‹ Des colonies, et de la révolution actuelle de l'Amérique [microforme]Chapitre 3 sur 49 · AA A · texte numérisé non relu

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80uvernée que ses colonies, et sa bonne foi égalait son ignorance.

Deux peuples que l’on ne rencontre guère sur la même route, les Espagnols et les Anglais, YOnt nous fournir des exemples frappans de cette ignorance soutenue des principes économiques les plus simples, des premiers élémens du commerce, de l'administration et de la direcuon des colonies. Les choses ont été portées au point, qu’en recherchant l’époque à laquelle les peuples sont sortis de ces pratiques routiniéres et aveugles, en examinant le degré où ils sont encore, on est porté à croire, ou que le genre humain est beaucoup plus jeune qu’il le dit, ou qu'il a perdu beaucoup de temps. Les faits vont prouver cette assertion ) Qui, dans cette généralité, peut paraître dure.

On ne peut parler de l'Angleterre et de l’Espagne que depuis la fin de leurs longues guerres civiles , telles que celles des deux Roses et des Maures. Jusqu'à cette époque, on ne savait que se battre; le pays était un champ clos, et le Gouvernement un héraut d'armes » toujours occupé à appeler des guerriers, et à sonner la

foi charge. C’est tout ce que l’on savait faire dans ces temps réculés, que l’on ne cesse d’ailleurs de AE j recommander à notre vénération; mais au lais, ! temps d'Henri VII en Angleterre, de Ferdis de nand et d'Isabelle en Espagne, les choses FRE $ commencent à changer de face ; le civil s’introsé duit auprès du militaire et le suit, quoique de mis loin, en attendant qu'il puisse lui dire avec as- 55e surance :. Cedant arma togæ. On. commence 1e : enfin à soupconner qu’on peut faire autre chose : pes que de se battre, et que ce monde n’est pas une Le arène. Eh bien! cette époque de régénération rs le ne fit cependant éclore que des lois commeril le ciales , frappées toutes de signes évidens d’in- Les santté; et ce qu'il y a de plus étonnant, c’est ans que leur auteur était le prince le plus éclairé de son temps. Îl est évident qu'il était commandé Es- par son siècle, et que c’était lui qui parlait par nee l'organe de ce prince, Henri VIL.

des Alors il fut dub de mettre les enfans en eo apprentissage, à moins de 22 liv. 105. de rente tle en fonds de terre. Le prix des comestibles des 2 matières premières et des ouvriers, était égala

lement réglé. Les idées monacales, introduites

jusque dans le commerce , réprésentaiént Île change, cette âme du négoce, commeé favorable à l'usure, et le faisait proscrire.

Alors toute exportation d'argent était prohibée, L’étranger devait convertir en marchandises anglaises le prix de celles qu'il venait d'importer en Angleterre; comme si une pareille loi pouvait émancr d’un autre tribunal que de celui de la balance du commerce et du solde définitif que deux pays commerçans arrêtent entre eux à la fin de chaque année. L’agriculture n’était pas mieux entendue. On défendait la sortie des chevaux, dont l'Angleterre abonde. L'éducation de l'animal dont la précieuse toison alimente les fabriques de l'Angleterre, et par elles une partie de son trésor, au lieu étre encouragée cn raison de son utilité, éiait, tontraire, chargée d’entraves propres à la re: treindre. Le législateur s'était abaissé aux plus peuts détails, et, descendant jusque dans le dénombrement des troupeaux, il avait ordonné que le plus nombreux n’excédât pas deux mille têtes. On ignorait alors que la mesure de la volonté et de Ia liberté n’était autre chose que

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