RS CN RER ENURRS
sard , dont il retrace le déréglement et l’incertitude. ! |
La première faute , celle qui entraîna une partie des autres, fut lavidité ; nous en avons déjà parlé. De toutes parts, on ne songea d’abord qu’à envahir, sans rechercher comment On pourrait garder , sans distinguer entre l’utile et l'onéreux, entre les produits d’un espace plus resserré, mais soigné , et ceux d’un plus étendu, mais négligé. Par cet aveugle empressement à tout saisir, quelques peuples se trouvérent surchargés de colonies auxquelles ils ne pouvaient suffire; d’autres se trouvérent privés de celles auxquelles ils atraient fort bien convenu. Dans le premier cas, elles restèrent stériles ; dans le second, elles manquérent de la fécondité que d’autres mains leur Offraient.
Cette prodigieuse inégalité dans le partage des biens dont la découverte de l'Amérique et du cap de Bonne- Espérance avait doté l'Europe, la plaça, avec ses colonies , dans une fausse posion :là, on possédait trop; ici, pas assez; ailleurs, point du tout. Le riche était Pobjet de Pambition inquiète et sans cesse remuante
du pauvre; on devint injuste pour n’être pas entièrement gxhérédé de colonies : de là les guerres, et tôus les désordres qui'en ont été la suite. : |
Qu'il soit impossible de supposer, contre l’usage malheureusement trop général, que les peuples soient à la fois éclairés et généreux , ct généreux parce qu'il sont éclairés, cependant une supposiion de générosité bien entendue peut n'être pas chimérique, et l’on peut croire à celle que l'intérêt lui-même peut dicter. Ainsi il n’y a rien de ridicule à supposer que les Espagnols, par exemple , embarrassés de leurs trop grandes possessions, fatigués d’errer dans d'immenses déserts , aient pu periser à se concentrer dans les parties qui leur auraient mieux convenu et qu'ils aient abandonné l’excédant à d’autres nations , en leur laissant le soin de les féconder et de les peupler. Pierre-le-
Grand avait bien formé un semblable dessein
pourses vastesétats, qui certainement en avaient moins besoin que l'Amérique; pourquoi n’eûtal pas été exécuté là où il était si nécessaire ? Par là les Européens ont violé partout la règle
ré pas là les été la
re l’uue les ux, ot ndant endue croire Ainsi s Esleurs dans ‘connieux édant soin “e-lessein aient ’eûtaire ?
régle
de ne rien faire contre les proportions ; ils sont
eruellement punis de cette transgression, ceux | qui l’ont commise et qui ne se sont pas ménagé des ressonrces semblables à celles de PAngle-
terre; ceux-là se sont mis dans la position de
ne pouvoir jamais répondre de leurs colonies; ni à eux, ni à elles-mêmes.
La seconde faute de Ia: plupart des. métro-.
poles, a été de négliger la marine, et derne pas la proportionner à l'accroissement et aux hbesoins de leurs colonies. Toutes, l'Angleterre exceptée, sont tombées dans la même négligence. Ainsi le Portugal a cessé d’être navigateur, à mesure qu'il devenait plus riche en:
colonies. E’Espagne a fait de même ; aulieu d’élever sa marine à mesure que ses colonies s’étendaient et se fortifiaient, à mesure quo les autres peuples augmentaient la leur; élle, au.
contraire, a laissé tomber la sienne dans la JL garent Dr proportion absolument inverse, et s’est réduite ose ke ms volontairement à la plus complète nüllité. La: ofpertrus France même, quoique plus vigilante, n’était ; 7e * “0 "4
grute La pas sans reproche à cet égard. vole chat 18 8 L’Angleterre seule ne s’est pas écartée de 4..Le. 2'( la règle fondamentile des proportions en- 12“. 4 LE, hu ot ln melti? curl 5e Vent, % Pret ka bg eu emmbats pures 88 de chan à le frere, ge eur ee fonuiet te He.
