CHAPITRE XXIX
De l'Empire ‘anglais dans l'Inde , et de sa durée.
Dspuis que les Européens sont établis dans l'Inde, ils ont eu à s'occuper de deux intérêts principaux, dont l’un est le moyen de l’autre, la souveraineté et le commerce : il s'agissait à la fois de leur empire et de leur bourse.
C’estune chose fort étrange en elle-même que la domination de quelques peuples de l'Europe yur des contrées éloignées d’eux de trois ou de quatre mille lieues, aiusi que de les voir aller chasser de chez eux des peuples quine connaissaient pas le nom de l'Europe, qui ne leur avaient fait aucune injure, et que chacun s’arrogeait le droit de maîtriser, ou de tucr, en cas de résistance pour ses intérêts de pouvoir et de commerce, et pour ne pas rester en
arrière les uns des autres. Que dirait-on en Europe si c'était les Indiens qui en eussent fait autant sur son territoire ? De cet état sont. nées deux choses: 1°. La nécessité d'étendre la souveraineté pour l’affermir ;
2°. La nécessité de laffermir pour étendre le commerce de l'Europe avec l'Inde.
Les établissemens relatifs an Gouvernement sont toujours chers à former et à entretenir. Il est même assez rare que la recette provenant dela souverainetéégalela dépense qu’elle exige: ce qui est vrai au sein de l'Europe , dont presque tous les Etats , à commencer par PAngleterre, ne peuvent plus suffire à leurs dépenses ordinaires par leurs revenus-ordinaires, à plus forteraison doit être vrai pour les colonies. On peuts’en convaincreen voyant ce que coûtaient à l'Espagne quelques-unes de ses colonies , au point que sans le Mexique elle seserait vue obligée de les abandonnertoutes; carc’estlui seul qui les soutient. En joignant à ce calcui celni des frais extraordinaires des guérres coloniales, on trouverait à décompter sur les produits que l'Europe a retirés de ses colonies ,. non point
par un vice quelconque intrinsèque de ces possessions, mais par celui du régime qu'elle y a introduit , et ‘maintenu contre la nature des choses. c ;
Plus les colonies sont grandes, plus elles sont éloignées dela métropole, plus il yad'opposition de la part des naturels, et de cencurrence de celle des Européens ; plus les frais de garde augmentent. Or voilà ce qui est arrivé dans l'Inde. Tous les Européens s’y sont établis àcla-fois ; tous ont eu à combattre les naturels, tonsontcombattuentreeux; ainsiles frais étaient doubles, et la dépense provenant à la fois de l'Inde et de l'Europe, le temps a donné la victoire à un peuple: il est resté le maître et le dominateur exclusif; ila doncà supporter seul tousles frais qui étaient répartis entre tous CEUX qu'il a supplantés. Seul il portele poids de l’animadversion dé l'Inde: il a dû proportionner ses moyens de défense à ceux d'attaque qui le menacaient ; il a dù devenir conquérant pour n'être pas expulsé. Car toute guerre faite entre les naturels-et lès Européens, a de la part des premiers ce but contre les seconds, à la diffé-
rence des guerres de l'Europe, qui, se ph entrelesnaturels de cette contrée n’ont qu'un but politique, et finissent toujours par lisser chacun chez soi. On conquiert, mais on n’ex:
