OBSERVATION LXIV
(LanNois et Jacop, in Annales des maladies de l'oreille.)
M'e Marg. P..., 17 ans. Elle a toujours mouché beaucoup depuis l’âge de 6 à 8 ans, mais elle ne sait qu'elle a de la rhinite atrophique avec ozène que depuis l'âge de 13 ans. À ce moment, elle eut une otite aiguë droite dont le début paraît avoir été brusque et douloureux; l'écoulement persistant encore trois mois après, on se décida à la montrer à un confrère qui vit l’ozène. Elle s’est d’ailleurs très mal soignée.
Elle vient nous voir en novembre 1908 en disant que l'oreille droite coule par intermittence, mais qu'elle ne coule plus que depuis cinq à six mois. En réalité, elle est pleine de pus concrété et de débris épidermiques, et on constate une assez large perforation à bords mal limités. Elle se présente surtout parce qu'elle devient sourde de l'oreille gauche, où on ne constate d'ailleurs que de l’épaississement et de la rétraction de la membrane. L’audition est très abaissée : oreille droite, 3 centimètres; oreille gauche, 6 centimètres, puis 12 centimètres après cathétérisme. Pas de Weber net.
Du côté du nez, rhinite atrophique typique et très étendue, croûtes épaisses, ozène accentué. On prescrit des lavages bicarbonatés, des pulvérisations d'huile de bouleau pour le nez, des instillations de protargol dans l'oreille. Un mois plus tard, elle revient, se disant très améliorée du côté du nez à cause des pulvérisations d'huile de bouleau; mais les instillations de protargol ont été douloureuses, et elle les a cessées; on les remplace par l'huile de bouleau à instiller dans l'oreille. l'audition remonte à gauche à 22 centimètres.
Un mois après, l'oreille droite était sèche, mais cette amélioration ne dura guère que deux mois, et depuis on assiste à des
alternatives d'amélioration ou de production dans l'oreille de croûtes et de lamelles adhérentes. C'est ainsi qu’à la date du 14 mars 1910, on note : l'oreille est pleine de pus concrété et de débris épidermiques, jaunes à l'entrée, blanc verdâtres dans la la profondeur, ayant l'odeur caractéristique de l'ozène. Le tympan présente un lambeau de membrane en avant et en bas, une ébauche de cicatrisation sur le promontoire qui s'avance à peu près à la moitié de la caisse, en arrière, une perforation humide, mal débarrassée des débris qui l'encombrent. Le manche du marteau est raccourci et adhérent au promontoire : en ‘haut et en arrière, sur le cadre tympanal, il y a une petite granulation framboisée que l'on cautérise à l'acide chromique.