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Louverture, Péthion, Christophe et tous ceux qui les approchent de plus près, se soient élevés et se maïinfiennent au raug dans lequel on les a vus ; dans lequel on les voit encore, il a fallu que l'indépendance de la colonie suivit l’affranchissement de ces esclaves » et confirmât leur liberté. Le Blanc n’a besoin de l'indépendance que pour sa fortune ; de Noir en a besoin à la fois pour sa fortune et pour sa liberté : c’est ce qui fait que toute.colonie avec des esclaves est bien plus près d'échapper à la métropole, qu’une colonie qui ‘en compte peu ou point, et lorsque la population se trouve formée presqué ent'érement par des esclaves, on peut regarder lindéperidance comme inévitable, et tellement inhérente à la nature des choses, qu’elle peut éclater à chaque instant.
À ces six exemples de séparations non pré:
parées, fortuites ou forcées > On n’a pas la consolation de pouvoir en opposer un seul qui soit le résultat de la préméditation, ni celui d’un calcul sur la nature des colonies > Sur leurs pro: grés naturels, sur la-distinctioi: à faire entre Jeur enfancè et leur virilité . enfin sur les avan-
tages que la métropole peut trouver à abandonner à elles-mêmes des colonies adultes, et dont la prospérité, favorisée par la liberté, est destinée à devenir sa prospérité propre. Aucun penple n’a encore donné cet exemple de lumières et de générosité, tant la force de Phabitade est grande chez les peuples comme chez les particuliers, tant les calculs étroits de lintérêt personnel ont le pouvoir d’offusquer les regards même les plus pénétrans , tant on craint de perdre, là même où les plus grands avantages sont cachés sous l’apparence d’une perte; ce mot perte est un épouvantail pour tous les hommes. Cependant les métropoles étaient conviées à cet abandon calculé de leurs colonies par Îles plus grands intérêts. Les Etats- Unis en sont bien la preuve. Que n’a-t-il pas coûté à Angleterre pour avoir manqué à l’observation du principe qui lui prescrivait de oordonner sa conduite avec l’état de sa colonie, et ne n’en coûte-t-1l pas dans ce moment à l'Espagne pour n’avoir pas su éviter la même faute!
D'un autre côté, le défaut de préparation de
DES COLONIESS. 141
la séparation renfermeet produitles plus grands dangers pour Les colonies comme pour les métropoles..
Duns les colonies où le sang européen forme la plus petite partie de la Population, la séparation non préparée est s0n arrêt de de mort, comme elle la été à Saint-Domingue, comme elle le sera partout où les Noirs escaves seront les plus nombreux et les plus forts. Dans le grand nombre de soulèvemens qu ont, en licu anx colonies depuis vingt-cinq 825, ÿ,Cn at-ilun seul qui ne Soit parti du
Diérie point, qui n'ait eu le même but, le re ture des Blancs, et la domination de la C'ouie par les Noirs? Dans tous, colons et
Tr tropoles ont couru les mêmes dangers pour l'ur existence physique ou politique. La même chose serait arrivéç dans l'Inde, si le paisible Jndous recélait dans ses veines les mêmes germes d'impatience du joug, qui enflamment Je sang de Africain. Pour s’eu convaincre, il n’y a qu’à compter les Indiens et les Anglais de Jinde. Au Brésil, la séparation, prévenue par le passage du roi dans cette contrée, n’eût pas
été effectuée sans secousses , n1 sans des consé- quences fort graves pour les Et “opéens, par le mélange des sangs , qui s'élèvent à quatre: dans P'Amérique espagnole il y en éinq, tous ennemis les uns des autres. Dans quelques parties, les Noirs sorit très-nombreux; dans d’autres, ce sont les Mulâtres; là, les Indigènes ; ici, les Créoles. La séparation qui met en mouvement, sans aucune préparation, des élémens aussi hétérogènes, les met nécessairement aux prises, et par conséquent dans le plus grand danger. Ces haines de population sont les plus vives que l’on connaisse, encore plus fortes que celles de faction ou de religion, qui ont fait tant de mal à lPhumaänité : parce que l’objet s’en représente sans cesse, et de chaque côté se fait lire sur tous les visages. Aussi voit-6n que ces po“ pulations ont profité de la séparation noû pré- parée.avec l'Espagne, pour se précipiter les unes sur les autres , et pour s’exterminer.
La séparation non préparée donne ouverture 1° à la guerre; 2° à des troubles intérieurs. Or, ce sont deux canses de malheurs , absolu-
ment contraires à la nature même des colonies.
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