pulse pas : voilà ce qu'il faut bien entendre, et ce qui explique l'étendue progressive que l'Angleterrea dà.donner à son empire dans l’Inde. Placés à une grande distance de l'Europe, au milieu d’une population supérieure et ennemie, à côté d'Européens jalotiiét haîneux, les Anglais ont agi dans l'Inde comme avaient fait les Français, aux jours heureux des Dupleix et des La Berre ilsse sont mis exactement à leur place ; ils s’y sont maintenus et sy défendent comme les Francais avaïent fait et auraïent fait à la leur. Chaque nouvelle attaque faite contre eux, a créé pour eux le besoin d’une nouvelle conquête. Ainsi la guerre dé Tippoo-Saëb les a forcés de #étruire l’empiré du Mysore. Il était bien évident que ce grand état indien’ était incompatible ‘avec un grand état européen, placé à côté de lui : il ne l'était pas moins que ce voisinage rendrait la posses+ sion fort chère pour l’Européen, et, qu’en dé-
finitive, l’un ou l’autre devaitsucoomber. Lebon génie de l'Europe a voulu que ce fùt Tippoo qui succombât; car, s’il eut triomphé , 6e n’était pas des Anglais seuls qu'il purgeait l’Inde, mais de tous les Européens à la fois. Que ferait-on en Europe d’Indiens vaincus qui seraient venus latroubler et la régenter depuis trois cents ans ? Parvenus à uu-haut dogré de puissance, les Anglais, comme tout les invitait à le faire , se sont mis à regarder autour d’eux , et à recheraher ce qui pouvait assurer Jeur empire. Pendant deux siècles ils étaient restés fixés sur les côtes, comme avaient fait tous les Européens : par la conquête du Mysore, ils ont pénétré dans les terres , et ils se sont ouverts des communications directes entre leurs établissemens des deux çôtes. La perte de Tippao a laissé à leur merci les petits princes de l'Inde , qui se trouvent comme enfermés dans la vasté enceinte de la presqu’ile, entourés detous côtés par les possessions anglaises, et domiués par elles. Depuis cette époque on a vu les Anglais ocoupés à se £ermer du çôté de la presqu’ile qui confine * avec les états du Mogol; maintenant ils chex-
ohent à s'appuyer aux grands fleuves et aux hautes montagnes qui forment la la clôture de presqu'île du côté du nord. Pour y parvenir, ils se sont élevés presque jusqu’au Thibet, dans la dernière guerre du Napaul (1).
(1) Depuis les bouches du Gange jusqu'au cap Comoria , et de l'extrémité méridionale des bouches de l'Indus jusqu’à Ceylan, la Compagnie a sous san gouverne. ment cette étendue immense des côtes, à l'exception d’un petit établissement qui appartient aux Portugais, et des Marates de Poona, qui sont obligés, par les conditions du traité fait avec eux , de n’admettre dans leurs ports que les bâtimens portant le pavillon anglais. Le nizam de Décam, dont le territoire est entièrement dans l'intérieur des terres, est engagé par des traités,et encore plus par ses propres intérêts, à vivre en bonne intelligence avec le gouvernement de la Compagnie, Le nabab d'Onde, le souverain d’une autre contrée qui est également située dans l'intérieur du pays, peu+ vent être regardés comme ayant leurs possessions plae cées sous la protection de la Compagnie. Il en est de même du nabab d’Arcat et d’autres princes. Les Ma rates, dont la puissance militaire et le territoire ont été considérablement réduits , vivent actuellement en honne intelligence avec la Compagnie ( Colquhoun , p.17) |
Les établissemens européens qui se trouvent sur les deux côtes ne sont d’aucuneimportarce, et ne doivent plus être considérés que comme de faibles comptoirs. Ainsi empire Anglais dans l'Inde est à la fois exclusif des Indiens et des Européens : ceux-ci n’y commercent qu'avec désavantage. En voici la raison :
1°. Les matières premières du travail de l'Inde comme de celui de l’Europe, la soie et le coton, sont à beaucoup meilleur marché dans l'Inde où ils croissent, que dans l'Europe où ils doivent être importés. ni a
:4°, Le travail de l’ouvrier de l'Inde est beaucoup moins cher que celui de l'Europe.