pare l'elbi épumntlauge, pare Je parte ul du aura et fun . A LR ina
’ \ Le SA unle oraux Ft ananas y LA 4
huvrenss almans at [PA ns A
tre la puissance maritime et la puissance coloniale : aussi comme elle s’en est bien trouvée, elle doit à cette attention la gloire dont elle brille, la richesse dont elle jouit, et le rôle qu’elle joue sur la scène du monde. Ses flottes ont tout fait; elles lui ont tout donné; elles peuvent lui donner encore, en fait de colonies, tout ce dont elle aura fantaisie ou besoin; elle aura plutôt épuisé ses désirs que leurs services. CE La troisième faute capitale à laquelle les Européens sesont abandonnés dans l’organisation de leurs colonies, consiste dans une inattention absolue sur la nature de la population qu'ils y formaient; ils ont réuni sur cet arucle deux choses qui paraissent incompatibles. lavidité et l’insouciance. Aünsi, tandis qui couraient de toutes parts aux découvertes, tandis qu'ils cherchaient partout de nouvelles terres à envahir, qu'ils se les arrachaïient mutuellement, qu'ils s’entr'égorgeaient pour leur possession, ils ne songeaient aucunement aux moyens d’en jouir, moyens dont le plus essentel consiste, sans contredit, dans l'espèce de fa population : car la colonie ne peut manquer
colouvée, it elle e rôle flottes elles onies, ; elle y ser-
s Euation ttenation t arbles.
qui rites, elles muleur aux sene de quer
êye HAE
de se ressentir des vices des habitans primiufs, comme les races se ressentent de ceux de leurs auteurs. Cependant les colonies n’ont obtenu à cet égard de l’Europe que son insouciance et ses rebuts; elles furent généralement régardées comme l'égout des métropoles, et par conséquent comme celui de PEurope. Ici la déportation aux colonies devint le châtiment ordinaire, ou l'unique fonds de population fourni par la métropole à ses colonies; elle leur envoyait ce qui sortait de ses prisons , ce qui échappait à ses échafauds, ou ce qui fuyait la vigilance de ses lois. Ailleurs » de fanatisme gêné dans la métropole, on trop à étroit à côté d’autres fanatismes, prenait vers les colonies un écoulement chargé d’un trop grand nombre de parties absolument dépourvues de qualités coloniales pour pouvoir y être bien uüles. En quoi pouvaient servir à des colonies, ou ressembler à des colons, ces austères Presbytériens, ces Puritains atrabilaires, ces manizques de toute espèce, dont l'Angleterre se déchargea sur ses colonies , en s’estimant sûrement heureuse d’avoir pu leur en passer le far-
« one  # daerertf cars ei vanele me ;
al nl “
: East t LE Fe, » à + … Rs À Ge eutiuut fat debqeet à Epaque à
deau ? Saint-Domingue même, cet opulent Saint-Domingue, qui depuis a dominé l’Europé par la richesse de ses moissons, n’a-1-il pas été pendant cent ans un repaire de bri- gands, qui, sils avaient l'audace des oiseaux de proie, en avaient aussi l'inutilité? Que serait- 1 devenu s’il avait continué d’être livré à des boucaniers, à des flbustiers, si l'œil d’une administration plus vigilante ne fût enfin tombé sur ces trésors enfouis, et si la civilisation des anciens habitans , et l’appel des nouveaux n’eût rendu à cette terre la faculté de développer les germes de fécondité dont son sein regorgeait sans fruit et sans utilité pour personne? Saint- Domingue serait encore la térreur des colonies, l’Alger des Antilles; la civilisation l'en avait | rehdu le Pérou, le père nourricier ét le bien- : faiteur de la France. Voilà le résultat de la dif. férence des deux populations. Hs À cette négligence se joignait | à Pégard des colonies, une espèce de mépris qu'on ne peut concevoir, aujourd’hui qu’on connaîttoute leur importance. En eflet, ces colonies > dont on poursuivaii la découverte et a prise de posses-
| Fil |
| | À || h BI
pi
sion avec tant d’ardeur, eh bien! quand on les possédait ,. on n’en youlait plus :. prises, quittées, reprises, cédées, vendues, elles ne semblaient que causer du dégoût et de l’embarras à Jçurs propriétaires. C’est: pour une somme qu? paraît ridicule aujourd’hui que les colonies francaises sont vendues à des particuliers ou à des corps. Colbert seul s’en occupe en vrai Français, et va, par un prompt rachat, laver cette tache imprimée à la nation. Quelques-unes sont cédées à des. particuliers comme de simples fiefs : on donnait une colonie comme une grâce, comme une pension.
