‹ Des colonies, et de la révolution actuelle de l'Amérique [microforme]Chapitre 19 sur 49 · MT CD MU D · texte numérisé non relu

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S’exposant À toutes les Conséquences de

ser àller ? Telle est la différence entre ] ration préparée et non préparée des col

La séparation peut s’opérer de nières : |

le Zaisà Sépa- On1es.

Plusieurs ma-

1° Par l'abandon volontaire, ainsi que le voulait Charles-Quint à l’époque de la conquête de l'Amérique » ainsi qu’un grand nombre d'hommes éclairés en Espagne l'ont aussi voulu depuis cette époque; :

2° Par le changement de la métropole en CO+ lonie, et Opole, comme tugal et le Brésil, POqué antérieure, V, poursuivi Par Ses ennemis, fuyant de sa Capitale, SOngeait à transporter en Amérique le siége de lesnpire qu'il abandonnait en Espagne à son Compétiteur. « Vous re-. viendrez dans dix ans Conquérir l'Espagne avec les trésors du Mexique», lui disait un cour vrai propos de éburtisan tout et fait tout, que l’on revient du Mexique en Espagne, e: que l’on quitte Mexico

Varide Madrid. Cet homme-]

de la colonie en métr il vient d'arriver entre le Por comme il serait arr

lorsque Philippe

ivé à une é

tisan:

qui croit que lor est

our à devait être de

Madrid. Le même changement aurait encore eu lieu, si Charles IV n’avait pas été arrêté à Aranjuez, et si l’on eût ouvert les routes du Mexique à Ferdinand VIE, au lieu de fermer sur lui les portes de Valencey. Dans:ces trois cas, la colonie devenait métropole, et dans le cas de la séparation qui aurait Suivi la différence de la souveraineté exercée en Amérique par un prince ennemi du souverain de l’Espagne, indépendance de la colonie était con sommée, car elle aurait formé un Etat disunct de sa métropole.

‘3° La séparation peut être produite par les dissensions entre les colonies et la métropole, et par la guerre qui suit toujours ces espèces de procès ; telle a été la séparation des Etats d’Amérique : forts de leur population, de leur virilité, de leur Adams, de leur Franklin, de leur Wasingthon, ils déclarèrent à la métropole que son empire sur eux avait atteint son terme; qu’ils étaient en état de se conduire seuls , qu'ils désiraient son amitié, et qu’ils ne redoutaient pas sa haine. À ce langage nouveau, inconnu de la part d'aucune solos l'Angleterre ré-

pondit par des reproches qui taxaient d’insolence et d’ingratitude cette déclaration d’émancipation volontaire; elle déploya l'appareil des armes ; On lui en opposa qui se trouvèrent valoir les siennes : la colère étant passée , ce sen timent n’est pas durable, lorgueil s'étant affaissé par l'impuissance de le satisfaire, la réflexion, comme il arrive toujours, vint, mais un peu tard, pour montrer à l’Angleterre Pégarement de sa conduite, et pour lui faire entendre qu’elle perdait ses hommes ét son argent à lutter contre la nature des choses, et qu’elle avait tout à gagner à laisser établir ce qu’elle voulait détruire. au prix de sa propre ruine; qu’elle aurait dû payer pour faire faire ce qu’elle voulait empêcher. Six ans plüs tôt ce sage conscil eût épargné à l’Angleterre la perte de cent mille hommes et de deux milliards :

c'est après les avoir dépensés qu’elle a ratifié ce qu'elle avait combattu par pure irréflexion, et PAmétique a été déclarée ct est restée libre par le double droit des armes et de la reconnaissance de toutes les nations.

4° Pendant dix-huit ans l'Espagne a été sé

parée de ses colonies par les guerres, auxquelles elle a pris part, soit de gré, soit de force. En 1795, elle, a limj::" "4e de s’unir à la France; aussitôt la rou… ue ses colonies est fermée : les ports de celles-ci s'ouvrent aux neutres : les profits du commerce avec elles passent dans Teurs mains. L'Espagne cède la Louisiane à la France ; celle-ci la vend aux Etats-Unis : les voilà établis autour du golfe du Méxique, dominant par elle sur tous les revers de cette riche contrée, et se frayant à travers les terres des routes vers l'Océan Pacifique. Pressée par le besoin, bloquée en Europe, la pauvre Espagne emprunte le canal des Etats- Unis pour faire arriver par une voie moins exposée lés trésors qui languissaient dans les hôtels des monnaies du Mexique. La guerre se prolonge; les Anglais attaquent deux fois Bue; nos-Ayres; ils saisissent la Trinité, comme une planche pour passer sur le continent espagnol , et ouvrentun large commerce avec lui. Les À méricains, avec tous les neutres, en font autant: Les colons s’accoutument facilement aux douceurs de ce nouveau commerce : la métropole