L'Indien n’éprouve presque aucun besoin sous un ciel chaud, serein , et sur un sol ferule. C’est dans les pays froids , et sous un ciel humide que l'habitation est chère et les besoins multüpliés: voyez de combien de besoins créés par l'hiver , affranchit le printemps ! Quelques bambous, un peu de riz, une étoffe grossière
tissue de ses mains, forme le toit, l'aliment et lhabillement de lIndien ; il est en quelque sorte vêtu du climat; il n’a le goùt d’aucunes
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jouissances ; les grands seuls les recherchent : loisiveté est le bonheur de ces êtres paisibles. Lorsque le besoin parle, des tissus suspendus . à des palmiers ont bientôt fourni les moyens de le satisfaire, et de retourner à une oisiveté chérie. Les élémens d’une pareille fabrication sont bien peu dispendieux : les ateliers européens ne peuvent soutenir leur concurrence, peuplés comme ils le sont d'ouvriers entassés dans de vastes emplacemens, d’une construction dispendieuse , dissipateurs , inappliqués , consommateurs et vivant chèrement. L'Inde, soumise aux armes de l'Éuropé, la soumet à ses métiers, et ses arts paisibles l'emportent sur les siens, autant que les arts meurtriers de l’Europe l’emportent à leurtoursur ceux qu’elle possède.
Pendant an le commerce de l’Europe avec l'Inde s’est presque entièrement fait avec des métaux que l’Europe portait dans l'Inde, en retour des marchandises qu’elle en recevait : ce Commerce appauvrissait l’Europe, tout en enrichissant ceux qui s’y adonnaient, à peu près comme le conimerce des marchandi-
ses anglaises enrichit le négociant belge, français, allemand, en appauvrissant la Belgique, la France et l'Allemagne. Tous ces négocians sont les facteurs de l'étranger contre leur pays. Ainsi ont fait pendant deux siècles les négocians et les Compagnies adonnées au commerce ” del’Inde: ils s’enrichissaient, ils enrichissaient l'Inde, mais ils appauvrissaient l'Europe. Les Hollandais seuls, dans l’espace dequatorzeans, portärentdans 'Indela sommede140,006,000f.
Il ya deux manières de parer à cet inconvénient.
1° La souveraineté.
2° La vente des marchandises de l'Europe, en échange de celles de l'Inde.
Par la souveraineté on peut deux choses :
1° Compenser les dépenses de la souverai-
neié : la recette paie la dépense;
2° Avee lexcédant du revenu compenser les pertes du commerce. Ainsi, si la Compagnie des Indes reçoit par la souveraineté la somme dé... ++ + 100,000,000 f.
et qu’elle n’en dépense que 80,000,00a il reste . 44 4 « «+ + + + 20,000,000
pour acquitter le prix des marchandises qu’elle fait entrer dans son commerce : voilà comme les droits de la souveraineté peuvent venir au secours du commerce. Maintenant il faut chercher quels sont , pour PAngletérre, les produits de la souveraineté et ceux du commerce ; cette évaluation donnera la juste mesure de la valeur de cet empire, et mettra ‘sur la voie de la solution du problême de sa durée.
Les produits de la souveraineté s'élèvent À 6 eee à ee. + 460,000,000 f.
Les dépenses à . . . . . . . 483,000,000
Perte . . .'. ...., 1, 4 25,000,006 Il faut y ajouter les fraig qui tombent à la charge du trésor de l'Angleterre, frais qui, en temps de guérre, ne peuvent manquer d’être fort grands, de manière à ce que si la Compagnie devait tout payer, ellene pàt y suffire (1).
(1) D’après le rapport fait à la Chambre des ps munes , le 21 juin 1811, imprimé par son ordre, la dette de la Compagnie dans lude s'élève à près de sept cent millions.
: Par conséquent, cette souveraineté est pis onéreuse qu’utile : les profits du commerce s’élèvent , toute compensation: ::
DH I btauts roc l faut en déduire les inté-.
rêts du capital de la Compagmie, qui s'élève à : . . ..
et qui doivent, à 5 p. 100 L faire. . haben cute Le résultat finel donne une somme.libre de . . . . .
Il est juste d'y ajouter les
profits apportés annuellement .
en Angleterre par tous les employés dans l'Inde, et que M. Dundas évalue à . . . . :
- «Ainsi oet empire, acheté par des voies'si extraordinaires, par tant de combats, de travaux, objet de-tant de déclamations dictées tour à tour par une admiration ou par une haine aveugle , se réduit en définiuive à la somme de .
fait
Cherchons attuelleent l’état du cornmérce de l'Europe avec l'Inde.