Monarques anglais et français donnent à la fois Sainte-Lucie à leurs favoris. Le maréchal de la Mcilleraye vend Madagascar comme une portion de son patrimoine ; Charles Quint vend à des négocians d'Augsbourg de grandes provinces d'Amérique; les Etats-Unis, aujourd’hui si florissans, sont livrés en partie à des individus pour en jouir comme d’une pro
priété personnelle : c’étaient des espèces de
Starostics. En d’autres lieux toute une colonie est achetée à prix d’argent , et devient un bien
patrimonial, sous une espèce.de régime patriarcal, dont le chef était à la fois propriétaire ét législateur pour toute sa possession. Belle Pensylvanie, centre de la liberté américaine, ber- Ceau de celle du monde, tu n’as pas d’avtre origine! | L’Espagne, épuisée d'hommes, n’envoie plus dans ses colonies que des échappés de ses cachots, ou des échafauds du Saint-Office. Aux seuls Castilians est réservé le droit de se transplanter en Amérique, c’est-à-dire aux habitans de la partie la plus dépeuplée de l'Espagne, à la partie même de toute la population espagnole la moins propre à lui donner quelque valeur : car si leCastillan est le plus grave des Espagnols, il en est aûssi le plus indolent, et bien inférieur pour le travail aux autres habitans de la péninsule. La persécution donna au Brésil ses premiers cultivateurs, par l’émigration des Juifs qui fuyaient les persécutions de Lisbonne.
Comment s'étonner après cela, du peu de progrès qu'ont fait tant de colonies, lorsqu’elles étaient arrêtées dans le principe même de leur développement , par le défaut d’une population
convenable? L'Europe ne faisait couler dans leurs veines que le mauvais sang qu’elle tirait des siennés propres. D’après cela , si quelque chose a encore le droit d’étonner, ce n’est pas leur état arriéré, ce sont leurs progrès.
Quelle différence de cette population viciée en elle-même, et ne pouvant produire que de faibles rejetons, avec la population qw’ont introduite aux Etats-Unis ces robustes enfans de l'Allemagne, qui couvrent une partie de leur territoire, et que la bonté de leur eulture suffit seule pour y faire reconnaître ! Quelle différence avec ces cultivateurs anglais, qui, trop pressés sur leur propre sol, ont transporté en Amérique leurs Capitaux et leur industrie, les fonds qui donnent à la culture les avances qu'elle réclame, et les procédés qui en centuplent les profits par leur simplicité! Quelle diffèrence avec ces laborieux Hollandais, qui ont renouvelé, dans les cloaques de Surinam, dans les marais infects de Batavia, les prodiges qui ont tiré leur patrie du sein des eaux, qui l’ont fécondée, embellie, et qui en ont fait un coin de terr: unique dans le monde, avec ces Hollan-
dais qui feraient encore retrouver des Amsterdam et des La: Haye dans tous les pays où ils Prendraient racine, et qui aligneraientle monde au cordeau, s’il était livré à leur génie méthodique et à leurs bras infatigables! Voilà des . Populations comme il en faut pour lutilité des métropoles et des colonies, et non pas de ces populations vagabondes et oisives, que le vice ‘vomit sur une térre qui ne demande que de l'application et du travail, et qui, également impropres à travailler et à se fixer , à supporter les inconvéniens des transplantations, ceux des climats étrangers , des exhalaisons des terres fraîchement ouvertes, s’étergnent sur un sol qui les dévore, et qui, destiné à se féconder par leurs sueurs , ne fait que s’engraisser de leurs dépouilles, et se couvrir de leurs ossemens. Tels sont les fruits de la violation des principes élémentaires des colonies généralement oubliés par les Européens. Voyons s'ils ont été plus heureux dans les principes secondaires, qui sont ceux de l’administration.
