A7 DES COLONIES
jets qui l'avaient frappé dans ce pays ? Quelon n’endoute pas, l'expulsion des Européens de toute l'Inde est et sera toujours le fond de la pensée et des vœux de tout Indien. Or, dans ce cas , il faut chercher si un empire unique , fortement basé et solidement établi, n’est pas pour l'Europeune meilleure garantie de la conservation de l'Inde en sa faveur, que la division en plusieurs souverainetés , dont l’essence sera toujours de se jalouser, de se combattre , et d'appeler à eux les naturels, pour les opposer à leurs adversaires. Pendant trois cents ans, les Européens, possessionnés dans Inde, ontils fait autre chose? L'Inde a été partagée entre eux : alors, qu'y faisaient-ils ? sinon'exciter les princes du pays contre eux-mêmes, les mêler dans toutes leurs querelles, dans tous les secrets de leur politique , de leur tactique , de leurs connaissances meurtrières, en mettant tous également en oubli qu'outre l'intérêt particuher des Européens, ces princes avaient encore Tintérêét des naturels, celui d’être également ‘ennemis de tous les étrangers établis chez eux. Si au danger qué présente déjà pour l'Europe
une armée indienne ; ; contéhhe" Seuléient par le mélange d’urié poi {id d'Anglais, Se joignait encore célui d’une armée indienne aù seice de Franct, d’uné'hutre armés fudienne À! cel de Hollande , d’üne quatrième } À (celui de Portugal, lon verrait si toutes Ces at armées indiénnes seraient long-temps & âu service dés Européens ; ; et si leurs drapeaux eüropéêns ne Séraient pas remplacés bientôt par” dés ‘drapeaux indiens. Eh bien! voilà le dangèr “ae ti diétribution de VInde en plusieurs ie Que faisaient donc les Européens en Ehibbt: ‘en élévant à leur niveau une foule d’Indiens ! ? Ce qu'ils faisaient ! Ils formaient des’ |Yengéurs à l'Inde; ils préparäient les instrurens "dé Teuf ESTR PETEN commune , et un sort semblable à celui qu'ils ont subi au Japon : au lieu d’empire dans” an ils auraient trouvé des Yeux assignés pour reeevoir leur argent, et se Charger dés marcharrdises qu’on leur eût DébyEtses en rétour, avec tous les signes du FPS de la” définie et de la haine. L'Europe n’a pas'à s 'enorguéilfr de Pattitude dans ; laquelle elle comparaft à la Chine et au Japon ; ; une plus noble ñe Pat
tendait pas dans l’Inde, si elle avait fait triompherles Indiens del Angleterre. En empruntant leurs bras contre PAngleterre ; ne forgeait-on pas les instrumens de la ruine commune de tous les Européens ? Mais, dans le cas d’une expulsion générale des Eyropéens , OU tout commerce avec l’Inde aurait cessé, ou bien 1l aurait continué avec des métaux qui devaient. remplacer les tributs dela sonveraineté de Europe sur l'Inde: c'était donc ouune interdiction de commerce dont.on: frappait l'Europe , ou bien un impôt que lon mettait sur elle en faveur de
FInde.
. La domination d’un seul pare à tous ces inconvéniens. Elle exclut toutes les ligues, toutes les intrigues avec les princes du pays ; elle rendla puissance unique assez forte pour résister à leurs attaques. Elle. est dans l'Inde la sauve-
garde de l'Europe et le garant de la conservation de l'Inde. |
Maintenant , combien detemps encore, PAngleterre doit-elle garder lInde? La réponse est simple; jusqu’à ce que les goûts de l'Europe aïent assoz pénétré dans l'Inde pour que le con
brit:
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merce soit égal entre.elles. À ce point, il n’y aura plus d'intérêt à la conserver ; au contraire il y en aura un trèsgrand à l’abandonner à elle-même: car on y gaguèra tout ce que coù-. tent les guerres que l’on y a faites , et les autres frais résultant de la souveraineté, qui ne sont point couverts par les mêmes revenus. Alors, pourvu que les Européens continuent d’êtrerecus commercialement dans l'Inde , ils n’ont pas plus d’intérêt.à sa possession territoriale qu’à celle de la Chine ou de la Turquie. En quoi l'Europe est-elle lésée pour n’être pas souveraine dans ces deux pays ? Par conséquent le calcul européen que l'Angleterre doit fairé, se borne à étendre dans l'Inde le goût des produits de l’Europe, soit territoriaux soit industricls. Sa domination bien entendue doit se borner à ce grand résultat. Lorsqu'elle aura réussi à faire pénétrer dans l’Inde les goûts de l'Europe , de manière à former entre les deux
pays des relations solides et égales (1); alors
(1) Hi semble que la loi qui défend à tout sujet britannique d'acquérir des propriétés foncières dans l'Inde, et de s’y établir, est directement contraire au
PAngleterre peut replier ses voiles, et les diriger vers l’Europe, emportant sessoldats, sesjuges, ses gouverneurs, ses archives, tous instrümens d’unautre ordre et d’un autretemps, et laissant, à la place de cedispendieuxattirail, de paisibles consommateurs, d’industrieux commerçans, qui lui feront trouver dans leurs comptoirs plus de trésors que ne Jui en rapportent ses armées transplantées des extrémités d’un monde à celles d’un autre, ainsi que cette machine de gouvernément qui s’affaisse sous le poids de ses rouages compliqués ; l'Angleterre y gagnerait de nouveau ce qu’elle avait déjà gagné en abandonnant l’Amérique, de laquelle, au momentotelleen retira son sceptreetsa couronne, elle a retiré cinq fois plus de produits qu’elle ne faisait lorsqu'elle régnait sur elle.