M. de Humbpldti, dontles calculs: sént tou- Jours appuyés sur .ce doute, méthodique qui peut seul satisfaire la: raison; va nôus servir de guidlènl ob 356 sites 1] ci Au cinquième velreé de. son intéressant c où vrage sux;la Nouvelle-Espagne, il donne le tableau du commerce de l'Europe avec l'Asie, et fixe la somme-exportée par la voie.du cap de Bonne-Espérarce à . . . . ..86,000,000!f.
D’après le mémerauteur , le commerce avec : la : Chine ab.
sorbe une somme de .,.,.... 20,000,000 En supposant que cinq à six millions s’arrête:t sur la mer Rouge et le golfe Persique , 1l restera une somme de . .. .:.;. 60,000,000 .; dont l’Europe reste tributaire envers l'Inde: ;
Voilà à quoi, en dernière analise, aboutit la découverte, et la possession de l’Inde. Elle partage avec l’Europe les envois de métaux que fait annuellement l’Am-:rique.
Il résulte de ce calcul deux : ARNO Vérités :
1° Que l'Inde ecininiadi à l'Europe un travail équivalant à . . «4 60,000,060 fr.
2° Que l'Europe n’aura plus d'intérêt à la souveraineté de l'Inde, le jour où elle lui fera accepter 60,006,000 di ses produits en paie ment de ceux qu'elle regoit d'elle, et qu'aujour: d’hui elle paie en argent.
Lise trouve:la solution du problème de la durée de l'empire anglais sur l'Inde : par émpire anglaisnous entendons Pempire européen, car l'Angleterre ÿrègneiau nom de l'Europe.
Si 'Angleterre.a voulu dominer l'Inde pour l'intérêt de son:commerce; elle peut la rendre à elle-même le jour où: le commerce sera égal entre elles, le jour où Flnde: acceptéra de ses produits autänt qu'elle donnera des sions propresi Alors ha souvéraineté se trouvera tout naturellement changée en relations commerciales ; qui dpargheronit tout céque éoûtént les frais d'établissement , de garde et de guerres : c'est’ ce qu'a gagné PAngleterre en se séparant des Etats-Unis; son commerce avéceux a quin-
tensi.
Sil:
si elle
la pri
tuplé, et tous ses frais ont :céssé. C’est encore ici le même calcul ; il se représente dans toutes les questions coloniales, comrme ‘Pour ‘avertir’ du point auquel il peut convenir de retenir ces possessions ou de s’en désister. | De cet état de choses suivent deux considé rations :
19. Quel est l'intérêt de: l'Europe quant à la souveraineté de inde?
2°, Quel est ce même ititérét par rapport à son commerce? | Ea souverainété, dansl’ordré colonial ét prin.. cipalement dans l'Inde, n°a qu’un but, le produit et non la puissance: car les colonies ne sont que des fermes de l’Europe, et non pas des moyens directs de puissance ; comme les provinces des divers Etats le sont par rapport à ées Etats On veut des colonies pour lé produit ét le:
commerce, et la souverainété n’est que le moyen de leur conservation ou de leur extension. as Silasouveraineté éstlasourcède ce commerce, si elle sert à compenser son inégälité, le prix de la première redouble; il s'étend à céux:mémes IL. 22
qui n’y participent point, mais dontsous quielques rapports; elle, consertc les capitaux. Or, sous cé rapport, l'empire anglais dans l'Inde est Je conservateur.des intérêts de l’Europe, parles droits dela souveraineté dont iljouit, et par létendue qu’elle prête à son commerce; 1l épargne à l'Europe la perte de toute la partie des capitaux, qui seraient. nécessaires pour ‘remplacer les produits qui proviennent de ces deux sources; ainsi, si l'empire anglaisprête à un commerce d'importation de produits anglais dans l'Inde d’une valeur de 60,000,000 fr. ; toute la partie.de cette somme . qui ne serait pas formée par le commerce, lappuyé ou produit par la souveraineté, retomberait à la charge del’Europe, et diminuérait d'autant la masse de ses capitaux: can il faudrait y porter.en argent à la place de ces marchandises. Dans Pétat de communication. où sont tous les peuples, toute richesse est, sous quelques rapports, commune entre eux, et une partie de l’Europe ne peut s'appauvrir sans que toutes les-autres ne s’en - ressentent. Par conséquent l'extension de la souveraineté exercée par le peuple qui peut of-