« L'administration particulière des colonies est généralement calquée sur celle des métropoles :
RE es
par 2 an
RSR RUE,
Res
RE Li Dane A ri OUI nl bts dé Ciné SE Se ne Nr 2-58 Me En te ve ds EURE ir er ton Rd UE “tu à é PS RU Gites 5 + é
ce qui a été pour quelquesunes un bienfait celles de l’Angleterre, par exemple, et pour les. autres un contre-sens et un fléau. Pour qu'il ÿ eût lieu à assimilation dans cette partie , 'aurait fallu qu’il y eût similitude dans les autres, et c’est précisément le contraire qui existait presque partout. Qu’avaient, en effet, de commun avec leurs colonies une.nartie des métropoles pour les localités, pour les mœurs, pour le climat, pour les productions et le langage ? Comment rapprocher et fondre ensemble, pour ainsi dire, des parties aussi hétérogènes ? Si les colonies n'influaient en rien sur la forme d'administration de la métropole, pourquoi celle-ci voulait-elle influer sur celle des colonies , dont elle pouvait sans cela tirer lutile? Pourquoi vouloir les tailler à sa mesure propre, plutôt qu’à la leur, et les tenir continuellement à la gêne, et comme captives dans des vêtemens qui n’allaient pas à leur taille? Car voilà ce que les métroples d’Europe ont fait, en revétissant des colonies situées au delà des mers, sans aucune conformité physique où morale, des mêmes formes de gou-
vernement qu’elles avaient adoptées à mille lieues d'elles, et quelquefois mille ans avant que de les avoir connues. Cette inadvertance, ce refus de chercher ce qui convient dans un sujet aussi important, accuse à la fois le Gou- Yernement de paresse et de mépris pour ces propriétés ; car un intérét véritable procéderait tout autrement. Par exemple, on a vu ) On voit encore d'immenses colonies plus étendues elles seules que beaucoup d'états d'Europe, séparés ou même réunis, on les a vu g0uvernées par un seul homme. Le Canada, cinq fois plus grand que la France, n’avait qu'un simple gouverneur; le Mexique n’a qu’un vice-roi, et ce viceroi compte dans son gouvernement des provinces qui, comme l'audience de Guatimala, ont trois cents lieues de long ; le Pérou a six cents lieues , le Chili sept cents, le Paraguai six cents ; les Philippines égalent presque l’Espagne. Eh bien ! l'Espagne prétend gouverner ces, grands pays par un seul homme, vice-roi Ou gouverneur, et le tout, parce que cela est établi chez elle, et qu’il en coûterait trop pour hercher ou pour inventer autre chose que ce
qui s’est trouvé en Espagne au moment où elle a trouvé Amérique. Il faut que le Mexique soit gouverné comme le royaume de Castille, et la patrie des Incas comme celle de Charles- Quint. De quelle proportion un seul homme, étranger au pays, à ses mœurs, à ses usages, dépourvu souvent de connaissances préparatoires à sa mission ct toujours de connaissances locales, regardant son poste comme un lieu de passage ou d’exil; comment un homme, dans cette position, pourrait-il voir, peser, entendre, rechercher tout ce qui-peut lui donner des connaissances nécessaires à son emploi? Comment pourrait-il en faire Papplicauon au pays confié à ses soins ? En Europe, on ne voit que des administrateurs hors de mesure avec leur besogne, quelque mince qu’elle soit en elle-même, quelque facilité qu'y apportent des documens de toute espèce recueillis depuis long-temps, et on pourrait regarder comme propres à l'administration d'immenses colonies des hommes transplantés dans des contrées inconnues d’eux, où tout est à faire Join de l’aide de la métropole et de l'œil du
maître. Dieu est bien haut , le roi bien loin , et je suis le maître ici. Ce mot d’un agent de ces autorités lointaines est l’abrégé de l’histoire de tous les administrateurs placés loin des regars du maître. Les mallieurs qui excitaient les plaintes auxquelles répond ce mot si’ expressif,
