Vingt jours après, le malade pouvait être considéré comme guéri.
Le kyste offre extérieurement une teinte blanchâtre; sa surface est parsemée de dépressions plus ou moins profondes. Le liquide intérieur pénètre à travers les plus excavées ; son épaisseur est de 2 centimètres environ ; son tissu dense, peu vascularisé, offre des analogies avec le tissu des tendons; il est difficile à couper.
La face interne du kyste est noirâtre, très-irrégulière. Une | colonne aussi volumineuse que le petit doigt unit sa paroi an- j térieure avec sa paroi postérieure , elle a la même structure que le kyste ; sa forme est celle d’un bicône. Une centaine d’acéphalocystes adhèrent si intimement à la paroi du kyste qu’il est nécessaire d’exercer une certaine violence eu les raclant pour les faire tomber. Néanmoins leur insertion n’a lieu que par un pédicule très-délié. Les acéphalocystes ont un volume un peu plus développé qu’un pois; ils ont une forme ovale. Leui' surface extérieure est lisse, polie, à bords très-définis. Us adhèrent au kyste à la manière des ricins aux téguments du chien. Lorsqu’on les en décollé, ils offrent âl extremile par laquelle ils adhéraient quatre ou cinq filaments où il est impossible de constater des mouvements.
" Après cette longue observation , nous nous bornerons k mentionner encore trois autres exemples de kystes hydatiques développés dans la région inguinale (1).
,1) Voyez Bel lherand ,Oaz. ,néd. de f Algérie, 1862, p. 75). - Une autre observation dans les Archives de I.ansenbcck, 1862, t. Ill.p. 204; une troisième .lans la Gaz. méd. de Paris, 1840, p. 778.
B. Kystes hydatiques provenant des parties voisines Dans certains cas , une tumeur hydatique développée dans l’épaisseur des parois abdominales vient faire saillie à la région inguinale. Tel est le cas de Degner, rapporté par Boyer, sous le titre impropre d' Hydropisie enkystée dupéritoine (l). De même, des kystes hydatiques de la fosse iliaque peuvent proémiuer au-dessus de l’arcade crurale (2), ou bien enfin après avoir pris naissance en différents points du bassin, ils apparaissent à la région inguinale , comme dans le fait suivant:
Obs. LXXVII (3). — Fricke a rapporté ime observation dans laquelle un grand nombre de poches occupaient le bassin, la hauclie, la partie supérieure de la cuisse, la fosse iliaque interne, le voisinage de l’épine iliaque antéro-supérieure; la cavité cotyloïde, la bourse séreuse du psoas étaient remplies d’hydatides; la branche horizontale du pubis était elle-même profondément excavée. On avait cru à un abcès symptomatique d’une carie articulaire ; l’autopsie seule révéla la nature de la maladie.
Dans d’autres cas, un kyste hydatique du bassin envoyant un prolongement vers l’aine à travers une ouverture étroite, il existe une tumeur bilobée dont une partie est cachée à l’intérieur et l’autre fait saillie au dehors.
Obs. LXXVllI (4). — Malgaiguc a disséqué un kyste hydatique du volume du poing, développé dans le bassin, derrière le pubis, et envoyant un prolongement dans le scrotum, à travers l’anneau inguinal, mais par une éraillure du fascia transversalis et au côté interne du cordon qui restait absolument au dehors. L’auteur fait remarquer que, si ce sujet avait été opéré, ou aurait bien pu croire à des hydatides développées dans le cordon, tandis qu’elles lui étaient tout à fait étrangères.
(1) Boyer, Mal. chir., t. VI, p. 118, 5' édition.
(2) Demarquay, Des hyUes hydatiques de la fusse iliaque {Gaz. méd-, 1844
t3) Fricke, Archives, 3' série, t. VI. p. 493, 1839.
4) Malgaigne, thèse citée, p. 36.
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Enfin, Lala a présenté à la Société anatomique un fait intéressant de kyste hydatique du pubis communiquant avec une poche située à la partie supérieure et interne de la cuisse.
Obs. LXXIX (I). — Uae femme de -17 ans enlra dans le service du professeur Denonvilliers, pour une tumeur qu’elle portait à la partie supérieure et interne de la cuisse. Cette tumeur, de la grosseur du poing, molle, non douloureuse à la pression, fut prise pour un lipome ou un abcès et incisée; il en est sorti du pus, sans traces d’hydatides. L’examen avec le stylet n’apprit rien sur la nature de cet abcès; mort trois jours après.
A l’autopsie, on a trouvé un abcès situé derrière le pubis et le trou obturateur gauche. Les branches horizontale et verticale du pubis étaient dénudées et remplies d’bydatides, ainsi que la cavité cotyloide perforée en deux endroits. L’abcès, situé derrière le pubis, communiquait avec l’abcès de la racine de la cuisse, à travers le trou obturateur.
Telles sont les nombreuses variétés anatomiques que présentent les collections séreuses et hydatiques de l’aine. Leur étude exigeait de grands développements , en raison des déductions que l’on peut tirer pour la pratique de la connaissance de chaque fait particulier ; aussi n’ai-je pas craint de mettre sous les yeux du lecteur la plupart des observations que j’ai recueillies.
Dans la seconde partie de ce travail, il me reste à examiner les collections séreuses de l’aine au point de vue clinique, et à étudier leur symptomatologie , leurs complications, leur diagnostic et leur traitement.
P) Laly, Société anni., 1856, p. 119.