frir aux Indiens le plus grand nombre d'objets de leur goût, et qui le fait par le moyen de sa souveraineté, est applicable à l’Europe comme à ce peuple lui-même, et le corps de l'Europe participe aux avantages de ce peuple, Il ne s’agit donc plus que de savoir quel est ce peuple, quelquenom qu’il porte ; si c’est bien lui qui peut à la fois porter le plusloin son empire, etaveclui cette espèce de goûts propres à épargner les capitaux de l’Europe : c’est un simple calcul à faire, calcul que toutes les données politiques et commerciales décident en faveur de l'Angleterre. Si la souveraineté anglaise repompait soit par elle-même, soit par le commerce auquel elle prête les 60,000,000 fr, que l’Europe envois dans l'Inde, cette somme ne serait-elle pas une
conquête que l’Angleterre aurait à offrir à lEu-
rope presque autant qu’à elle-même ? car enfin
il vaut mieux pour l’Europe que son argent se
trouve en Éurope et même en Angleterre » d’où
les transactions commerciales sauront toujours
en retirer quelque partie, que dans l'Inde, où
: il resterait toujours et tout entier. Si quelques vs préfèrent d'enrichir l'Inde plutôt que l’Ax-
gleterre, nous avouerons n'être pas Indiens jusqu’à ce point.
Ceci conduit à demander si la domination d’un seul dans l’Iude n’est pas plus utile à l'Europe que celle de plusieurs.
Cette question est résolue par la distance locale qui sépare l'Inde de l’Europe, comme par la distance morale qui sépare l’Indien de l'Européen. |
Ayons toujours présent à l'esprit ce que l'Europe est à l'Inde, et ce que l'Indien est à l'Européen : celui-ci est un étranger venu de terres lointaines , avec la guerre, Poppression et l’esclavage. Dans ce cas, quelles doivent être les
dispositions habituelles de l'Inde à Pégard de ces étrangers ? Celle qu'épronverait l'Europe, 4 détaient des Indiens qui donnassent des lois chez elle. On n’a pas besoin de dire ce qu’elle ferait le jour où elle en aurait le pouvoir. Il en est de même pour l'Inde : l'Indien soufre ce qu'il ne peut empêcher. Doux, timide, étranger aux passions ardentes qui font bouillonner le saug de l’'Africain, séparé par dés barrières que les mœurs rendent sacrées , celles des
castes, il offre et soumet au joug une tête qu’il ne sait refuser à aucune espèce d’esclavage. Les lois religieuses et politiques de ce pays avaient dès long-temps préparé l’empire del’ Europe ,en détruisant chez ce peuple le ressort qui fait résister à l’oppression. Mhis ce qui est vrai de l'Inde, en général , ne l’est ni de tous les peuples , ni de tous les souverains de l’Inde. Les uns et les autres ont leurs inimitiés, leurs intérêts, leur politique, dont ils rendent les Indiens les instrumens, en raison de leur docilité même. Or cos souverains et ces maîtres n’ont pas cessé de montrer les dispositions les plus hostiles contre les Européens : les Marattes ont été en guerre continuelle avec eux. S'ils s’allient avec quelques-uns, ce n’est point par amitié, mais pour s’aider de leur appui contre un ennerni plus fort. Si, avec cet appui, ils venaient à triompher, croïit-on que ce fût pour les rendre héritiers de la puissance que ceux-ci leur auraient aidé à abattre? Qu’aurait fait Tippoo- Saib, s’il avait triomphé des Anglais avec le secours des Français, lui qui fit massacrer un de ses ambassadeurs en France ) pour se débarrasser de limportunité de ses récits sur les ob-