sont répétés à peu près dans toutes les mêmes
situations. Quelques administrateurs sans doute sont au-dessus de ce reproche, et ne restent qu’au-dessous de la partie de leur tâche, qui surpasse trop évidemment leurs forces : le bien qu'ils ne font pas, le mal qu'ils ne peuvent empêcher, tout provient de la même cause, du défaut de proportion entre l’ouvrier et l’ouvrage; et ce double manquement accuse le vice de l'institution, qui annule les talens et les vertus des meilleurs citoyens. Le nombre en est si petit! Pourquoi créer encore des difficultés à ceux qu'on a le bonheur de rencontrer , et émoussér leur zële par des institutions repoussantes ? | ;
Il faut joindre à cet inconvénient majeur en lui-même, celui de la mobilité des zdministrateurs , mobilité fondée: sur la nature même
DES COLONIES. u7
des choses, puisqu'il ne peut se rencontrer qu'un petit nombre d’hommes anxqnels, sous tous les rapports , 1j wansplantation dans des régions aussi éloignées peut convenir , ou qui peuvent Ja supporter. Or, ceme mobilité dans les hommes entraîne nécessairement celle des choses ; elle détruit la snite des idées, des plaus et des entreprises , toutes choses si im portantes à continuer ; elle éyare l’autorité supéricure, nécessairement flottante entre les rapports toujoiws contradictoires des agens successifs : car les Successeurs anx colonies ne Sont pas plus copistes des prédécesseurs, que ue le sont entre eux leurs confrères d'Europe. De là, quelle suite de tâtonnemens et d'essais en pure perte! Comment étakjir quelque chose de solide sur un Sable aussi mouvant ?
Le recours que les colonies sont obligées d'aller chercher dans la métropole pour toutes leurs affaires, est encore un grand fléau pour elles. 11 faut venir de mille lieues pour récla- “mer justice , ou solliciter ce qu’on appelle des grâces; il faut intéresser sur des contrées éloi-
guées, presque toujours inconnues de ceñx IT.
FE
même auxquels on s’adresse, regardés uniquement comme des propriétés utiles , et comme produit net, considérés d’ailleurs avec cette espèce de mépris qui s'attache à un état anssi subalterne; il faut passer par tous les détails qui naissent de l'éloignement des lieux, par toutes les filières de l'intrigue, si difficiles à démêler et à déjouer de si loin : comment v’être pas affecté de ces inconvéniens ? Aussi voyaiton habituellement les députés des colonies, rebutés de missions également infructueuses et pénibles. En France, avant la révolution, les régnicoles se plaignaient avec raison de la trop grande étendue des ressorts de l'administration ou de la justice, qui les forçaient à des déplacemens prolongés : co: ment nese plaindraientils pas à bien meilleure raison, ces colons qui ne viennent pas, comme ceux-ci, de quarante, de cinquante, au plus de cent lieues, mais de mille lieues à travers les mers, et. de toute sorte de dangers? le lien-être respectif de la métropole et des colonies exigeait de réduire au plus petit nombre possible les cas dans lesquels le colon devait quitter ses foyers, pour
iquemme , cette aussi létails » par à dén'être >yait- )nies , ses et n, les | trop ation éplaaient- 1S qui ante, 1s de toute de la duire s lespour
chercher dans la métropole ce qu’elle ne jugeait pas convenable de lui faire trouver sur les lieux.
D'un autre côté, les Gouvernemens n'avaient
pris aucune mesute pour fixer les habitans aux colonies; elles étaient généralement regardées comme des lieux de passage et de fortune à faire, comme des éponges dont oni s’empressait de rapporter dans la métropole les sucs qu’on avalt pu en exprimer : cette instabilité donnait lieu à une rotation perpétuelle d’aventuriers, et de spéculateurs sur les profits à faire aux colonies, tous gens dépourvus de qualités. coloniales, et qui les troublaient trop souvent par l'introduction des vices de l'Europe.