à sa nouvelle existence.

est oubliée, effacée; on n’entend plus parler d'elle; on n’en reçoit plus ni secours, ni provisions ; elle-même tombe en révolution; elle est menacée d’un joug étranger : les colonies le repoussent autant qu’elle; mais, pendant ce temps, le sentiment des maux enfantés par la liaison avec la métropole, la facilité et Putilité de s’en affranchir, ont fait na

ître d’autres idées et former d’autr

es liens, ont séparé d’une métropole perturbatrice > Stérile, tombée en désuétude par l’éloigne des communications par faiblesse , et, lor disparu ; les cœurs

liaison, et la colonie

ment, par Pinterruption » tombée en quenonille sque Pennemi commun a se trouvent sans aucune répond aux invitations ct eux menaces de la métropole par des cris de

guerre et par des déclarations solennelles de rester ‘étrangère à son o

béissance, ainsi qu’à des commandemens qui ne,se rapportent plus

Ainsi s’est opérée la Séparation de l’Amérique avec l'Espagne : ses colonies ni ont échappé, non point par leur force propre, mais par sa faiblesse personnelle. Elle n'a pu

ni les pourvoir, ni les contenir; elles ont été se pourvoir ailleurs, ct indépendance leur a été portée par le torrent des événemens et par la force de la nécessité.

5° Des colonies peuvent être séparées des métropoles, comme l'ont été, dans le cours des deux dernières guerres, plusieurs Îles prises par les Anglais. Ne pouvant disposer d’un nombre de troupes suffisant pour garder tout ce qu'ils pouvaient conquérir, ils se sont bornés, à lé-

gard de plusieurs de leurs conquêtes coloniales, à la seule chose qui leur importe, la li-

berté de commercer avec elles, qui leur assure les profits de ces colonies, sans les charger de leur garde ot de leur défense. D'ailleurs, ils les abandonnaient à elles-mêmes, quant à la souveraineté. Plusieurs de ces colonies ont passé quelques années dans un état qui laissait la souveraineté indécise. Cette manière de neutraliser des colonies est très-propre à les séparer des métropoles, auxquelles elles ne reviennent ensuite qu'avee beaucoup de peine : ce qu'elles s’abstiendraient sûrement de faire, si elles possédaient les facultés qui appartien--

Le

nent aux grandes colonies. Si Curacao, Suürinam , la Martinique, avaient égalé en étendue et en forces les Etats-Unis, le Mexique, le Brésil, croit-on que, dans cet état de virilité, ils se fussent offerts de nouveau au joug des métropoles et à leur exclusif? N’est-il pas évident, au contraire, que leur faiblesse a fait leur soumission, et qu'ils sont restés colonics par la seule disproportion avec leurs métropoles? La prolongation de la gucrre suffisait pour les rendre indépendans; car lindécision de la lutte contribuant à prolonger Pabsence ou la disparition du souverain, les colonies ne pouvaient manquer de s’en donner un, et de se gouverner à part de la métropole; car, enfin, il faut savoir à qui l’on appartient.’

Des colonies peuvent être séparées par le transport qui se fait de la domination de la population européenne de la colonie à la population étrangère importée: dans Ja. colonie.

. Ainsi a péri Saint-Domingue. Ce ne sont. pas

les Européens qui se sont séparés, comme ont fait les colons américains espagnols; au contaire ; c’est la population étrangère importée

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par les colons mêmes ; ce sont les Noirs qui ont massacré les Dlases, qui les ont remplacés et qui, n'ayant plus à garder les ménagemens que la crainte des Noirs inspirait aux Blancs, {08 qui attachait ces derniers à la métropole }se sont sépares d'elle , d’où étaient venus les

Blancs leurs anciens maîtres, et d’où ils pour-.

raient revenir encore pour les maîtriser de nouveau. Dans ce cas, l'indépendance politique des Noirs était la conséquence naturelle de la liberté individuelle : c’est ce qu’il faut bien observer, L’esclave a plus besoin de l’indépendance que le colon européen : celui. ci n’est atteint par la dépendance coloniale que sous des rapports politiques onu commerciaux. Les csclaves le sont de plus sous les rapports personuels.Quelquesoï lerégime colonial, le colon est libre de sa personne, il jouit de propriétés, il participe à tous les avantages de la:société ; Fesclave, au contraire, ne peut atteindre à Ja jouissen"e de ces biens, et':se maintenir dans leur possession qu'en. joignant l'indépendance de la eolouie à celle dé la personne : lune Jui garantit l’autre. Ainsi, pour que Toussaint-

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