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DES COLONIES. g1
1°. Le défaut de population.
2°. Leur jeunesse, ce que l’on pourrait appeler leur faiblesse,
3°. L'espèce de leur population.
Tant qu’une colonie est faible, c’est-à-dire peu peuplée, peu étendue, peu riche, peu
pourvue de moyens de repousser une attaque ,
il existe entre Ja colonie et la métropole ceue espèce d’inégalité qui constitue la soumission de l’une à l’égard de l’autre, d’où suit la dépendance. Ainsi, avant que les Espagnols fussent acclimatés et répandus en Amérique, dans les temps qui suivirent la conquête , comment cette poignée d'hommes aurait - elle résisté à l'Espagne? La disproportion était telle, que l'une ne pouvait pas songer à se mesurer avec Vautre : de même aux Indes, comment quelques Anglais, qui s’y trouvent en passant, pourraient-ils penser à secoucr le joug des trois royaumes ? Ils se sentent écrasés à l'avance par leur poids ; mais lorsque la population ‘de la colonie sera accrue, lorsque, sans correspondre à l'étendue du pays qu’elle occupe, non plus qu'à ls population de la métropole, elle en pos-
: sédera cependant une suffisante contre la partie
de la population que la métropole peut lui cpposer , alors l’heure de l'indépendance sera arrivée pour elle, comme celle de l'émancipation de l’homme arrive, quand il équivaut à ses parens ; et si alors la dépendance de fait continue, lorsque la dépendance du droit créé par la nécessité a pris fin, c’est un acte de courtoisie que la colonie exercera à l’égard de la métropole, et dont celle ci peut se féliciter ; mais ce n’est plus la continuation des an‘iens
‘rapports qui l'avaient unie avec la colonie. C’est
ce qui vient d'avoir lieu au Mexique, et ce qui s’est montré aux Etats-Unis; c’est encore ce qui ne pouvait manquer d'arriver au Brésil. Ce résultat est tellement dans la nature des choses, ‘qu'il ne peut pas plus manquer aux colonies, que le gland ne peut, avec le temps, manquer
de devenir un chûne.
Le défaut de population constitue donc le premier degré de la dépendance des colonies avec les métropoles.
Le second degré est leur faiblesse.
-- Par ce mot, il faut entendre le défaut de lu-
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