De plus, il régnait une assez grande animosité entre l'habitant de la métropole et celui des colonies. Celui-là, se regardant comme suzerain, laissait tomber sur le colon tout le poids du dédain auquel l'élévation de son titre lui faisait croire avoir droit envers des hommes qu’il voyait tellement au-dessous de lui. Généralement , on regardait en Europe les colons comme des hommes de labeur destinés unique
ment à travailler pour le bien-être de la mèrepatrie: on mettait entre Européen et le Créole nne disiance à peu près égale à celle que celuila mottait, à son tour, entre lui et les autres castes des colonies. Les colons étaient vivement blessés de cette injustice prolongée ; ils sentaient leur importance, et supportaient impatiemment le poids d’un mépris que leur utilité seule aurait dù leur épargner. En quelques pays , pour ne pas dire en tous, la jalousie et les ombrages de la métropole avaient écarté de l'administration tous les habitans des colonies. Elles recevaient des métropoles les administrateurs de tous les grades : les colonies anglaises, au moyen de leur administration locale, calquée sur celle de PAngileterre, étaient seules exemptes de ce fléau. Cet usage renfermait mille inconvéniens : il mortifiait sensiblement
les colonies ; il les privait de l'avantage que
donnent aux administrateurs les connaissances locales ; il les privait de l'effet du zèle que l’on apporte au bien de sa chose propre, des effets de l’émulation qu'inspirent les suffrages de ses eoncitoyens , le nom que l’on élève et qu’on
; r Nr tee RL RRS
mère- Jréole celuiautres vivele ; 1ls it im- 1r'utilques isie et rté de onies.
istraaises , , calseules rmait ment
e que
alncCes
e l’on
effets de ses qu’on
DES COLONIES. s
laisse au milien d’eux , tous avantages qui ne peuvent appartenir qu’à ceux qui demeurent sur les lieux, qui y sont fixés, qui s’y attachent par le bien même qu’ils y font, tandis qu'un administrateur étranger et passager devra toujours à ce double caractère l’absencé des connaissances locales , et de l'intérêt qu’on ne se crée pas pour un lieu où lon n’est qu'en passant , Ou qu'on n’éprouve jamais au même degré que celui qui y est à demeure. Pour être attaché à la terre, l’homme a besoin d’y étre fixé; il doit y avoir entre elle et lui une espèce de mariage qui serve de garantie à leur fidélité mutuelle.
L'Europe s’est vivement ressentie de l’éloi-
gnement dans lequel elle a toujours tenu ses
colons, et de la méfiance dont cet éloignement était le gage. Cette disposition outrageante pour ses colonies y a causé des troubles, et a compromis guelquefois l’autorité de la métropole. -
Ilsemblait queles Européens ne devaient voir dansles colonies, que la bonté du Ciel leur avait révélées, que des prodnits à extraire et à mul-
tiplier; en un mot, que des fermes à exploiter et à faire valoïr. Ils devaient chercher tous les moyens de réparer les inconvéniens de leur éloignement des colonies, et se horner à les faire produire et consommer. Eh bien , de ces champs destinés uniquement à la. culture, ils ont été faire des champs de bataille. Quel contre-sens! Il semble voir deux propriétaires établir le théâtre de leurs débats au milieu de leurs moissons. Aussi, qu’arrive-t-il ?
