CHAPITRE II
SYMPTOMATOLOGIE
De la lecture des observations qui précèdent on peut déduire que l'emphysème sous-cutané ilocalisé se présente de la façon suivante :
I s’agit d’un adulte atteint de tuberculose pulmonaire au stade de cavernes qui présente une toux pénible, quinteuse, et des douleurs thoraciques parfois très intenses (surtout marquées dans le cas de Sabrazès et Grellier), qui peuvent enserrer le thorax, s'irradier dans le dos et dans les bras, qui sont augmentées par la toux et ne s’accompagnent pas de point de côté.
A la suite de ces douleurs et dans la région thoracique où elles siègent, on voit se développer une bosselure dont le volume est essentiellement variable et peut aller de la grosseur d'une noisette (Obs. ID) à celle d’une orange. Dépendant dela situation de la caverne pulmonaire qui lui a donné naissance, on comprend facilement qu'elle puisse apparaître, soit à la paroi antérieure, soit à la paroi postérieure du thorax ; dans deux cas (Obs. L'et IT), la bosselure siège en arrière au-niveau de l'épaule droite, près du racchis et, dans les deux autres cas (Obs. IIT et IV), à la partie antérieure de l'hémithorax gauche. A sa surface, on ne voit aucune modification des téguments : ni rougeur, ni circulation veineuse collatérale. Elle peut être arrondie et conserver toujours la mème forme pendant les mouvements respiratoires (Obs. I), ou, au contraire, ce qui semble plus fréquent, être animée de mouvements d'expansion et de retrait (Obs. IT, II, IV), mouvements dont l'amplitude s’accentue toujours par la toux, |
AIDT
Au toucher, cette bosselure donne une sensation de mollesse; la palpation, souvent douloureuse, permet de sentir quelquefois la crépilation neigeuse (Obs. Il et IV), caractéristique de la présence de gaz dans la poche, et qui est constante dans l’emphysème sous-cutané généralisé. La compression de celte poche vers la cavité thoracique est douloureuse et ne donne lieu à aucun bruit notable dans le cas de tumeur purement gazeuse : mais, si la poche emphysémateuse contient du liquide, elle provoque des gargouillements parfois assez intenses pour être entendus à distance (Obs. I, Sabrazès et Grellier). Au niveau de cette poche, les vibralions vocales sont diminuées et, plus souvent, complètement abolies.
Si l’on percute cette bosselure, on trouve qu’elle donne un son tympanique et, en l’auscullant, on n'entend pas le murmure vésiculaire, mais parfois un souffle amphorique et un retentissement amphorique de la voix ; lorsque la poche contient du liquide (Obs. I et IT), on entend des gargouillements.
L'apparition de cette bosselure ne modifie guère les signes fonctionnels de l'affection préexistante; en général, il y a une recrudescence de la toux.
Tous ces signes permettent de reconnaître l'emphysème souscutané localisé dont le diagnostic est en général facile. En effet, une telle poche, munie de mouvements d'expansion ef de retrait, située au niveau: de la paroi thoracique, présentant une sonorité tympanique, un souffle amphorique, un retentissement amphorique de la voix, et apparaissant chez un tuberculeux à la période de cavernes, ne peut guère prêter à confusion. Mais, pour que le diagnostic soït complet, on doit chercher à établir la relation entre la poche emphysémateuse et la caverne qui lui a donnés naissance ‘et, pour cela, pratiquer la radiographie; si lorilice est très étroit, le pertuis sera impossible à dépister.