om mme qqn but que l'Angleterre ‘levait se proposer. Loin d’éloigner les Anglais de Vide , elle devait les engager à s’y fixer. Un million d’Anglais établis dans l'Inde auraient pu y devenir indépendans; mais ils auraient continué de consommer de Angleterre, et de lui porter, ce qui est la seule chose dont elle ait besoin,
et ils y auraient formé des soutiens pour son autorité.
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Cette révolution sera hâtée par le dernier état assigné au commerce de l'Inde. Il résulte des quatre actes passés le 17 décembre 1813, d’après lesquels tous les sujets anglais sont admis au commerce de l'Inde, concurremment avec la Compagnie, à dater du 10 avril 1814, à l'exception du commerce du thé, et des ports de la Chine. Ces quatre actes ont régularisé le commerce de lInde, d’après un système nouveau. Les Américains sont aussi admis à quelques parties de ce commerce. Il est très-probable que le privilése actuellement existant en faveur de la Compagnie sera le dernier que l'Angleterre admettra, et que la supériorité du commerce particulier sera constatée de manière à ce que lPexclusif et le monopole ne puissent plus avoir lieu. On peut s’en rapporter à l’habileté et à l’économie que l'intérêt personnel inspire toujours an négociant. Le commerce exclusif de l’Inde était le dernierrefuge de cette espèce de commerce, qui a fait tant de mal au monde : voilà sa dernière ressource perdue, Il faut en cela admirer les progrès de la civilisation, qui va attaquant par-
tout les difformités que les préjugés et l’ignorance avaient créées au détriment de l'espèce humaine; elle a purgé l'Afrique des pirates qui infestaient les mers d'Europe, et défendu à l'Europe de venir de nouveau dépeupler les côtes de l'Afrique; elle combat en Amérique pour les droits d’un continent tout entier; elle ouvre l'Inde à tous les bienfaits d’un commerce réglé sur les intérêts naturels de tous ceux qui y prendront part. Ce changement dans le régime commercial de l’Fnde aura à la fois les plus graves conséquences pour l'Angleterre, pour l'Europe et pour l'Inde. La richesse augmentera par les relations qui se multiplieront entre les Européens et les Indiens. Ceux-ci, en prenant leur part daus les institutions sociales, dont ils avaient été exclus, entreront pour la première fois dans l’ordre civil et politique: chez eux la sûreté, la propriété sont déjà assurées comme en Europe; le commerce leur procurera la richesse , les lumières; celles-ci K° porteront à d’autres idées que celles qui les ont régis jusqu'à ce jour, et leur séparation de toute domination étrangère en sera la suite né-
cessaire. Mais alors lés relations commerciales, qui auront été établies sur les bases véritables , seront devenues si avantageuses, qu’elles prendront naturellement la place d’une souveraineté devenue impossible à maintenir, par deux raisons : sa cherté d’abord, et puis son inutilité.
L'ouverture de l’Tnde au commerce particulier est pour l'Inde ce que serait pour l’'Amérique, de la part de l'Espagne, ouverture des ports du Mexique ét du Pérou, c’est-à-dire de Pindépéndance. Des deux côtés, elle est également dans la nature des dos
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