À peine la guerre a-t-elle éclaté en Europe, souvent même avant que le colon ait eu le temps d’en être prévenu, déjà 1l se trouve attaqué, envahi et presque infailliblement ruiné; il n’a rien à faire dans cette querelle, il en portera le fardeau ; il est cultivateur par essence, le voilà partie dans des débats politiques ; il est à mille lieues de l'Europe, le voilà enveloppé dans.ses querelles. À la différence du propriétaire européen , qui, même en état de guerre, n’est atteint ordinairement que dans la plus petite partie de sa fortune, le colon voit tarir sur-le-champ les sources de la sienne, par l'interruption du seul canal dont il disposait, celui
loiter us les > leur
à les de ces e, ils ] cons étar eu de
rope, eu le attané; 1l porence, il est oppé priéerre, plus
tarir
lincelui
de la métropole. Alors il appelle à son secours les neutres, la fraude et toutes les ressources que l'intérêt et le besoin savent se ménager contre des entraves trop pesantes ; il devient immoral pour n’être pas ruiné. Si le propriétaireaux colonies habite la métropole, la guerre lefrappe avecla mêmesévérité: aussi, dès qu’elle éclatait, n’y avait-il rien de plus commun que de voir les possessionnés, dans cette nature de biens, tomber dans l’état où l’on a vu les émigrés de France. La guerre était pour les colons, dans les deux mondes , un temps de deuil et de misère, tandis qu’elle n'était tout au plus qu’un temps 4 privations légères pour leurs concitoyens possessionnés en Europe : il n’y avait point de parité entre leurs conditions; mais ce que chaque particulier souffrait en détail, l'Etat le souffrait en masse, et réunissait sur lui seul la somme des infortunes particulières.
Aussi, que devenaient , pendant ces absurdes guerres des colonies, ces villes si opulentes par elles, ces millions de bras occupés à leur fournir les échanges de leurs denrées? Quelle stagnauon dans les ports, dans les ateliers, dans
la culture! Voilà où abôontissait la nrañie de fire entrer dans toutes les querelles de Europe, des colonies qui ÿ étaient étrañgères , et qui devaient en être exemptes jar raison et par le plus simple calcul d'intérêt. La ptissance ma rime, ce grand agent de là. puissance voloniale, ne sulfit:pas même à la défbose du malheureux colôn; car, à défaut de poñvôir paraître avec hHonhetr entre les cofibättans, le plus faible se fait corbaire: il éctime les iiers qu'il nè port gatder; il déguisé lé pavillon qu'il n'ose plus déployer; ct, par mille manduvres j il rachète son inifériorité; il fait comnie forban le al qu’il ne peut plus fairé cotime solilat. Airsi, lorsque la miatinie militaire de Lonis XV eut disparu des mers, lés corsaires de Saint- Malo n’en prenaient pas inoins aux Anglais quatre mille vaisseatix de coriinerce ; et dans les dernières guerres, qui sont Certainement Tépoque du pévigée de la marine française, par quellé opiniñtrété d'ineursions, lé cotsäirape français n’a-t-1l pas molesté lé cotimercé anslus ? Dans combien d'habitations aux colomes ct de familles en Angleterre, n'a4l pas
Sas 9 $ Re pe LCR TIQUE
fure ope , qui ar lc Mamalpa , le hers qu'il res , rhati dat.
untlais lans nent par rage anolo-
pas
D PU de Ce
Au: Jun y Dee
cr pe van
porté la misère et le deuil? Telles sont les suites de l’irréflexion des Européens sur cet article si intéressant pour les colonies. Mais où leur mauvais génie éclate dans tout son jour, oùilsemble triompher; c’est dans les lois de détail qu'ils ont répandues avec tant de profusion sur tés malheureuses dépendances deleur aveugle pou voir. On dirait qu'ils avaient pris à tâche de contrarièr la nature, d'arrêter l'essor des colonies, dé se priver des avantages qu'ils avaient dû se proposer en les acquérant, en les fondant, en les recherchant avec tant d’avidité. Désirer si ardemment, et négliger ce qu'on a acquis avec tant d'empressement , paraît ne
pouvoir se coriciier; et voilà cependantcequ’on :
a fait depuis trois siècles que les colonies existent pour l'Europe. Indiquous les traits les plus saillans de ce tableau ; il n’est pas celui des co-
lonies exclusivement. Les métropoles ÿ seront
aussi renfermées ; car l’Europe administrait ses colonies sur son propre modéle : clles n’ont pas à lui reprocher d’avoir tourné vers elles le côté nébuleux de la colonne, et de s’être réservé lé dté lumi Alors l'Eur était pi à COLE iununeux. AIÏOrS urope n'etait pas nhiéux
A -. À < à » à tr k, +- LA pur f'e- | dé um eret fus + does uma — Cum fast Jerry